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25-06-2026

Bio : le grand rebond après la crise ?

Malgré un rebond de presque 10 % des ventes bio en 2025, les agriculteurs des Hauts-de-France restent échaudés par quatre ans de crise. Entre retour des contrats et frilosité financière, la reprise se fait pas à pas sur le terrain.

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Vous l’avez peut-être remarqué en faisant vos courses, ou dans les médias : le marché du bio repart. Et ce n’est pas Simon Hallez – co-directeur de l’association Bio en Hauts-de-France – qui va dire le contraire.« La croissance dans les magasins spécialisés en 2025 est de 9 %, les volumes, eux aussi, progressent », observe le codirecteur de l’association qui accompagne la conversion vers le bio.

Et c’est une nouvelle qui fait du bien. La filière avait connu un coup d’arrêt en 2020 sur fond de crise covid puis d’inflation. Alors qu’elle connaissait un fort succès depuis 2015. Une période dont se souvient bien le codirecteur : « De 2015 à 2020 on a eu beaucoup de nouveaux producteurs et de surfaces converties tout en ayant une croissance de la consommation du bio à deux chiffres. »

Simon Hallez, codirecteur Bio en Hauts-de-France © D. R.

Ce que remarque le responsable, c’est que chaque boom succède à un scandale…« Dans les années 90 la vache folle, début 2010 les lasagnes à la viande de cheval, dernièrement la loi Duplomb, le label bio est un label refuge. » Désormais, l’association aspire à restaurer cette dynamique en faveur des produits bio.

Une nouvelle accueillie avec prudence

Le marché du bio va vite, à l’instar des changements d’habitudes de consommation. « On travaille à (re) convaincre les agris : ça prendra entre deux et trois ans », partage Simon Hallez.

En face, pour les producteurs, il est parfois difficile de suivre et de percevoir cette amélioration sur le compte bancaire de la ferme. Jean-Louis Proust du Gaec Faidherbe-Proust (180 hectares en polyculture-élevage) à Erchin (59), converti en 100 % bio depuis 2019, fait partie de ceux qui attendaient depuis longtemps cette embellie. « Ça va un peu mieux », confie l’agriculteur.

Une perspective encourageante qui fait du bien après plusieurs années où la production en conventionnel était bien plus intéressante financièrement. « En 2023-2024, la tonne de blé en bio était à 280 euros contre 380 euros pour le conventionnel », appuie l’exploitant qui peine à comprendre cet écart. Ce dernier cite l’exemple d’un voisin « jeune agriculteur bio en légumes de conserve » qui, avec la guerre en Ukraine, a dû se déconvertir pour raisons économiques.

Jean-Louis Proust est agriculteur dans le Douaisis. © D. P.

Une dynamique aussi ressentie par Martin Gosse de Gorre qui avait commencé à se convertir en bio. Un processus qu’il avait stoppé lorsque le secteur allait au plus mal, lors du début de la guerre en Ukraine. « On me propose de nouveau des contrats », témoigne prudemment l’agriculteur qui vient de se lancer dans la production de betteraves rouges. « Je ne sais pas si je suis tombé au bon moment ou s’ils sont en recherche de surfaces. » Un constat qui fait du bien après avoir« passé trois ans à toquer aux portes pour avoir des contrats ».

Lire aussi | Qui est Martin Gosse de Gorre, nouveau président de la coopérative linière Opalin ?

Les légumes de plein champ seraient les plus portés par ce redémarrage du point de vue de l’agriculteur. Un ressenti qui se retrouve dans les chiffres. Car selon l’Agence bio, « les fruits et légumes, déjà porteurs de croissance en 2024, continuent leur progression avec + 7,3 % en valeur, et 4,8 % pour les volumes. Leurs ventes connaissent une hausse dans tous les circuits de distribution. Les fruits connaissent une croissance particulièrement forte (+ 7,8 % contre 2,7 % en 2024). »

La quête de la compétitivité

Si le marché du bio tend à repartir, Martin Gosse de Gorre n’entend pas pour autant réduire sa surface en conventionnel. « Je me suis lancé en 2018 en convertissant de 13 en 13 hectares », témoigne l’exploitant d’Ostreville. « Puis j’ai arrêté il y a deux ans au moment de la grosse crise où on ne trouvait pas de contrat. » Sur ses 170 hectares, seuls 54 hectares sont passés au « bio ».

Du côté de l’association, Simon Hallez estime qu’« il y aura un enjeu dans les prochains mois à réussir à gagner ou conserver des consommateurs avec un retour possible de l’inflation ». Le responsable qui rappelle « que le prix des produits bio a fait + 14 % entre 2022 et 2024 contre + 21 % en conventionnel ».

En 2025, pour la première fois, le nombre de fermes engagées en agriculture biologique a reculé de 1,3 %. Un chiffre qui porte le nombre d’exploitations à 61 159. À noter que la filière bio perd cependant moins de fermes que l’agriculture dans son ensemble (- 3,6 %). Ainsi, 17,3 % des fermes françaises sont conduites en agriculture biologique en 2025, contre 16,8 % en 2024. 

Dylan Pique

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Agriculture Agriculture biologique économie Hauts-de-France

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