Actualité
09-10-2026

Ces porteurs de projets engagés pour faire vivre la ruralité

100 dossiers reçus pour huit lauréats et une dotation financière de 40 000 euros. Mardi 6 octobre avait lieu la quatrième édition de la remise du Prix des dynamiques et solidarités rurales. Une initiative qui met à l’honneur les projets qui naissent dans les territoires ruraux.

5 minutes

Antoine Breuvart est le président de l’association L’Étable des possibles. © D. P.

Décidément, nos campagnes ont du talent et regorgent d’idées… « La ruralité est l’un des équilibres fondamentaux de notre société », clamait haut et fort Jean-Yves Cannesson, président du jury. On rembobine. Mardi 6 octobre, le Ceser organisait sa quatrième édition du Prix des dynamiques et solidarités rurales. Un événement qui a eu lieu dans l’hémicycle du conseil régional des Hauts-de-France.

Mais c’est quoi au juste le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) ? « Constitué de 170 conseillers, le Ceser Hauts-de-France rassemble des hommes et des femmes de terrain issus des mondes économique, social, environnemental, éducatif et associatif de la région », rappelle l’organisme. Et c’est à partir de ses travaux qu’il émet des avis sur les orientations structurantes pour la Région.

La fameuse remise de prix, elle, mettait à l’honneur des initiatives « dans les communes rurales de moins de 2 000 habitants ». Du commerce de proximité au jardin inclusif… huit projets ont été distingués sur une centaine de candidatures avec à la clé 40 000 euros à se partager. Zoom sur les quatre lauréats du Nord-Pas de Calais qui se sont vus remettre 5 000 euros chacun par le CerFrance, La Poste, le Crédit Agricole Nord de France et la fédération française de sport pour tous des Hauts-de-France, partenaires du prix.

L’Étable des possibles à Héricourt

L’Étable des possibles. Nom inspirant, n’est-ce pas ? C’est une association qui porte un tiers-lieu alimentaire à Héricourt (moins de 100 habitants) dans le Pas-de-Calais. Son histoire ? La structure associative est née en 2022 avec pour objectif de créer un pôle de transformation alimentaire dans une étable à rénover. « C’est un lieu qui a été mis à disposition par un propriétaire agriculteur, maire de la commune », raconte dans la vidéo de présentation Antoine Breuvart, le président de l’association.

« On a créé un fournil, on a une microbrasserie, on vend du pain, des fromages, de la bière, parfois des fraises, des œufs… », liste-t-il. Et l’ambition est loin de s’estomper. L’étable va bientôt se voir rejoindre par une fromagerie écologique pour transformer 150 000 à 450 000 litres de lait bio local. Dans la même veine, l’association basée dans le Ternois accueille Gaspard « qui va faire un food-truck ». L’initiative a beaucoup plu à CerFrance « dans un cadre de transformation économique rurale à taille humaine ».

Au panier sympa à Tincques

Julie Theret, maire de Tincques, où un ancien café a été transformé en supérette. © D. P.

C’est une idée de l’ancienne municipalité, comme l’explique Julie Theret, l’actuelle maire de Tincques, 800 habitants. Le projet : réhabiliter un ex-café fermé depuis 2017 pour en « faire un endroit convivial et regrouper un peu la population ». C’est comme cela qu’est née la supérette Au panier sympa. Objectif : permettre aux habitants de pouvoir faire leurs courses, de bénéficier d’un point retrait colis et d’espèces.

Lire aussi | Au Crémoir, le défi givré de Tom Bertrand autour de la glace minute

« À La Poste, nous avons une conviction, c’est que la mutualisation est la bonne réponse aux besoins des populations et plus particulièrement dans les territoires ruraux », saluait Franck Cislini, le délégué au développement régional pour La Poste et défenseur du projet. Une cliente venue d’un village voisin témoigne dans la vidéo : « Je viens ici parce qu’il n’y a rien de plus près, sinon il faut qu’on fasse au moins 10 à 12 kilomètres pour avoir un supermarché ». Et l’endroit semble rencontrer un certain succès, « sur la première semaine j’ai reçu quasiment 600 personnes », confie Jonathan Granata, gérant du commerce.

Choisis ta planète à Calonne-sur-la-Lys

Camille Deligne, chargée de développement pour Choisis ta planète qui œuvre auprès des écoles. © D. P.

Végétaliser les cours d’école de nos enfants : c’est l’une des missions que s’est donnée l’association Choisis ta planète depuis sa création il y a six ans. Un projet innovant qui pense à demain. « Nous avons été touchés par le panache de cette association : préparer l’avenir en collaborant avec la jeunesse, c’est donner les cartes en main aux acteurs de demain », affirme Alain Leclerc, président du Crédit Agricole Nord de France, partenaire du challenge.

Cette association d’éducation au développement durable et au vivre-ensemble, basée à Calonne-sur-la-Lys (62), encadre chaque année quelque 120 classes autour de quatre programmes pédagogiques : le climat, la nature-biodiversité, la solidarité et le sport durable. Au menu : des animations, des rencontres d’experts et des actions concrètes et mesurables au sein de leur établissement scolaire (diminution du gaspillage alimentaire des cantines, mise en place d’un potager…). L’idée centrale ? Faire des enfants les acteurs de la transition écologique et donner des ressources pédagogiques aux 87 % des enseignants qui déclarent ne pas être outillés pour éduquer les élèves au développement durable.

Les Jardins de Célestine à Saint-Jans-Cappel

Célestine Terrier est porteuse du projet Les Jardins de Célestine. © D. P.

Une ferme éducative où l’on cultive aussi l’avenir des minorités. C’est ce que propose Célestine Terrier, porteuse du projet les Jardins de Célestine, qui accueille les jeunes en situation de handicap et en rupture de parcours professionnel.

Son idée est née d’une volonté de voir les jeunes qu’elle encadrait s’insérer dans la société. Éducatrice spécialisée depuis 13 ans, Célestine s’exprime avec émotion en évoquant le jour où l’un d’eux est revenu dépité de n’avoir pas trouvé de stage : « Personne ne veut de moi car je suis handicapé », lui avait-il dit. C’est ainsi qu’est né, il y a deux ans, ce cocon situé à Saint-Jans-Cappel (59), où nature et animaux cohabitent dans un désir de préservation et d’expérimentation. Elle accompagne à ses côtés des jeunes en situation de handicap qui souhaitent travailler et se rendre utiles. Plusieurs animations y sont proposées, et le jardin est ouvert aux groupes encadrés, aux écoles et aux familles, qui peuvent venir le visiter et participer à la vie de la ferme. L’écopâturage et la relation humain / animal sont au centre de tout dans le but de rompre l’isolement des minorités. Un projet aujourd’hui récompensé par la fédération française de Sport pour tous des Hauts-de-France. 

Partager l'article

Dans la même rubrique

Actualité

Le Camion Nord Santé propose trois dépistages pour les cancers en octobre

Lire la suite...

Actualité

Dans le Nord-Pas de Calais, Septembre prolonge l’été, le soleil s’attarde et la pluie tarde

Lire la suite...

Actualité

SNCF : Collisions animales, comment les éviter ?

Lire la suite...

Actualité

À Lille, Coquillettes club transforme la découverte des aliments en jeu d’enquête

Lire la suite...

Actualité

Calais élue « plage préférée des Français »

Lire la suite...

Actualité

Un pacte de résilience inondation « symbolique » après la catastrophe de 2023

Lire la suite...

Vivre et travailler ensemble : la vie d’un couple à la ferme !

par Hélène Grafeuille

Ecoutez leur histoire !