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30-12-2025

François-Xavier Lauch, le nouveau préfet du département du Pas-de-Calais

Depuis lundi 22 décembre, François-Xavier Lauch est le nouveau préfet du département du Pas-de-Calais, succédant à Laurent Touvet.

François-Xavier Lauch, préfet du Pas-de-Calais, décembre 2025 © L. T.

Il n’a reçu les clés de son nouveau bureau de la préfecture du Pas-de-Calais que l’avant-veille. Le temps d’y empiler quelques dossiers, de l’agrémenter de lance et pavois en souvenir des joutes sétoises et d’y passer ses premiers coups de fil.

François-Xavier Lauch connaît déjà les sujets qui l’occuperont désormais et entend les aborder avec la même approche que dans ses précédentes fonctions. Car, à 44 ans, l’homme originaire de la campagne limousine, a derrière lui déjà une longue carrière en préfecture, compte-t-il. « J’ai la réputation d’être un préfet qui va vite et j’entends la garder », promet-il.

À commencer, le soir même, par se rendre à Calais pour évoquer l’un des dossiers chauds du département, celui de la crise migratoire. « Ma mission prioritaire est d’éviter les drames humains », assure-t-il, inscrivant la question sécuritaire, et notamment « ce qui se passe sur nos côtes : des tentatives d’émigration vers le Royaume-Uni » comme priorité numéro une sur sa liste de quatre. D’une expérience à la frontière franco-italienne, il retient que la solution est dans le dialogue et le travail en commun entre pays. Conscient des « conséquences pour les communes du littoral » et des « passions » que déchaîne le sujet, il sera « aux côtés des maires », souligne-t-il.

Protéger

Il ne sera pas seulement « le préfet de l’immigration » mais bien de tout le département, reprend-il, abordant la sécurité de façon plus générale : « la vocation d’un préfet est de protéger tous les concitoyens. » Contre le terrorisme, contre le narcotrafic, contre les violences intrafamiliales. Celui qui était, un temps, place Beauvau auprès de Gérald Darmanin connaît bien ce sujet de la sécurité. « Je n’ai pas la main qui tremble », traduit-il. François-Xavier Lauch se dit « frappé par l’importance des violences intrafamiliales », dont le département concentre tristement 10 000 des 70 000 faits enregistrés chaque année à l’échelle nationale. « Notre défi collectif est de révéler, de judiciariser ces faits et d’accompagner les victimes ».

En seconde position sur la liste de priorités, les inondations de l’hiver 2023-2024 – qui ont touché un tiers des communes, près de 530 000 habitants – restent profondément ancrées dans les mémoires. Le nouvel occupant de la préfecture considère que l’action de l’État – 150 millions d’euros dépensés – a ici été « exemplaire », des secours aux travaux, de la reconstruction au plan de résilience, et entend bien la poursuivre.

Autre priorité à laquelle s’attellera le préfet, l’engagement pour le renouveau du bassin minier, lancé en 2017 et synonyme de rénovation de logements et d’offre de transport. Très attaché à France services, François-Xavier Lauch cite également France santé dont 19 centres sont en cours de labellisation dans le Pas-de-Calais, autant de « symboles de l’État dans sa proximité ».

« Filet de sécurité et filière d’avenir »

Enfin, l’économie est à la quatrième place. Pêche, automobile, canal Seine-Nord, le préfet décline quelques atouts du territoire et « n’ignore pas non plus la saga des gigafactories ». Et puis il y a les filières en difficultés, de l’imprimerie à la plasturgie en passant par le textile. Il veut pour elles « ouvrir le filet de sécurité et développer des filières d’avenir. » Frappé par le déclin démographique, il assure que « la courbe peut rapidement s’inverser avec le potentiel économique. » Mais il faut aussi traiter les conséquences, notamment sur les réseaux scolaires. « Des mécanismes mis en place sur les territoires sont exemplaires », admire-t-il. Quant à l’agriculture, il entend d’abord « comprendre » l’agriculture locale, lui qui est habitué à d’autres cultures, d’autres élevages, d’autres paysages. Inscrite à l’agenda pour le lendemain, une rencontre avec des représentants de la profession agricole (lire aussi en page 25) devait lui permettre un premier aperçu de la situation dans le Pas-de-Calais.

Et puis en pleine épidémie de la DNC (dermatose nodulaire contagieuse, ndlr), François-Xavier Lauch insiste sur la stratégie gouvernementale déclinée en plusieurs temps : stopper les mouvements depuis les zones contaminées, vacciner et dépeupler les élevages infectés. Et s’il comprend la détresse des éleveurs, il applaudit le « magnifique mouvement de solidarité » de don de bovins à ceux dont les étables étaient vides. « Le dépeuplement concernerait 3 000 têtes », oppose-t-il aux 10 % des 16 millions de bovins que compte la France et qui pourraient être touchés par la maladie si rien n’était fait. « J’appelle à la responsabilité de chacun dans le mouvement des animaux et de ne pas accueillir de bovins issus de zones réglementées », dicte-t-il.

Traditions locales

Après le Tarn et l’Hérault, voici donc un tout autre cadre pour François-Xavier Lauch qui s’y installe en famille. Attaché aux traditions locales, il apprécie évidemment d’arriver dans un département dont son club fétiche est en tête du championnat de football… Gageons que son bureau sera assez rapidement décoré d’une touche de « sang et or ». 

Louise Tesse

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