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03-09-2025

Stéphane Martinat, « De retour, les pieds dans le territoire »

Stéphane Martinat est le nouveau directeur de la Banque de France Hauts-de-France. Un provincial ouvert sur le social et l’entreprise.

Stéphane Martinat © F. D.

Nommé à la tête de la Banque de France Hauts-de-France en juin, Stéphane Martinat prend ses marques à Lille pour son 9e poste au sein de la banque centrale française.

Pouvez-vous nous détailler votre parcours ?

Je suis originaire de Bourges. J’ai suivi un cursus en finance et analyse financière. Voilà 27 ans que je suis entré à la Banque de France au service dans le réseau en Pays de la Loire pendant 13 ans, puis en Île-de-France, au service Entreprises pendant 14 ans, dont cinq ans comme directeur du recrutement et des carrières. Je suis de retour les pieds dans le territoire, en tant que directeur régional des Hauts-de-France, que je découvre.

Quelle image aviez-vous de la région Hauts-de-France ?

Une belle région, dynamique. C’est la troisième région pour les investissements après l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes. C’est un beau bassin économique pour les entreprises. Et puis il y a l’agriculture avec des productions comme les betteraves ou les céréales. En discutant avec un vendeur de matériel agricole à Laon, j’ai appris que c’était la pomme de terre qui rapportait le plus.

Quel est le rôle de la Banque de France ?

La Banque de France assure trois missions principales : stratégie monétaire, stabilité financière et service aux entreprises. Concernant la monnaie, la Banque de France produit le papier-monnaie et imprime les billets, à Vic-le-Comte et Chamalières (63). Nous fabriquons aussi des euros pour d’autres banques centrales, européennes ou étrangères.

Dans le Nord, nous avons un centre fiduciaire très moderne à Sainghin-en-Mélantois. Il distribue notamment les billets aux transporteurs de fonds et trie les billets pour les recycler. Au-delà de cette mission, la Banque de France travaille au titre de la stabilité financière, s’assure du bon fonctionnement des moyens de paiement, infrastructures et flux transitant par les banques.

Qu’en est-il de vos missions auprès des entreprises ?

Notre rôle consiste à accompagner les entreprises en lien avec tous les acteurs institutionnels, économiques et sociaux de la région. On évalue aussi la capacité d’une entreprise à honorer ses engagements financiers à deux ou trois ans, en attribuant une cotation. La cotation des entreprises est transmise aux dirigeants et aux banques. Les crédits accordés aux entreprises les mieux notées sont utilisés comme garanties des prêts accordés entre banques.

Vous intervenez aussi auprès des particuliers…

Pour les particuliers, nous intervenons notamment dans la prévention des situations de surendettement ou le droit au compte (procédure permettant à toute personne physique ou morale, sous conditions, de bénéficier d’un compte bancaire). C’est une région où il y a beaucoup de choses à faire dans l’accompagnement des personnes en difficulté, en lien avec les travailleurs sociaux. Nous travaillons également sur l’éducation économique, budgétaire et financière avec des formations, par exemple, pour les TPE, ou les jeunes en milieu scolaire, auxquels nous présentons les concepts de manière ludique avec le jeu Aventure entrepreneur, qui leur permet de se rendre compte de la réalité d’un chef d’entreprise.

La Banque de France suit également de près la conjoncture économique régionale.

Pour les activités de politique monétaire, notre but est d’avoir les prévisions les plus fiables. Pour permettre au Conseil des gouverneurs de la BCE (Banque centrale européenne) de prendre les bonnes décisions vis-à-vis de l’évolution des taux directeurs, nous interrogeons chaque mois environ 800 entreprises en Hauts-de-France (sur 8 500 questionnées en France). Nous avons donc une estimation actualisée de la conjoncture régionale. Globalement, les crédits aux entreprises progressent plus vite dans les Hauts-de-France qu’au niveau national et pour le secteur de l’agriculture, la hausse est supérieure aux autres régions ( + 5 %), pour le crédit d’investissement et le crédit à court terme.

Hormis la finance, avez-vous d’autres passions ?

Je suis un passionné d’histoire, et particulièrement celle de Jacques Cœur (Grand Argentier du royaume de France sous Charles VII). Mais j’aime également bricoler et faire des travaux de rénovation et de peinture dans ma maison. Par ailleurs, s’agissant d’histoire et de rénovation, nous ouvrirons nos locaux historiques (rénovés) au public, au 75 de la rue Royale, à Lille, pour les Journées européennes du patrimoine (les 20 et 21 septembre).  

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Agriculture banque banque de france Hauts-de-France Nord Pas-de-Calais

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