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03-08-2023

Coup d’arrêt en attendant des jours meilleurs

Côté blé, très peu voire pas d’avancement de la récolte en raison des pluies. Pour ce qui est du colza, en revanche, on a pu un peu avancer mais les résultats restent décevants.

Côté colza, on a bien avancé mais les rendements sont nettement moins bons qu’en 2022. © L . T.

Au global, il reste environ 20 à 30 % des champs de blé à battre, principalement du côté du littoral du Nord-Pas de Calais. Soit quasiment la même chose que la semaine dernière. « On est un peu en stand-by depuis une dizaine de jours », admet Édouard Vermersch, responsable développement chez Ducroquet négoce. Même son de cloche chez Unéal : « On n’a pas avancé du tout. On a bien eu une fenêtre de tir mercredi mais minime. En termes de qualité ça ne bouge pas par conséquent : un poids spécifique de 78,5 kg/hl en moyenne, 11,3 % de taux de protéine et 14,5 % d’humidité », détaille Maxime Thuillier, directeur céréales de la coopérative. Pour ce qui est des blés restants, « on anticipe que ce sera de la qualité fourrage », indique Jean Deray, responsable du service céréales du Groupe Carré.

De fait, bon nombre de séchoirs ont dû être allumés : « On va faire notre métier de travail du grain et tout mettre en œuvre pour réduire au maximum les décotes qualité », explique Mathieu Beyaert, responsable des marchés chez Noriap.

Une chose est sûre, tout le monde attend le retour du beau temps. Pour le moment, le soleil ne devrait pointer le bout de son nez qu’aux alentours du 10 août… « Mais on devrait rester un peu au-dessus de la moyenne quinquennale en termes de rendements avec 92 quintaux (qtx)/ha », estime Maxime Thuillier. « On va passer cette semaine et on avisera », ajoute Édouard Vermersch.

Côté marché, « c’est aussi triste que la météo », plaisante, ironique, Maxime Thuillier. Et de poursuivre : « Le Maroc, qui jusqu’à présent accordait une prime de l’ordre de 10 à 20 € la tonne aux importateurs proches géographiquement, dont la France faisait partie, vient d’annoncer que la Russie pourra aussi en bénéficier, ce qui n’était pas le cas. Donc on a perdu de la compétitivité. »

« Toutes les industries sont en baisse de consommation (de 10 à 15 %) et pour le marché fourrage, on risque d’avoir une grosse pression du blé allemand car là-bas aussi il pleut… », détaille Jean Deray. Pour résumer, selon Mathieu Beyaert : « On revient à un niveau proche d’avant la fermeture du corridor ukrainien. Mais le marché reste très fluctuant et volatil. Pour le moment, le blé français est peu compétitif. »

Pour les colzas, il reste entre 20 et 50 % des surfaces à collecter. Si la qualité est correcte, les rendements sont décevants. « On est un peu en dessous des moyennes quinquennales car les grains sont mal remplis et la floraison n’a pas été optimale », avance Mathieu Beyaert. « C’est la déception de l’année », ajoute Jean Deray.

Enfin, côté orge de printemps, « le taux de protéine est un peu faible. On est dans la moyenne basse des contrats passés avec les malteries, c’est-à-dire autour de 9,5 % », explique Jean Deray. Mais « les rendements sont bons », conclut Maxime Thuillier. 

E. P.

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agriculteur Agriculture Céréales Hauts-de-France Nord Pas-de-Calais Produits laitiers

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