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09-07-2026

L’ONF sécurise la forêt de Mormal pas à pas

Suite à l’orage du 27 juin, les premières images aériennes révèlent des dégâts diffus dans la forêt de Mormal. L’ONF continue son chantier de sécurisation et de remise en état.

5 minutes

Vidéo drône – © Forêt de Mormal

 Plus d’une semaine après les violents orages du 27 juin, la forêt de Mormal commence timidement à rouvrir. Le 8 juillet, l’ONF annonce que les automobilistes pourront de nouveau emprunter les routes qui desservent les auberges du Croisil et du Coucou à partir de l’après-midi du jeudi 9 juillet. Une première étape très attendue par les professionnels restés fermés depuis l’orage, mais qui ne doit pas faire oublier que le massif reste largement inaccessible et que les risques demeurent bien réels.

Depuis l’orage, les équipes de l’Office national des forêts (ONF) travaillent au diagnostic et à la sécurisation des lieux. « L’objectif qu’on se donne, c’est de pouvoir rouvrir les axes qui amènent aux auberges emblématiques du massif de Mormal dans les meilleurs délais », expliquait Matthieu Lecoanet, responsable de l’unité territoriale de l’ONF, lors d’un point presse organisé le 2 juillet. « La priorité est mise pour relancer l’activité économique de la zone. »

La réouverture ne concerne toutefois que les accès aux établissements. « On procède depuis les axes majeurs vers les secondaires », prévient le responsable. Les autres routes forestières resteront fermées, tout comme les sentiers. « La vraie difficulté, c’est l’ensemble du réseau de sentiers », soulignait déjà le responsable de l’ONF. « Pour dire que j’ouvre les sentiers, il faut que je sois passé partout pour dire qu’il n’y a plus de branche en suspension. C’est une tâche non négligeable sur 9 000 hectares de forêt. »

L’ONF insiste donc sur la nécessité de respecter les interdictions. Les routes encore fermées n’ont pas toutes été contrôlées et présentent toujours des dangers importants. Des arbres fragilisés peuvent encore basculer, tandis que des branches restent suspendues dans les houppiers. « Le danger reste prégnant », martèle Matthieu Lecoanet.

30 minutes de chaos

« Tout s’est produit en l’espace d’une demi-heure. Ça devait être le chaos », songe le responsable. Devant lui, la route est barrée par deux arbres arrachés du sol. Un autre, sectionné net, avoisine un énorme chablis qui expose ses racines à la vue de tous. On devine au-dessus des branches accrochées tant bien que mal à leur tronc qui oscillent avec le vent. Le premier bilan après l’orage était de plus d’une centaine d’arbres abattus sans pouvoir cependant accéder à l’ensemble du domaine. Pour mieux mesurer les dégâts, un drone a survolé la forêt le 7 juillet. Cet outil permet d’observer des parcelles encore difficiles d’accès pour les équipes au sol et d’affiner un diagnostic qui évolue au fil des interventions.

Lire aussi | La forêt de Mormal fermée au public après les violents orages

Les premières images ont apporté une surprise. Contrairement à ce que certains pouvaient imaginer, la tempête n’a pas laissé derrière elle un immense couloir de destruction. « Les dégâts sont beaucoup plus diffus. Les arbres sont tombés çà et là, souvent par petits groupes de deux ou trois individus, sur une grande partie du massif », annonce Élise Picquet, responsable communication de l’ONF dans les Hauts-de-France.

Cette configuration complique le travail des forestiers. Au lieu de concentrer les interventions sur une zone limitée, les équipes devront multiplier les chantiers dans de nombreuses parcelles. En revanche, ces dégâts dispersés gênent moins directement les grands axes de circulation et les secteurs d’accueil du public.

Les agents de l’ONF et les entreprises mandatées poursuivent donc le travail de sécurisation. Les arbres menaçant les routes sont abattus, tandis que les branches restées accrochées sont progressivement retirées. « Le bûcheronnage avait déjà commencé sur les routes forestières dès les premiers jours », précisait Matthieu Lecoanet.

Le diagnostic reste évolutif. « Il faut encore rentrer en forêt, sur les parcelles, expliquait-il. Le bilan peut encore évoluer mais pas au détriment des visiteurs ». Autrement dit, certaines parcelles n’ont pas encore pu être inspectées en détail, faute d’accès sécurisé. Le recours au drone est un complément précieux mais n’est pas aussi précis qu’un diagnostic depuis le terrain.

Rétablir l’équilibre de la forêt

Pour autant, l’effort ne s’arrête pas à la réouverture des accès. Une fois la forêt sécurisée, un second chantier, beaucoup plus discret mais tout aussi important, commencera. D’abord, les arbres renversés devront être exploités. « Il faudra valoriser les bois qui peuvent l’être. En grume quand c’est possible, broyé sinon. » Une partie restera au sol pour le bon fonctionnement de l’écosystème.

Au-delà des arbres couchés, c’est l’équilibre même de certains peuplements qui a été modifié. Les ouvertures créées dans la canopée exposent désormais des espèces forestières à une lumière directe à laquelle elles ne sont pas habituées. La destruction, même diffuse, fragilise aussi les peuplements voisins et nécessitera un suivi dans les mois à venir. « Le travail des équipes pour équilibrer les peuplements s’annonce complexe », témoigne Élise Picquet. Du côté des conséquences sur la faune, il faut attendre davantage de sécurisation des lieux pour les estimer.

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Pour les promeneurs, il faudra donc encore faire preuve de patience. Si les accès aux auberges constituent une première étape encourageante, la réouverture complète de la forêt est encore loin. « Je ne vais pas me prononcer », répondait Matthieu Lecoanet lorsqu’il était interrogé sur un retour à la normale. « Il n’y a aucune certitude aujourd’hui qu’on puisse rouvrir tous les sentiers pour l’été. » Un prochain point est prévu au 14 juillet. « Les équipes et entreprises avancent plus vite que prévu », confie malgré tout Élise Picquet.

La prudence reste donc le maître mot. Malgré les avancées réalisées ces derniers jours, l’ONF rappelle que s’aventurer sur une route ou un sentier encore fermé expose à un risque réel. Tant que les équipes spécialisées n’auront pas terminé leur diagnostic et retiré les derniers arbres et branches menaçants, certains secteurs de la forêt de Mormal resteront un chantier à ciel ouvert. 

Maxime Schilt 

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