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| Par Hélène Graffeuille
En 2013, une enquête de l’association Santé environnement France révélait qu’un écolier sur trois ne savait pas identifier un poireau, une courgette, une figue ou encore un artichaut, 87 % d’entre eux ignoraient ce qu’est une betterave, un quart des enfants ne savaient pas non plus que les frites sont faites à partir de pommes de terre… Pas sûr que 13 ans plus tard les chiffres soient plus réjouissants !
C’est en partant de ce constat que Meryl Cohen a créé Coquillettes club dont l’objectif est de faire découvrir les aliments autrement que dans leur assiette aux enfants de 4 à 8 ans. Car en devenant maman de deux enfants, la Lilloise s’est rendu compte que« tous les jours nous mettons nos enfants devant des assiettes que nous leur demandons de manger, mais rarement nous prenons le temps d’expliquer ce qu’il y a dedans, d’où les aliments viennent… »
Elle a donc imaginé une nouvelle façon d’aborder l’alimentation, en s’éloignant des contraintes liées au repas, pour privilégier une approche plus ludique, à travers des jeux de société. Car pour la jeune maman de 35 ans, « l’alimentation est un vrai terrain de jeu ». C’est ainsi qu’est né, en 2024, Coquillettes club,« parce que les coquillettes, c’est un plat régressif, qu’on a tous en tête quand on est enfant et c’est plus attrayant que Brocoli club », sourit la fondatrice.
Pour créer ses jeux, Meryl Cohen s’est entourée de professionnels : une diététicienne, une orthophoniste et des concepteurs de jeux pour enfants. Et avec Coquillettes club, pas question de dicter aux enfants ce qu’ils doivent manger, ni de transformer le jeu en leçon de nutrition. Il s’agit surtout de comprendre ce que contiennent les aliments, d’en découvrir les propriétés et de varier les expériences. « Le but, c’est vraiment le jeu, la manipulation, la découverte. »
Une expérience qui peut d’ailleurs aider les enfants réticents face à certains aliments : manipuler une endive, sentir une épice ou observer la transformation de la crème permet de s’en approcher sans la pression d’un repas. « Les enfants ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas : si bébé, votre enfant se régalait avec de la purée de brocoli, il est tout à fait possible que quelques années plus tard, il fasse la grimace face à un brocoli. Il faut alors trouver une parade, lui laisser le temps d’apprivoiser ce qu’il ne connaît pas et cela peut passer par le jeu ! », estime la fondatrice.
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Concrètement, chaque coffret plonge un ou deux enfants dans une intrigue qui se déroule à Coquillettes city, une ville pleine de personnages hauts en couleur où Simon, Yara, Eileen, Léonie, Gaston et le chien Goulu entraînent les enfants dans de nouvelles missions autour des aliments. Les joueurs doivent résoudre un mystère en ouvrant cinq enveloppes dans le bon ordre, en suivant les indices découverts au fil de leurs missions. Observations, manipulations, expériences et dégustations rythment l’aventure, toujours avec l’accompagnement d’un adulte, « car l’objectif est aussi de passer un moment en famille et l’alimentation est quelque chose qui se partage », insiste la fondatrice.
Trois thèmes sont actuellement proposés. Le mystère des goûts propose d’explorer le sucré, le salé, l’acide, l’amer et même de l’umami (reconnu comme la cinquième saveur fondamentale, ce goût se retrouve notamment dans des aliments tels que le parmesan, les champignons ou encore la sauce soja, ndlr). « Ici, l’enfant va découvrir les différents goûts et comprendre comment fonctionnent les papilles gustatives », détaille Meryl Cohen.
Mission autour du monde fait découvrir les épices, leur origine et les aliments qui piquent. « Dans ce coffret, les joueurs vont, par exemple, créer leur propre mélange d’épices dont ils pourront se servir pour cuisiner. »
Avec Secousses en cuisine, les enfants s’intéressent aux matières grasses et peuvent notamment fabriquer leur propre beurre à partir de crème liquide et d’un bocal.
Chaque boîte nécessite certains ingrédients, « mais généralement, ils se trouvent dans nos placards », sourit la jeune maman. L’enquête se conclut toujours par un diplôme et un petit cadeau. Et une fois la partie terminée, le jeu se prolonge avec un magazine qui rassemble des informations, des expériences ou encore des recettes en lien avec le thème abordé.
Le concept a aussi été décliné pour les scolaires. « L’objectif ici est de pouvoir jouer en groupe », explique Meryl Cohen. Il a été testé l’année dernière avec 300 élèves d’une école pilote. À l’occasion de la Semaine du goût qui débute le 12 octobre, 950 élèves de maternelle et primaire auront l’occasion de découvrir les aventures de Coquillettes club.
La fondatrice a plein d’autres projets en tête. Dès 2027, Coquillettes club se déclinera sous forme d’abonnement mensuel : « Tous les mois nous proposerons une aventure d’une vingtaine de minutes pour découvrir un nouveau sujet. »
Meryl Cohen planche également sur d’autres thèmes pour proposer de nouveaux coffrets de jeux d’aventure : « L’alimentation est un terrain de jeu infini, on traitera de la saisonnalité, de l’agriculture, des métiers de l’alimentation, ou encore des différences entre ce que l’on mangeait à la Préhistoire, au Moyen Âge et aujourd’hui… » Les idées ne manquent pas pour alimenter les prochaines aventures de Coquillettes club !
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Hélène Graffeuille

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