Actualité
17-09-2026

Chasse : un loisir avec un avenir au féminin ?

Le verre à moitié vide ou à moitié plein ? À quelques heures de l’ouverture de la saison de chasse, décryptage d’un loisir qui se féminise de plus en plus avec un nombre d’adhésions qui a bondi de plus de 25 % en une décennie. Comment l’expliquer ? Faut-il s’attendre à la parité ?

4 minutes

Charlène Lebrun baigne dans l’univers de la chasse depuis son plus jeune âge. © Charlène Lebrun

« La femme, l’avenir de la chasse ? » C’est la question que se pose la Fédération nationale des chasseurs. Et il y aurait de quoi. « Elles sont désormais près de 40 000 en France », avance la même source. Longtemps synonyme de ruralité, de masculinité et toujours très décriée, la chasse gagne en popularité auprès des femmes. Le nombre d’adhésions a d’ailleurs bondi de plus de « 25 % en presque 10 ans ». À quelques jours de l’ouverture – qui interviendra le 20 septembre à partir de 9 h pour le Nord et le Pas-de-Calais – zoom sur une pratique qui ne cesse de gagner ses lettres de noblesse auprès de la gent féminine.

De plus en plus d’adhérent(e) s

« Une chose qui caractérise le Nord, c’est que son conseil d’administration est plus féminisé », souligne Gilles De Valicourt, presque un peu chauvin. Le chargé de communication de la fédération nordiste est à la première loge de cette arrivée des femmes dans le monde de la chasse. Arrivée certaine, mais qui reste très timide. « Dans les faits, elle est encore très limitée puisqu’on est à un petit peu plus de 2 % de chasseresses sur l’ensemble des pratiquants* », observe le communicant. Mais le ratio devrait évoluer. « On a parmi les candidats au permis de chasser, plus de chasseresses que dans la population des chasseurs actuels. » Une part qui serait de l’ordre de 10 %, « ce n’est pas un chiffre confirmé », tient à préciser Gilles de Valicourt.

Un constat qui réjouit Charlène Lebrun, la présidente de la commission formation et jeunes chasseurs pour la Fédération des chasseurs du Nord. Fille et petite-fille de chasseur, elle est la seule parmi son frère et sa sœur à s’être mise à la chasse. Titulaire du permis de chasser depuis ses 18 ans, la membre du conseil d’administration était l’unique chasseresse de son groupe. Pour autant, celle qui tient à défaire l’image sexiste qui pourrait coller à la chasse, l’affirme « j’ai tout de suite senti que ma place était là et qu’il fallait que je continue cette tradition ».

Être une femme est-il un plus ? « Ça apporte aussi un peu de douceur. » Aujourd’hui âgée de 32 ans, la chasseresse n’a pas non plus été complètement épargnée par des remarques parce que femme… et chasseresse.« Une fois un homme m’a dit que j’étais une meurtrière et que mon rôle était de m’occuper de mes enfants », raconte-t-elle.

La chasse à l’ère du temps et communication 2.0

S’il y en a bien un qui suit de près cette évolution, c’est Willy Schraen, le très médiatique président de la Fédération nationale des chasseurs, aussi président de la Fédération des chasseurs du Pas-de-Calais. « On voit qu’il y a une appétence pour la chasse qui est extrêmement féminine », résume l’élu. Ce dernier qui revient sur les diverses campagnes de communication notamment télévisées « où les femmes étaient mises très en avant » (lire aussi notre édition du 10 avril).

Au-delà des femmes, ce que constatent les interlocuteurs, c’est le changement de profil des candidats au permis de chasser. « On a de plus en plus de profils urbains qui se mettent à la chasse », estime Gilles de Valicourt qui poursuit : « Avant c’était surtout une affaire de transmission de père en fils. »

Lire aussi | Permis de chasser : Sur les pas des apprentis chasseurs

Un regard partagé par Charlène Lebrun. « Il y a beaucoup de jeunes qui n’ont aucun rapport avec le monde de la chasse et qui ont envie de se rapprocher de la nature, et de manger plus sain avec la viande que l’on prélève. »

Des pratiquants de plus en plus « urbains » mais aussi de plus en plus connectés à l’instar de la société. Puisque, en plus des canaux de communication habituels, les fédérations peuvent compter sur des prescripteurs comme les influenceuses « qui ont bien compris qu’il y avait un créneau à exploiter », confirme Gilles de Valicourt pour le Nord. À l’instar de Johannaclermont et ses 256 000 followers sur Instagram ou encore Instachasseresse, et près de 47 000 followers.

Un moyen (aussi) de requinquer les effectifs

« On a une baisse de chasseurs et je pense que c’est l’arrivée des femmes qui va d’abord arrêter cette baisse indéniablement, mathématiquement », anticipe Willy Schraen. Il poursuit : « Vous verrez, à l’échelle d’une génération ou d’une génération et demie, les femmes seront très présentes ». Le représentant national et du Pas-de-Calais milite pour plus de femmes dans les instances représentatives. Une équation pas toujours évidente, « il y a de ce côté-là, la famille, qui rend le bénévolat un peu plus compliqué pour les femmes ».

Néanmoins, il y a une chose aussi que le « patron des chasseurs », appelle de ses vœux : « Ce serait formidable dans quelques années si une femme dirigeait la chasse française. » 

Dylan Pique 

Partager l'article

chasse femmes Nord Pas-de-Calais

Dans la même rubrique

Actualité

À Vaucelles, le miel de Patrice Marion devient le premier miel labellisé Saveurs en’Or

Lire la suite...

Actualité

Forêt de Mormal : à l’écoute du brame du cerf

Lire la suite...

Actualité

Vincent Gavériaux, un naturaliste nordiste à la rencontre du loup

Lire la suite...

Actualité

Foire d’Hazebrouck, 80 ans au cœur du monde agricole flamand

Lire la suite...

Actualité

Labour : Guillaume Decréquy représentera la région lors du championnat de France

Lire la suite...

Actualité

Hauts-de-France : un taux de mortalité plus élevé et des décès en hausse pendant les canicules

Lire la suite...

Vivre et travailler ensemble : la vie d’un couple à la ferme !

par Hélène Grafeuille

Ecoutez leur histoire !