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| Par Virginie Pruvost

Agriculteur d’aujourd’hui, agriYoutubeur, etc. peu importe la façon dont on le nomme, Thierry Bailliet est avant tout un passionné ! Convaincu que l’avenir de l’agriculture passe par les liens qu’elle saura renouer avec les consommateurs, il communique, via divers canaux, depuis des années. Pas pour faire sa pub mais bien pour informer et lutter contre l’agri-bashing.
Alors quand sur la dernière édition du Salon de l’agriculture, les organisateurs du championnat du monde de la frite, qui aura lieu le 26 septembre prochain à Arras, lui proposent de participer, il réfléchit… pas trop longtemps ! « Je n’ai jamais eu l’occasion de m’y rendre mais j’ai déjà vu quelques reportages sur ce championnat du monde. C’est bon enfant et très convivial, détaille-t-il. Et les organisateurs, présents sur le stand de la pomme de terre, m’ont expliqué qu’ils mettaient en avant les producteurs, et leur histoire. » Pour cet agriculteur loossois, issu de la treizième génération, qui travaille avec son fils Émilien, 27 ans, depuis 2019, « ça avait du sens donc j’ai décidé d’y participer avec mon fils dans la catégorie frite familiale ».
Poursuivant l’idée de reconnecter le grand public et les agriculteurs, celui qui a lancé il y a deux ans, l’application Dans les bottes, se lance dans l’aventure de la frite dans laquelle il a déjà goûté (en quelque sorte) : « Quand j’étais jeune, je me souviens d’avoir livré des sacs de pommes de terre dans les corons de Liévin et à Loos-en-Gohelle avec mes grands-parents. Elles servaient souvent aux frites du dimanche soir, c’était une tradition familiale ».

Mais alors quel est le secret d’une bonne frite familiale ? La pomme de terre évidemment ! Le choix de la variété est le premier point décisif, le second sera la cuisson. En effet, en fonction de la variété, la teneur en amidon peut différer et la frite sera plus sucrée ou plus rousse après cuisson…
Thierry Bailliet, qui travaille avec son épouse et son fils, a choisi la variété Cephora, 100 % bio. « Sur nos 150 hectares de cultures (pommes de terre, betterave, céréales, etc.) 50 % sont déjà convertis en bio. Notre objectif est de passer à 100 %. On se veut plus économes en eau et en intrants », ajoute-t-il. Cette variété est d’autant plus intéressante en bio qu’elle est plus résistante que d’autres au mildiou.
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Fin août, les champs de pommes de terre stars du championnat du monde ont été défanés, « la récolte est prévue mi-septembre. Elles seront arrivées à maturité. On s’adaptera à cette maturité pour notre cuisson ». Pour l’instant, entre le gras de bœuf et l’huile végétale, son cœur balance… Quant à la cuisson, pas d’hésitation : deux bains sont nécessaires pour des frites« coupées à la main » : « Un premier bain à 150, 160 degrés pendant sept à huit minutes et un second à 180 degrés pendant une minute et demie à deux minutes et demie, en fonction toujours de la maturité de la pomme de terre et de sa teneur en matière sèche ».
Le samedi 26 septembre, à Arras, Thierry et Émilien se jetteront dans le grand bain ! Au jury de donner son verdict !

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