Près de 50 exposants avaient répondu présents pour la quatrième édition du salon de l’installation, coorganisée par les Jeunes agriculteurs et la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais le 27 novembre à Artois Expo. Des coopératives comme Unéal ou Sodiaal, etc., mais également des banquiers (Crédit Agricole et Crédit Mutuel), des groupes mutualistes, des experts-comptables, la Safer, et des écoles comme l’institut de Genech.
Des visiteurs très concernés, agriculteurs en activité comme porteurs de projet, ont arpenté les allées toute la journée.
Dans les allées, on aperçoit des grappes d’élèves de lycées agricoles ou centres de formation. Souvent accompagnés d’un ou plusieurs enseignants. Comme Isidore Weledji, professeur d’économie et de management à la MFR de Rollancourt (62), qui enseigne à des BTS ACSE 1 et 2. « J’accompagne des élèves qui veulent s’installer. Je leur dis d’écouter d’abord, car c’est la meilleure façon d’apprendre. Et de sélectionner ensuite ceux qui les aideront à grandir ».
Parmi ses élèves, tous ne deviendront pas agriculteurs, il le sait. Mais ils auront toutes les cartes en main. De son côté, Vincent Buvril, référent partenaires et entreprises à l’institut de Genech, se charge de « faire le lien entre les entreprises et les jeunes, d’accompagner les jeunes pour trouver des contrats, ou inversement, d’aider des entreprises à trouver un jeune alternant ». Il a aussi conseillé quatre étudiants d’un autre établissement pour « une licence productions animales chez nous ». Car diriger une exploitation, ça s’apprend.
S’ils garantissent notre souveraineté alimentaire, les agriculteurs sont avant tout des chefs d’entreprise comme les autres. De leurs productions diverses et variées, ils doivent tirer un bénéfice. Et faire les bons choix, comme s’entourer ou travailler seuls. Selon leurs qualités. Être de bons gestionnaires fait aussi partie de leur bagage.
C’est pourquoi des banques tenaient un stand au salon. « Ils veulent savoir à quel moment on va les rencontrer dans leurs parcours et les offres proposées, résume Alexandre Pau, expert crédit au financement de l’agriculture, au Crédit Agricole. Ils veulent surtout savoir si on continuera à les suivre s’ils ont des difficultés et posent des questions sur l’avenir de l’agriculture à cinq ans. » Légitime.
La retraite, c’est loin, mais il faut y penser aussi. « Nous sommes là pour accompagner les jeunes agriculteurs, souffle Ivan Masclef, conseiller en gestion de patrimoine au groupe mutualiste Le Conservateur. Dès aujourd’hui, ils doivent penser à épargner pour leur retraite. Nous avons également des ingénieurs patrimoniaux pour la partie technique ». Comme Germain Langlois. « Nous conseillons le jeune agriculteur sur le choix de la meilleure structure juridique, de son statut social, du meilleur régime fiscal, etc. Bref, sur la meilleure formule d’installation possible. »
Côté comptabilité, des cabinets proposaient leurs conseils. « Nous sommes un cabinet d’expertise comptable établi sur toute la région, rappelle Élodie Vambre, de Valoxy. Nous essayons de tenir les comptabilités en temps réel, tous les mois. Pour voir si tout va bien, et anticiper les cultures. Avec l’arrivée de la facturation électronique, on n’a plus trop le choix ! »
Aperçu sur le stand de la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais, Julien Lefebvre a quitté l’école depuis déjà deux ans. « Tout doucement, je commence à réfléchir à m’installer. Familialement ou non. Mais il n’y a encore rien de concret. Pas avant un ou deux ans minimum ». Il débute son périple et aimerait rencontrer « les organismes de production cultures et éventuellement élevage ». Pour, à la fin de sa réflexion, s’installer « en région lilloise », tout en restant souple, et ouvert à d’autres opportunités géographiques.
De son côté, Margaux Delmotte, actuellement technico-commerciale productions animales chez Unéal, s’affirme prête à franchir le pas. « Je suis à la recherche d’une ferme comme porteur de projet dans l’élevage, dans le secteur Artois-Cambrésis de préférence. J’ai 30 ans et je me suis dit que c’était le moment ! » Et seule. Même si elle accepte une association. « Je suis entrée dans les démarches du PAIT avec Amandine. La prochaine étape, c’est de trouver le foncier. Je viens avec mon apport financier personnel. Mes parents ne sont pas dans l’agriculture, donc c’est vraiment hors cadre familial », appuie la jeune femme.
« J’accompagne les agriculteurs qui réfléchissent à leur cessation d’activité, soit pour un départ à la retraite, soit pour un départ en cours de carrière, précise Amandine Lestocquoy du PAIT, le point accueil installation transmission de la chambre d’agriculture. Je les vois parfois entre trois et dix ans avant le départ ». Former, clarifier le projet, aider dans le dialogue en famille, trouver un repreneur, prévenir ses partenaires de sa décision, etc. autant d’étapes que le PAIT peut accompagner.
Tout doit s’anticiper de manière volontariste, d’abord auprès de la MSA pour l’étude de ses droits à la retraite. La décision de transmettre, se concrétise en général à J-18 mois, selon le décompte du PAIT. Puis, un an avant la transmission proprement dite, on entre dans la phase concrète avec les propriétaires à prévenir, le choix des repreneurs, la formalisation de la transmission puis les formalités comptables du dernier exercice.
Tout à côté, une famille au complet, incluant le salarié de la ferme, n’en est pas encore là. Mais à plus de 50 ans, Joël pense à l’avenir de l’exploitation. « Mon garçon vient de finir l’école, et ça commence à cogiter un peu dans la tête ! Le projet c’est de s’associer ensemble avec le développement d’une activité nouvelle : une prestation de services agricoles, pour proposer de la main-d’œuvre à d’autres exploitations. Avec matériel ou sans ». Un secteur en pleine croissance en 2025. À suivre.

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par Justine Demade Pellorce
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