Actualité
06-12-2023

La Porte du Hainaut lance son plan climat air énergie

La communauté d’agglomérations de la Porte du Hainaut a présenté son premier plan climat-air-énergie territorial. Transversal et partenarial, il a pour principales ambitions la décarbonation et la préservation des ressources.

Le 30 novembre 2023, la communauté d’agglomérations de la Porte du Hainaut a présenté son plan climat-air-énergie. © Florence Delférière

Le 30 novembre, alors que débutait la très controversée COP 28 à Dubaï (lire aussi l’encadré), la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut (CAPH) a tenu, à 5 000 kilomètres de là, sa « COP territoriale et alternative », selon la formule de son président, Aymeric Robin. Dénonçant le « frein » que constitue « la culture du compromis » de l’Occident, en négociations avec les magnats du pétrole émirati, Aymeric Robin l’assure : aux territoires de trouver des solutions. C’est donc avec « beaucoup d’humilité » mais tout autant d’ambitions que la Porte du Hainaut a présenté son plan climat-air-énergie territorial (PCAET), préalablement adopté par les élus communautaires le 3 juillet dernier.

Si un plan similaire avait été expérimenté par le Parc naturel régional Scarpe-Escaut, ce PCAET est le premier à disposer d’un cadre réglementaire. L’objectif est d’impulser « la dynamique d’atteinte des objectifs environnementaux nationaux et internationaux », soit la neutralité carbone à l’horizon 2050, présente Céline Imbert, directrice éco-responsabilité et gestion des ressources naturelles auprès de la CAPH. Concrètement, pour la Porte du Hainaut, marquée par l’industrie et le transport routier, qui représentent chacun un tiers de la consommation énergétique du territoire, cela passe par la réduction de 80 % de ses émissions de CO2 (aujourd’hui 825 000 tonnes annuelles, soit 12,5 tonnes par habitant), de 50,5 % de sa consommation énergétique et par l’augmentation de la part d’énergie renouvelable, de 5,4 % actuellement à 16 % d’ici 2050.

« On part de zéro »

Afin d’atteindre le « triptyque gagnant » : sobriété, efficacité et production d’énergies renouvelables, 24 programmes d’action et 212 actions ont été définis sur six axes prioritaires : l’énergie, la qualité de l’air, la biodiversité, l’alimentation, la mobilité et la gouvernance. La mise en œuvre du PCAET sera coordonnée par la CAPH et conduite par les 47 communes qui la composent ainsi qu’une multitude de partenaires.

« On part quasiment de zéro », explique Jean-Paul Mottier, chef de projet transition écologique à la CAPH. Une poignée d’éoliennes, quatre méthanisateurs, très peu de solaire : sur les 5,4 % d’énergies renouvelables du territoire, « pas d’illusion » : « il s’agit principalement du chauffage au bois », dit-il. La Porte du Hainaut possède toutefois « la capacité » et « les gisements » pour se lancer, assure Jean-Paul Mottier, avec notamment un fort potentiel de séquestration de gaz à effet de serre, lié à la forêt et aux sols agricoles.

Idem, en ce qui concerne la mobilité : la marge de manœuvre apparaît immense. D’après les derniers chiffres de l’Insee, publiés en 2020, le taux de recours à la voiture individuelle dépasse les 80 % sur bien des communes. L’offre de transport en commun est amenée à se développer, avec, entre autres, une offre à la demande allant des communes jusqu’aux zones d’activité. La « culture vélo » devrait également être encouragée, par l’aménagement de pistes cyclables et d’abris sécurisés, pour lesquels a été débloquée une enveloppe annuelle de 300 000 euros, ainsi qu’une prime à l’achat d’un vélo électrique, qui a mobilisé 200 000 euros en 2022.

Une transition alimentaire

La CAPH s’engage également dans une « transition alimentaire », notamment par le biais de son projet d’alimentation territorial. Le territoire souhaite s’aligner sur les objectifs de la loi Egalim qui veut que les repas servis en restauration collective dans les établissements publics comptent 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de produits biologiques. Sur la Porte du Hainaut, d’après les télédéclarations de 50 établissements en 2022, ces chiffres atteignaient 5 % pour le bio et 11 % pour les produits durables et de qualité. « La restauration collective est un levier pour développer l’agriculture biologique » rappelle Clémence Ricart d’A Pro Bio.

Dans un premier temps, le plan climat-air-énergie sera effectif six ans, avec une évaluation à mi-parcours. Mais la véritable ambition est à « au moins 20 ans » pour que soit construit un territoire décarboné, qui préserve les ressources naturelles et où, surtout, il fait bon vivre.

Marion Lecas

Partager l'article

Changement climatique Hauts-de-France Nord Territoires ruraux

Dans la même rubrique

Actualité

Adapter le fourrage aux aléas climatiques avec le méteil

Lire la suite...

Actualité

Réindustrialisation : la surveillance des sites industriels monte en puissance

Lire la suite...

Actualité

Cinq conseils pour profiter de sa balade en forêt

Lire la suite...

Actualité

Coupe de bois sportive : Terres en fête comme entraînement

Lire la suite...

Actualité

Terres en fête, un salon pour soutenir l’agriculture locale

Lire la suite...

Actualité

Au rucher neuvillois, le miel rime avec sensibilisation

Lire la suite...

Vivre et travailler ensemble : la vie d’un couple à la ferme !

par Hélène Grafeuille

Ecoutez leur histoire !