
Les 150 chaises prévues dans la salle n’auront pas suffi. Pour la seconde des quatre réunions de concertation publique sur les futurs ports du canal Seine Nord, mercredi 3 novembre à Marquion, il a fallu en rajouter 50. Péronne (80), Nesle (80), Noyon (60) et Cambrai-Marquion (59) : les quatre futurs ports du canal (qui compteront notamment trois quais céréaliers), actuellement en phase de concertation publique, sont au cœur de l’attention. Celui de Cambrai-Marquion l’était ce soir-là, tout particulièrement.
La soirée d’information débute avec un rappel du but de l’ouvrage public du canal : développer le transport fluvial, plus écologique, et améliorer la compétitivité des entreprises de la région. « Là où avec le canal du Nord on est limité à 600 t de marchandises par convoi, le canal Seine Nord permettra d’en transporter 4 500 », annonce Nathalie Gal, chargée de mission à la Mission Canal Seine Nord Europe. Actuellement toujours en phase d’étude pour encore au moins trois ans, le calendrier du canal prévoit une mise en service des terminaux portuaires à horizon 2028-2029.
Marquion et Cambrai composent le secteur n° 4 du plan de travaux, dont le chantier ne devrait pas commencer avant 2024. À titre de comparaison, les travaux du secteur n°1 devraient débuter en 2022. Le port de Cambrai Marquion sera le plus vaste du canal, le seul avec Nesle à disposer d’une ramification ferroviaire.
« À Marquion, une concertation spécifique a permis de prendre en compte les avis de la profession agricole, situe Nathalie Gal, soulignant que les études de conception, menées en avril dernier, ont été réalisées avec la chambre d’Agriculture. Le scénario choisi avait la préférence de la chambre et des organisations syndicales. Nous avions pris l’engagement de ne pas dépasser les surfaces prévues dans la déclaration d’utilité publique : 365 ha étaient fléchés, nous en sommes aujourd’hui à 330. »
Conséquence directe de ces concertations : le port de Cambrai-Marquion ne sera plus vraiment à Marquion. L’emprise foncière a été décalée, et se situe désormais sur la rive est du canal, sur les communes de Sauchy-Lestrée et Haynecourt (59). « Le résultat d’une concertation avec la profession agricole pour éviter un morcellement des terres », souligne Franck Dhersin, vice-président régional chargé des mobilités, des infrastructures de transports et des ports.
La profession agricole s’empare d’ailleurs du micro un peu plus tard dans la soirée pour évoquer une autre question épineuse : le tracé encore indéterminé de la jonction ferroviaire entre le futur port et les lignes existantes. Soit une emprise de 10 ha supplémentaires. « Cela fait quinze ans que la profession tire la sonnette d’alarme en disant que le barreau ferroviaire de Cambrai doit se faire en même temps que le reste, lance Laurent Bauduin, agriculteur à Doignies (59). Ça n’a pas été le cas, et je vous entends dire que vous avez encore trois ans d’étude à faire…? »
« J’ai eu trois réunions avec la profession agricole, objecte Franck Dhersin, et je peux vous dire que le plan a changé pour satisfaire la profession, parfois contre l’avis des élus locaux ! »
« Je l’entends, répond l’intéressé, même si je ne vais pas vous remercier car un hectare de perdu reste un hectare de perdu. Par contre, au niveau du barreau ferroviaire, je vous demanderai de mouliner plus vite. On ne peut pas accepter d’entendre dire que ça va encore traîner pendant encore trois ans. On ne va quand même pas voir la plaine coupée en deux une seconde fois ! On a déjà eu une coupure de parcellaire, on ne va pas en revivre une deuxième. Certes vous nous avez concertés, mais ce n’est pas fini. »
« J’ai entendu votre message monsieur, nous allons essayer d’accélérer », en conclut Franck Dhersin.
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