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26-06-2020

Les affriolants maillots de Coco Frio made in « Hauts-de-France »

Dans l’Avesnois, Gwendoline Dessi conçoit des maillots de bain écoresponsables. Elle sort pour l’été 2020 sa troisième collection sous la griffe Coco Frio.

C’est l’histoire d’une jeune créatrice avesnoise éprise de farniente, de dolce vita et de plongeons dans l’eau. Son idée : des maillots de bain chatoyants et écoresponsables, fabriqués avec des débris retrouvés dans les océans. Depuis trois saisons, entre Paris et son siège social à Gommegnies (59), dans l’Avesnois, d’où elle gère les envois des commandes, Gwendoline Dessi a trouvé le bon tempo pour faire vivre sa marque, Coco Frio.

De Valenciennes à Porto

C’est après un bac littéraire au lycée Wallon de Valenciennes en 2009, que la jeune femme, éprise de mode, intègre l’école d’arts appliqués Duperré à Paris pour un BTS puis une licence design de mode. À la fin de son cursus, en 2013, elle fait un stage chez le styliste Roberto Cavalli… où elle restera trois ans, jusqu’en juin 2016. Elle quitte alors la maison de couture pour lancer sa marque en 2017, Coco Frio. Le nom est tiré d’un voyage au Mexique qu’elle fait en 2013. « La « coco frio » c’est la noix de coco fraîche qu’on boit à la paille au bord de la plage… », explique-t-elle, rêveuse.

Grande collectionneuse de maillots de bain, c’est pendant l’été 2016 que Gwendoline Dessi a le déclic. Elle s’aperçoit alors que le secteur compte peu de petits designers en dehors des « grosses boutiques »« Je n’y connaissais pas grand-chose, à part mes maillots personnels. En recherchant des matières, je suis tombée sur l’Econyl®, dont la fabrication est 80 % moins polluante que celle du nylon traditionnel, produit par le pétrole. Des marques écoresponsables commençaient à émerger… Choisir le maillot de bain, c’était une façon de me différencier. »

« Au Mexique, la coco frio c’est la noix de coco fraîche qu’on boit à la paille au bord de la plage… » 

GwendolineDessi,
fondatrice de Coco Frio

Pour la fabrication, elle se tourne d’abord vers l’Italie, pays réputé pour ses maillots. Puis s’oriente vers le Portugal en 2020 pour des raisons de délais. « Mes grands-parents sont d’origine italienne. Depuis toute petite je passe mes étés là-bas. Ça a été facile de trouver des contacts. Quant au Portugal, mon interlocutrice là-bas a vécu à Roubaix ! » Pourquoi pas la France ? « Mes produits auraient coûté le double, soit environ 300 € la parure. Quand on sort de nulle part, c’est dur de toucher la clientèle qui peut se payer ces maillots », avoue la créatrice.

Body positive

Vendue presque exclusivement sur internet, Coco Frio compte néanmoins deux points de vente : au Printemps de Lille et dans un spa suisse. Les créations sont également vendues dans des boutiques éphémères.

Positionnement rare dans la mode, Gwendoline présente de « vraies femmes » pour mettre en avant les maillots sur son site. « Dans la haute couture, j’ai vu l’envers du décor des défilés : de très jeunes filles, beaucoup trop minces… On commence à voir des shootings photo « body positive » , mais c’est encore hypertimide. En 2017, j’ai engagé un mannequin professionnel. En parallèle, j’ai fait poser mes copines qui avaient toutes des morphologies très différentes, ce que mes clientes ont apprécié. Cette année j’ai rajouté les tailles 34, 46 et 48 à mon catalogue. J‘ai aussi cherché trois mannequins aux morphologies et aux couleurs de peaux différentes, afin que toutes mes clientes puissent s’identifier à elles. J’ai eu des retours très positifs. On m’a souvent dit : « Ça fait du bien de voir les vraies femmes. » Nous avons volontairement évité de lisser le grain de peau, et d’effacer les vergetures ou les cicatrices… Et les filles sont radieuses sur les photos ! »

Lucie De Gusseme

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