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21-01-2026

Valérie Dubois, une enfant de l’Avesnois à la tête du Parc naturel régional

Enfant de l’Avesnois, Valérie Dubois dirige aujourd’hui le parc naturel régional, avec plusieurs priorités mais aussi une contrainte…

Valérie Dubois, directrice PNRA © H. G.

Valérie Dubois est une amoureuse de l’Avesnois. Elle a grandi à Cartignies, là où son père était agriculteur, « il avait un élevage de chevaux de course, explique-t-elle. C’étaient des contraintes similaires à un élevage de vaches laitières : pas de week-ends, pas de vacances, des horaires étendus… »

De son enfance, elle tire l’amour de son territoire, du bocage et une conscience environnementale « avec l’envie de préserver la nature. J’ai la fibre rurale agricole, je suis une amoureuse du bocage et d’une agriculture respectueuse du territoire », précise-t-elle. Elle fait donc ses études « en conséquence ».

Le Parc naturel régional de l’Avesnois : une évidence

Elle obtient un master en développement local, et se dirige naturellement vers le Parc naturel régional de l’Avesnois (PNRA). « Après un stage qui n’a fait que confirmer mon envie de travailler dans cette structure, j’ai décroché un premier CDD en tant qu’assistante de bureau pour en rédiger la charte. J’ai eu la chance d’arriver au moment où le parc naissait, il y avait donc de multiples missions différentes : culture, tourisme ou encore patrimoine… Tout était à mettre en place. »

Un parc qu’elle n’a depuis jamais quitté, « je n’ai jamais eu envie d’aller voir ailleurs », confie-t-elle. Et au fil des années, elle gravit peu à peu les échelons. À 53 ans, la fille d’agriculteur est devenue la directrice du PNRA le 1er avril dernier, « et ce n’est pas un poisson », sourit-elle.

Le bocage, l’agriculture biologique, les prairies…

L’une de ses priorités : préserver le bocage si emblématique à l’Avesnois qui compte 11 000 kilomètres de haies aujourd’hui. « L’objectif est d’augmenter ce linéaire. Pas juste parce que c’est beau, mais surtout parce que cela rend de multiples services : pour la biodiversité, pour l’agronomie en protégeant le bétail mais aussi les cultures des intempéries, elles sont également importantes pour l’eau en l’aidant à s’infiltrer dans les sols, freinant ainsi l’érosion… », énumère Valérie Dubois.

Le parc a d’ailleurs mis en place plusieurs actions pour préserver le bocage : valorisation économique du bois des haies, indemnisation pour leur maintien, accompagnement des communes et communautés de communes dans la mise en place de plans locaux d’urbanisme où les haies peuvent être classées… « 80 % des haies sont aujourd’hui classées, ce qui signifie qu’un agriculteur qui souhaite en supprimer doit demander l’autorisation. Généralement il l’obtient à la condition d’en replanter au moins la même distance », explique la directrice. Des mesures qui ont aussi permis, ces dernières années, de replanter 30 kilomètres de haies par an.

A LIRE AUSSI : Le bocage, c’est aussi dans les Flandres

Un autre objectif est de soutenir et continuer de développer l’agriculture biologique. « Pour y parvenir, nous avons de nombreux partenaires comme la chambre d’agriculture, Bio en Hauts-de-France, c’est primordial de ne pas faire les choses seul », insiste-t-elle. Et d’ajouter : « L’agriculture biologique est importante pour la santé mais pas seulement, elle joue un rôle pour la ressource en eau. Si on veut de l’eau de qualité, il est indispensable de la soutenir. On se rend compte aujourd’hui des dégâts qu’ont faits certains polluants qui restent dans l’environnement. »

Des contraintes budgétaires

La préservation des prairies a aussi son importance pour Valérie Dubois et le PNRA, « ces paysages sont riches d’un point de vue de la diversité. C’est un outil de travail qui a un intérêt sur le plan environnemental mais aussi sur le plan économique. L’herbe est une nourriture peu chère qui permet aux agriculteurs d’être autonomes et de ne pas subir les variations de prix de la nourriture animale. Les prairies doivent entrer dans l’équilibre économique. »

« Il y a encore beaucoup de choses à faire », poursuit la directrice du PNRA. « Mais il va falloir tenir la barre », sourit-elle. Car elle en est consciente l’argent ne coule pas à flots, les budgets sont de plus en plus serrés. C’est pourtant le nerf de la guerre. « Comme partout, il y a de moins en moins d’argent public. Notre défi est de maintenir nos objectifs et notre dynamique dans un contexte de contraintes budgétaires, souligne Valérie Dubois. Il va falloir faire autant avec moins ! Il faudra prioriser les actions, ce qu’on commence déjà à faire. » Mais pas de quoi entacher la motivation de cette amoureuse de l’Avesnois : « J’adore le parc, les équipes et les élus avec qui je travaille. Je suis très épanouie là où je suis. » 

Hélène Graffeuille 

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Avesnois parc naturel

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