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La biomasse agricole, une mine encore inexploitée

05-11-2020

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Terre à terre

La valorisation de la biomasse est un véritable enjeu pour le secteur agricole. Production d’énergie ou de matériaux biosourcés… les possibilités sont multiples en plus de l’alimentaire. La filière bioéconomie est, en tout cas, en train d’émerger dans les Hauts-de-France.

lin champ © DR
De la graine, à la fibre en passant par les anas, tout peut être valorisé dans le lin. © DR

Lancement d’un portail régional de la bioéconomie, rencontres de la biomasse, essais sur le terrain… La bioéconomie, en cette fin d’année 2020, est sur toutes les lèvres dans les Hauts-de-France mais aussi en Wallonie (Belgique). Il faut dire qu’elle est un des leviers de la transition écologique que les pays européens tentent de mener. Elle est aussi une source de revenu potentielle pour le monde agricole, et les acteurs locaux.

Substitution aux produits pétrosourcés 

« La bioéconomie, c’est-à-dire l’économie des bio-ressources (animaux, plantes, micro-organismes et dérivés de la biomasse dont les déchets organiques), contribue à atténuer les effets du changement climatique tout en assurant la sécurité alimentaire, énergétique et le bien-être des populations ». C’est ainsi que la conçoit l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) sur son site internet. 

La bioéconomie est ainsi le fait de « substituer des produits pétrosourcés par des produits biosourcés, dans un objectif de durabilité de nos sociétés tout en continuant à satisfaire les besoins de l’humanité », précisait Julie Wohlfahrt, chercheuse de l’Inrae lors d’un webinaire organisé par l’association Agro-Transfert mardi 6 octobre 2020. 

« 40 % du chiffre d’affaires annuel de la bioéconomie en Europe est assurée par le secteur alimentaire. Plus de la moitié de ce chiffre d’affaires est donc assurée par la valorisation non-alimentaire des biomasses »

Julie Wohlfahrt, chercheuse À l’Inrae

Les Hauts-de-France, leader européen de la bioéconomie ? 

Au cours de ce même webinaire, le conseil régional des Hauts-de-France réaffirmait son soutien à la filière, en la personne de Marie-Sophie Lesne, vice-présidente en charge de l’agriculture à la Région. « Nous croyons très fort en la bioéconomie », soulignait-elle, estimant que la région possède les atouts nécessaire au développement de cette filière. « La biomasse nécessaire, un climat favorable, un tissu agricole dynamique… tout cela est un terrain attractif pour les PME, les TPE mais aussi les grands groupes. »

La vice-présidente à la Région annonçait également le lancement d’un portail de la bioéconomie en région. « Il va permettre de recenser les ressources, les compétences, a-t-elle souligné. Je vous invite à le consulter ou à vous y recenser ».

bois biomasse forêt arbre © Freepik
Bois, paille, déchets verts, effluents d’élevage… avec la bioéconomie, tout est valorisé ! © Freepik

Et d’annoncer un autre projet en cours : « Un observatoire de la bioéconomie va bientôt voir le jour, ajoute Marie-Sophie Lesne, qui rappelle : On s’est fixé comme objectif d’être la région leader au niveau européen en matière de bioéconomie ». Le conseil régional avait adopté son Master plan de la bioéconomie dès septembre 2018.

Dans une interview, le président de la chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais Christian Durlain rappelle le rôle essentiel du secteur agricole dans l’essor de la bioéconomie sur le territoire des Hauts-de-France.

C’est à lire par ici : L’agriculture, fournisseur officiel de la bioéconomie

Terres et Territories - Christian Durlin
Christian Durlin, président de la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais ©DR

Améliorer la résilience des exploitations

Pour les agriculteurs, la bioéconomie représente une source de diversification qui peut permettre de dégager un revenu tout en contribuant au respect de l’environnement. Des projets qui peuvent aussi être intéressants pour les collectivités et les entreprises locales. 

« C’est un enjeu pour améliorer la résilience des exploitations agricoles, parce que la mobilisation de la biomasse incite les agriculteurs à diversifier leurs systèmes de culture et leur permet de diversifier leur source de revenu », souligne Thierry Dupeuble, directeur adjoint de la Draaf Hauts-de-France. 

Mais « assurer sur une même exploitation le compromis entre culture alimentaire et culture énergétique peut néanmoins se montrer rapidement compliqué ». C’est ce qu’ont montré des essais réalisés dans les Hauts-de-France par le pôle d’enseignement supérieur UniLaSalle Beauvais.

Les résultats de ces essais sont à retrouver ici : La polyculture-élevage en transition vers la bioéconomie

détail de la plateforme d’expérimentation de UniLaSalle Beauvais en 2020. A gauche, parcelle de blé, à droite, méteil : seigle, triticale, orge, vesce, pois dans le système innovant biomasse prioritaire. © UniLaSalle
Plateforme d’expérimentation de UniLaSalle Beauvais en 2020.

Pour accompagner les agriculteurs intéressés par ces sujets, et surmontés ces défis, Agro-Transfert, à travers sa démarche « Filabiom« , met à disposition de nombreux outils pratiques. Une façon de soutenir l’essor des filières de la bioéconomie en région.  

Des exemples sur le terrain

Des exemples concrets sont déjà en place sur le terrain. Fabrication de panneaux isolants en anas de lin ou en herbe, valorisation des déchets de haies, méthanisation, production de biocarburant… les possibilités sont multiples.

Dans Boulonnais (62), et au sein même du parc régional des caps et marais d’Opale, en passant par la Belgique, découvrez des projets liés à la bioéconomie : 

Découvrez l’entreprise belge Gramitherm qui fabrique des panneaux d’isolation avec de l’herbe locale : De l’herbe perdue, mais pas pour tout le monde

Gramitherm (belgique) panneaux isolation herbe biomasse bioéconomie © Gramitherm

Dans le Boulonnais, un groupe de cinq agriculteurs vient de créer une association pour valoriser ses haies en copeaux de bois pour le chauffage.

Retrouvez l’interview de Vincent Bertin : Les haies ont de l’énergie

Terres et territoires - Vincent Bertin, association boulonn'haies durables, boulonnais

Autre exemple, le parc naturel régional des caps et marais d’Opale s’est fixé pour objectif d’aider et d’inciter le plus grand nombre de personnes à utiliser des isolants biosourcés.

L’article est à retrouver ici : Faciliter l’accès aux isolants biosourcés

soirée info avesnois sur isolants biosourcés © PNRCMO

Laura Béheulière

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