
Depuis sa plus tendre enfance, Marie Grevet est profondément attachée à l’agriculture. Doublement petite-fille d’agriculteurs, le lien s’est maintenu au fil des années, prenant d’autres formes que celle d’en exercer le métier. Enseignante de sciences de la vie et de la terre, elle est depuis 2017 la référente pédagogique du Savoir vert et garde à ce titre un pied dans les fermes.
« Mon grand-père paternel a repris l’entreprise de battage de son père dans les années 1950, rembobine-t-elle. Ils avaient une ferme avec deux vaches. Ma grand-mère portait le pot de lait en mobylette chez les voisins ! » Du côté de sa mère, l’exploitation comptait vaches, cochons, volailles. Ses parents quittent le milieu agricole mais construisent à Blendecques (62) leur maison, à deux pas d’une ferme où Marie Grevet retient de nombreux souvenirs qui s’additionnent à ceux des vacances chez les grands-parents.
« Depuis toute petite, j’ai une grande passion pour les vaches, confie celle qui oriente sa voie professionnelle vers la biologie. Les animaux et la nature ont guidé ce choix. » Ses études universitaires aboutissent à l’obtention du Capes (Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré, ndlr). La Blendecquoise devient professeure de SVT (sciences de la vie et de la terre, ndlr) au collège.
Elle brode de nouveaux liens agricoles avec sa belle-famille, dont l’une des membres est parmi les premières adhérentes du Savoir vert. Elle découvre ce réseau de fermes pédagogiques qui souhaite transmettre, sensibiliser et renforcer le lien entre la ville et la campagne, en aidant les jeunes à comprendre les enjeux d’aujourd’hui et de demain.
Mais c’est dans l’enceinte de son collège que l’association se rappelle à elle. Un inspecteur de SVT qui endosse également la casquette de correspondant académique en sciences et techniques (Cast) est à la recherche de volontaire. Elle lève la main.
Un « ordre de mission de culture scientifique et technologique » du rectorat en poche, elle rejoint officiellement le Savoir vert. « La particularité est que ce n’est pas en lien avec des musées mais avec des fermes. Ailleurs, on forme les enseignants. Ici, c’est l’inverse, je forme les agriculteurs qui reçoivent les classes sur leur exploitation », compare celle qui allie théorie en salle et pratique thématique à la ferme.
Les exemples ne manquent pas pour appréhender les enseignements depuis une cour de ferme.
Dans les Hauts-de-France, le Savoir vert peut d’ailleurs compter sur l’agrément de l’Éducation nationale. Il « garantit la qualité de l’accueil sur les exploitations », détaille la « garante du programme pédagogique ». Des supports pédagogiques – conçus par l’hôte ou par le Savoir vert – permettent aux élèves de mieux appréhender les différentes thématiques.
L’enseignante l’assure, une visite à la ferme permet d’aborder le tiers du programme scolaire de la sixième. Le contenu peut ensuite être mobilisé les années qui suivent. À Arras, où elle enseigne depuis 2008, Marie Grevet tient à ce que chaque classe de sixième puisse y participer.
Bactéries, biodiversité hygiène, qualité, alimentation équilibrée, sol, recyclage de la matière organique, développement durable, approvisionnement durable, local, de saison : les exemples ne manquent pas pour appréhender le programme scolaire depuis une cour de ferme.
D’autant que « c’est très concret : les élèves voient, touchent, sentent. » Mais pas que. « Ils sortent de la classe, découvrent les métiers. Cela change l’image du métier. » Voire des métiers car les élèves découvrent aussi les professions qui gravitent autour d’une ferme. Vétérinaire, inséminateur, pour ne citer que ces deux exemples. « Les élèves sont toujours contents d’aller à la ferme », conclut-elle.
Louise Tesse
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