
La sécheresse depuis le printemps amplifiée par trois périodes de canicule affecte le développement des maïs et le potentiel de rendement. Des ensilages de maïs ont déjà pu être réalisés depuis le début du mois de juillet dans les situations les plus pénalisées.
Le constat est hétérogène selon les régions et les situations agronomiques (dates de semis, type de sol/capacité du réservoir utile). À ce jour, la période de floraison se termine dans les situations les plus tardives et le stade limite d’avortement des grains (SLAG) est atteint dans les situations les plus précoces.
Dans ces conditions, une visite de chaque parcelle est indispensable avant de prendre la décision d’ensiler.
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Comme chaque année, Arvalis propose une carte des dates prévisionnelles de début des récoltes du maïs fourrage (voir la carte). Mais il est recommandé de l’interpréter avec beaucoup de prudence compte tenu des conditions climatiques hors-norme rencontrées depuis les semis.
Dans le Nord-Pas de Calais, la date à laquelle le stade optimal de récolte, de 32 % de matière sèche plante entière, pourrait être atteinte entre le 6 et le 9 août sur la métropole lilloise, les jours qui suivent sur la Pévèle et le Cambésis, à la mi-août de l’Avesnois à l’Arrageois, en passant par les Flandres et le bassin minier avant d’être atteint sur la côte avant la fin août.
En situation de stress hydrique marqué, le taux de matière sèche du maïs peut évoluer très rapidement. Cette évolution est mal prise en compte par les modèles. Il revient à chaque éleveur de vérifier l’évolution de ses maïs en observant en cœur de parcelle : le gabarit des plantes, l’état du feuillage, la présence d’épis plus ou moins fécondés ainsi que l’avancement du grain.
Un diagnostic fiable sur le nombre de grains ne peut être réalisé que trois semaines après la floraison, dès que le SLAG est atteint. Au-delà de ce stade, les grains deviennent moins sensibles à l’avortement, mais un déficit en eau durant cette phase diminue le remplissage des grains, accélère le dessèchement des feuilles et des tiges et avance la maturité de la culture.
La valeur énergétique du maïs fourrage réside dans l’amidon. Mais lorsque les plantes ensilées ne contiennent pas de grains, la valeur alimentaire se cantonne intégralement dans la digestibilité de l’appareil végétatif (tiges + feuilles). Quelques prélèvements réalisés par Arvalis, lors d’années sèches, montrent que la valeur UFL de ce type de maïs ne décroche pas significativement en l’absence de grains lorsque la digestibilité des fibres reste bonne. Cette qualité énergétique est différemment obtenue en comparaison à des maïs ensilage plus traditionnels.
Anne-sophie Colart, Arvalis

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