L’engagement, Bernard Gérard l’a découvert aux côtés de son père qui était au Mouvement républicain populaire (MRP) dont Maurice Schumann était le premier président, avant d’adhérer au gaullisme lorsque ce même Maurice Schumann rejoint le général de Gaulle à Londres en juin 1940. « Le gaullisme, c’est mon socle », assure-t-il.
C’est à la fac qu’il a poursuivi son engagement. « C’est parti d’un gag », sourit-il en évoquant cette tranche de vie. « J’étais étudiant en droit, et l’Unef (Union nationale des étudiants de France, ndlr) venait régulièrement présenter ses revendications en amphi. Avec des copains, cela nous énervait un peu alors on a décidé de créer notre syndicat étudiant. Nous étions en pleine crise du pétrole, on a donc baptisé notre syndicat Fioul pour Fédération universitaire des étudiants lillois qui émanait du Bidon, le Bureau international des œuvres nouvelles… Notre slogan : redonner de l’énergie aux étudiants. Bref, on a beaucoup ri… Et finalement on a été élu ! Il a donc fallu faire les choses sérieusement. »
Une période enrichissante qui lui a permis de faire de nombreuses rencontres « notamment celle de Serge Charles, qui était député-maire de Marcq-en-Barœul, qui nous a apporté son aide lors de grèves à l’université ». Une rencontre déterminante pour Bernard Gérard qui garde d’ailleurs encore aujourd’hui précieusement dans son bureau une photo de lui.
Après ses études, Bernard Gérard devient avocat spécialisé en droit de la construction et en droit du travail. Un métier qu’il va mener de front avec son engagement politique. Car en 1983, Serge Charles le rappelle et lui met « le pied à l’étrier » en lui proposant de rejoindre sa liste aux municipales. « Dans ma vie d’élu, le hasard a voulu que je sois là au moment où on cherchait quelqu’un. Je n’ai jamais joué des coudes pour écraser les autres », souligne-t-il.
Il devient alors conseiller municipal puis adjoint. En 1994, il endosse la fonction de 1er adjoint auprès de Jean-René Lecerf qui avait pris la succession de Serge Charles suite à son décès. Puis en 2001, Bernard Gérard devient, à son tour, maire de Marcq-en-Barœul. « Jean-René Lecerf était venu me voir pour me dire qu’il voulait se présenter aux élections sénatoriales et qu’il souhaitait que je lui succède. »
En 2007, même scénario : le député Patrick Delnatte décide de ne pas se représenter aux élections législatives, « il me dit : « est-ce que ça t’intéresse ? » » Le maire de Marcq-en-Barœul devient alors député. Une double écharpe que Bernard Gérard estime être un atout : « Le cumul des mandats, ça ne plaisait pas à tout le monde (en 2014, une loi a interdit l’exercice de fonctions exécutives locales par un député ou un sénateur, ndlr). Mais, selon moi, ce qui dérangeait c’était surtout le cumul des indemnités or elles étaient plafonnées… Avoir été député et maire m’a permis d’être plus proche du terrain et de relayer au niveau national les préoccupations des concitoyens. Toute ma vie d’élu national a notamment été nourrie d’enjeux locaux. »
Et ce qui anime Bernard Gérard, ce sont les rencontres « des gens importants mais aussi plus modestes. Toutes ont été très enrichissantes et m’ont beaucoup appris ».
Et s’il a aimé son passage au Palais Bourbon, Bernard Gérard l’assure : « Il n’y a rien de plus beau que d’être élu local. » Cependant, il le reconnaît, « aujourd’hui, être maire, est de plus en plus difficile. » Un constat qu’il ressent encore plus depuis qu’il a pris la présidence de l’Association des maires du Nord (AMN 59) en 2023.
Et d’énumérer les difficultés auxquelles les édiles font face. « Nos concitoyens sont parfois exigeants, et ils peuvent avoir des raisons de l’être, mais certains se montrent très injustes à l’égard des maires, voire agressifs verbalement et même physiquement. Cela existait avant mais pas autant. » Bernard Gérard a lui-même été la cible de ce genre de comportement. En 2024, les câbles du système d’assistance au freinage de sa voiture ont été sectionnés. « Il faut absolument lutter contre cela car nous avons la chance d’être en démocratie. Il faut se rappeler que c’est une chance formidable et tout le monde ne l’a pas. »
L’autre difficulté de la fonction de maire, pour le président de l’AMN 59, est la multiplication des règles : « Il y en a toujours eues et il faut qu’il y en ait, la démocratie doit être organisée. Mais il ne faut pas qu’elle devienne tatillonne, il ne faut pas que l’on soit envahi par un maquis de normes qui deviennent totalement illisibles », regrette-t-il.
Dernière problématique : les finances. « L’État se défausse trop facilement sur les collectivités territoriales pour faire ce qu’il n’a plus envie d’assumer. Par exemple, avant, pour changer de nom ou se pacser, il fallait aller au tribunal. Aujourd’hui, cela se fait en mairie. On nous transfère les compétences mais jamais les moyens… »
Aider ses semblables, c’est donc la mission qu’il a choisie en devenant le président de l’AMN 59 : « Ce sont des gens formidablement investis pour leur commune et notre rôle est de les accompagner, de les informer et de les former peu importe les affinités politiques car on a tous les mêmes préoccupations au quotidien. »
Si l’engagement politique est une passion pour Bernard Gérard, il ne sait pas encore s’il rempilera pour un cinquième mandat en 2026. « Je réfléchis encore, assure-t-il. J’en discute, notamment avec mon équipe. Je vais avoir 72 ans, je pense être encore en pleine forme… Mais transmettre est aussi un joli mot ! » L’édile a promis de donner sa réponse en septembre.
Hélène Graffeuille

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