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08-02-2024

Alimentation : Des chips de lentilles Made in Hauts-de-France

Pierre-Louis Lambert et Charles Delbaere, 30 ans, ont lancé il y a trois ans la marque Ferm Fabrik. Avec leurs chips de blé et de lentilles, trois fois moins grasses que des chips classiques, le succès est au rendez-vous. Cette année, ils lancent Les Poppés en grande distribution.

Pierre-Louis Lambert et Charles Delbaere, les cofondateurs de la marque Les Poppés.
Pierre-Louis Lambert et Charles Delbaere, les cofondateurs des marques Ferm Fabrik et Les Poppés. © Ferm Fabrik

Pierre-Louis Lambert et Charles Delbaere, deux copains, âgés de 30 ans et ingénieurs agricoles de formation, ont lancé la marque Ferm Fabrik en 2021. Depuis, en à peine trois ans, ce sont 250 000 paquets de chips de blé et de lentilles qui ont été vendus et une nouvelle marque à destination de la grande distribution, Les Poppés, qui a été lancée.

« Faire du local, du bon et du sain, ce n’est pas facile. Avec ces chips on a les trois », décrit Théo, chargé de communication de Ferm Fabrik. Certes, c’est un bon communicant. Mais dans les faits, il est vrai que les chips de blé et de lentilles de Ferm Fabrik et Les Poppés ont l’ambition de combiner ces trois aspects.

La découverte du « poppage »

Après avoir passé quatre ans dans une société de conseil, le duo aspire à du « concret. On avait aussi envie de revenir sur notre territoire et surtout de construire un projet ancré localement », raconte Charles Delbaere.

Au commencement, c’est surtout Pierre-Louis qui teste des choses dans sa ferme, entre Cambrai et Saint-Quentin (Aisne), où il produit des céréales. « Mais vu qu’on est copain, je me retrouve vite impliqué dans le projet. Finalement, c’est en faisant de la veille concurrentiel et en entendant parler du « poppage » que l’idée arrive. »

Concrètement, le poppage est une technique anglo-saxonne qui consiste à écraser et chauffer de manière simultanée des grains d’une céréale ou d’une légumineuse. « Les grains vont « popper », à la manière du pop-corn, et on obtient quelque chose de très croustillant et léger, comme une chips, sans l’avoir frite. » Reste à pulvériser un peu d’huile de tournesol pour éviter que la chips ne soit trop sèche, et à ajouter les épices et arômes. On obtient alors une chips trois fois moins grasse qu’une chips classique.

Du blé aux lentilles

« L’idée de base étant de diversifier l’activité agricole, on décide de se lancer avec le blé de Pierre-Louis. On achète une « poppeuse » et pendant un an, on a assaisonné et mis en sachet manuellement. On a vendu comme ça plus de 80 000 paquets de chips sous la marque Ferm Fabrik l’année du lancement. »

Leur produit est alors destiné aux magasins de producteurs et aux épiceries fines. En septembre 2022, ils sont incubés à Euralimentaire et en 2023, ils ont l’opportunité d’installer un véritable atelier, à plus grande échelle, sur une ancienne usine Nestlé, à Itancourt, dans l’Aisne. « On a alors acheté de nouvelles machines, pour automatiser un peu plus la production », explique Charles Delbaere.

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Mais pour amortir ces investissements, les deux jeunes hommes se disent qu’intégrer un nouveau produit pourrait être une bonne idée. « On décide tout de suite de se lancer dans les légumineuses pour deux raisons : leur aspect santé et le fait que c’est sans gluten. » Après de multiples tests, c’est finalement la lentille qui est retenue car « c’est ce qui était le meilleur et, dans la région, sa culture s’est beaucoup développée. C’est une culture résiliente avec beaucoup d’atouts. On a décidé de nouer un partenariat exclusif avec Hilaire Ferté, à Soissons, et on a lancé la production. »

Objectif : les supermarchés

Depuis, 250 000 paquets de chips de blé et de lentilles Ferm Fabrik ont été vendus dans près de 450 points de vente. Face au succès, le duo se demande si finalement, la grande distribution ne pourrait pas aussi être une option. « Ce n’était pas un objectif en soi mais on s’est dit qu’on voulait proposer ce produit au plus de monde possible car on est bien conscient que tout le monde ne fait pas ses courses dans les épiceries fines et les magasins de producteurs. »

Après une étude de la concurrence, la marque Les Poppés est créée. Elle ne propose que des chips de lentilles, avec des goûts « déjà un peu connus, mais aussi des plus inédits sur le marché ». Après plusieurs mois de tests dans des supermarchés de différentes enseignes, Les Poppés sont référencées depuis décembre 2023 dans toutes les enseignes de la grande distribution « et vendue dans une cinquantaine de magasins ». Les deux marques sont également vendues en ligne.

Ferm Fabrik et Les Poppés en 4 dates

2016. Pierre-Louis Lambert et Charles Delbaere sortent diplômés d’UniLaSalle Beauvais.

2016 – 2020. Ils travaillent tous les deux à Paris en tant que commerciaux dans une société de conseil.

2021. Naissance du projet et développement de la technologie du poppage.

2024. Accélération industrielle et commerciale pour accompagner le lancement de la marque Les Poppés.

Des saveurs nouvelles tous les 6 mois

Aujourd’hui, côté Ferm Fabrik, on compte trois saveurs pour les chips de blé (sel fumé des 2 caps, betterave rouge et tomate fraîche), « on voulait mettre en avant des produits de la région », et trois saveurs pour les chips de lentilles (oignons caramélisés et vinaigre balsamique, pesto, poivre et sel). Pour les Poppés, quatre saveurs (ketchup, sel et vinaigre, curry, pesto) sont déjà disponibles et le duo a l’ambition « d’en proposer des nouvelles tous les quatre à six mois, pour les deux marques ». « Nous utilisons des épices en poudre, sans arômes artificiels. Pour le graphisme des Poppés, c’est l’entreprise Register, à Lille, qui nous a accompagnés. Nous avons des ambitions nationales pour Les Poppés et, le fait que l’origine des Hauts-de-France soit bien indiquée sur les paquets est une force car la région est une belle vitrine, un gage de qualité pour beaucoup de consommateurs. Nous faisons aussi partie de la marque collective Terroir des Hauts-de-France. »

Pour cela, le duo a bouclé une levée de fonds de 800 000 euros et aujourd’hui, en les comptant, sept personnes composent l’entreprise. « On aimerait passer à 10 -12 personnes d’ici la fin de l’année, nous étions encore trois il y a six mois ! « 

L’entreprise mise donc sur le local mais aussi sur l’aspect santé « très contrôlé ! Car on ne peut pas écrire n’importe quoi sur nos paquets. On est 20 % moins caloriques que des chips classiques et on apporte 15 % de protéines en plus, pour les chips de lentilles. »

Objectif pour 2024 : produire 750 000 paquets.

Eglantine Puel

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Agroalimentaire Aisne Hauts-de-France Innovation agricole Nord

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