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| Par Jade Bruyère

En 2010, la place des Héros, dite « petite place » a été repensée et entièrement piétonnisée, 16 ans plus tard, c’est au tour de celle qu’on appelle la Grand’Place de se transformer. Entièrement minérale et caractérisée par ses tracés irréguliers hérités du Moyen-Âge, elle constitue un ensemble unique dans le nord de l’Europe. Depuis le XIe siècle, la Grand’Place rythme la vie arrageoise, en accueillant marchés, commerces, bureaux, restaurants et grands événements festifs comme le marché de Noël ou le championnat du monde de la frite. Avec ses 17 662 m², elle est aussi devenue un important lieu de stationnement avec près de 680 places utilisables en surface et en souterrain.
Ce lundi 1er juin la ville et la communauté urbaine d’Arras (CUA) ont présenté aux habitants les grandes orientations du futur projet lors d’une première réunion publique. Si quelques évolutions ont déjà été engagées ces dernières années, notamment l’extension de terrasses et de commerces, le projet a des ambitions bien plus vastes.
L’objectif est de transformer une place aujourd’hui marquée par une forte présence automobile. Circulation en double sens, stationnement, arrêts de bus… la Grand’Place concentre d’importants flux de circulation. À terme, le parking de surface et la circulation doivent disparaître, à l’exception de la rue Saint-Croix. Pour la municipalité, l’enjeu est de faire de la Grand’Place un lieu d’exception mettant davantage en valeur le patrimoine, tout en renforçant son attractivité économique et touristique.

Le projet prévoit la création de terrasses au pied des façades, d’une voie piétonne, ainsi que l’installation de nouveaux équipements urbains et une part plus belle à la végétation. Un miroir d’eau doit également être installé afin de créer un îlot de fraîcheur et répondre aux défis climatiques.

Derrière ces aménagements se cache un chantier particulièrement complexe. La Grand’Place est localisée sur un site historique et repose sur un sous-sol encore assez méconnu. Les travaux devront composer avec de nombreuses contraintes techniques comme des différences de niveaux ou encore les affaissements observés sur certains secteurs.
Du côté des stationnements, le défi est central. Si les 190 places de surface doivent être supprimées, le projet assure une augmentation de l’offre disponible. Le parking souterrain va être réaménagé avec des rampes adaptées, un nouvel ascenseur et l’entrée déplacée au niveau du Poids Public. En parallèle, un parking silo de 150 places doit être construit à la place de la salle Léo Lagrange. Tandis qu’une nouvelle salle de sport verra le jour dans le secteur du Val de Scarpe. Pour les automobilistes des solutions d’adaptation sont prévues. La CUA et la ville désirent maintenir l’offre de stationnement tout au long des travaux pour les abonnés. À l’issue du projet, 950 places de stationnements disponibles ont été annoncées.
Les travaux devraient débuter en 2027 avec les fouilles archéologiques et les adaptations du parking souterrain. Le chantier se poursuivra ensuite par périodes successives jusqu’en 2031.
Jade Bruyère

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