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19-03-2026

Qualité de l’air : du mieux, mais encore du travail

Atmo vient de publier le bilan 2025 de la qualité de l’air dans les Hauts-de-France. Un bilan mis en perspective des enjeux de santé car « investir dans la qualité de l’air, c’est investir dans la santé », mais aussi avec les futurs seuils européens applicables en 2030.

Troubles et infections respiratoires, maladies cardiovasculaires, cancers… L’impact de l’exposition aux polluants de l’air sur la santé n’est plus à prouver. Lors de la publication du bilan de la qualité de l’air en région en 2025, Atmo Hauts-de-France a mis en parallèle les risques que la pollution de l’air induit sur la santé.

Moins d’une semaine de bonne qualité de l’air

D’après Atmo, en 2025, dans la région, la qualité de l’air a été bonne entre un et six jours, moyenne entre 217 et 275 jours, dégradée entre 25 et 67 jours, mauvaise entre 14 et 49 jours et très mauvaise entre un et six jours. Les conditions météorologiques sèches et froides, moins favorables à la dispersion entraînant ainsi une accumulation plus fréquente des polluants, en particuliers des particules fines, expliquent ces résultats. 15 jours d’épisodes de pollution ont également été enregistrés.

Pour rappel, un épisode de pollution est une période où les niveaux de polluants (ozone, dioxyde d’azote, dioxyde de soufre et particules en suspension) dans l’air dépassent les seuils réglementaires. En 2024, la région n’en avait compté que trois. « Mais 2024 était une année très pluvieuse, donc avec un taux de pollution exceptionnellement faible. En 2025, on revient dans le même ordre de grandeur que 2023 et 2022 », explique Atmo Hauts-de-France.

Le chauffage au bois, premier responsable

La principale cause des épisodes de ces pollution est le chauffage au bois – 11 % de la population de la région se chauffait encore au bois en 2022. La bonne nouvelle est que le parc de chauffage au bois évolue vers des appareils pus performants sur le plan énergétique et moins émetteur de particules fines. « Avec les températures fraîches du début d’année, leur usage a été plus important. » Puis vient le trafic routier avec les émissions des véhicules et la remise en suspension des poussières sur les routes.

Sous certaines conditions météorologiques, des polluants gazeux comme l’ammoniac surtout émis par le secteur agricole ou le dioxyde d’azote émis, lui, majoritairement par le secteur routier, forment des composés secondaires qui augmentent les concentrations en particules.

Nécessité d’agir

Atmo révèle que les concentrations en dioxyde d’azote et en particules fines PM2,5 – dont les émissions sont principalement liées à l’usage du bois pour le chauffage (54,5 %), l’agriculture (17,6 %) et l’industrie (14,5 %) – sont globalement en baisse. Les niveaux les plus élevés se situent sur les axes autoroutiers principaux et sur certains sites industriels importants mais non habités précise l’observatoire de l’air. Les valeurs les plus basses, elles, se situent dans l’est des départements du Nord et de l’Aisne.

LIRE AUSSI : Qualité de l’air : les bonnes pratiques en agriculture regroupées dans un guide

Si les concentrations de ces polluants baissent sur les cinq dernières années, Atmo constate néanmoins un ralentissement de cette diminution pour le dioxyde de carbone et une stagnation des concentrations en PM2,5. « Ces tendances renforcent la nécessité d’agir avec des politiques ambitieuses visant à réduire les niveaux de concentration sur ces polluants », indique Atmo. D’autant qu’en 2030, de nouveaux seuils diviseront pratiquement par deux les valeurs limites de certains polluants.

Des risques sur la santé à court et long terme

Ces épisodes de pollution – qui se caractérisent donc par des expositions de courte durée (quelques heures à quelques jours) à de fortes concentrations en polluants – ont des effets à court terme sur la santé. Ils peuvent provoquer des maux de tête, de la toux, des crises d’asthmes ou des difficultés à respirer, des inflammations du nez, de la gorge et des yeux, des bronchites ou encore des irritations de la peau. À noter, les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, les personnes ayant des maladies respiratoires chroniques ou coronariennes ou encore les fumeurs sont des populations sensibles.

En dehors de ces épisodes de pollution, la qualité de l’air joue également un rôle sur notre santé. Les effets de la pollution de l’air influencent, à long terme, de manière notable l’espérance de vie de l’ensemble de la population. Ils ont un impact sur le risque de développer des troubles neurologiques (maladie de Charcot, Alzheimer, Parkinson…), des déficiences cardiovasculaires, des maladies respiratoires, des défaillances des reins ou encore du système reproductif mais aussi sur la survenue de cancer.

« Une exposition chronique induit notamment une surmortalité et une baisse de l’espérance de vie, insiste Jacques Patris, président d’Atmo Hauts-de-France. Des études montrent que la pollution de l’air est un facteur aggravant de nombreuses pathologies notamment respiratoires ou cardiaques ou encore neurodégénératives. Mais pas seulement puisque c’est également prouvé que cela peut avoir des conséquences sur la conception ou encore la croissance de l’enfant. » Et de conclure : « Améliorer l’air que nous respirons, c’est protéger durablement la santé et investir dans le bien-être des générations actuelles et futures. C’est un enjeu sociétal et il y a une urgence » 

Hélène Graffeuille

De nouveaux seuils limites des polluants qui changeront la donne en 2030

En France comme en région, la qualité de l’air s’est améliorée ces dernières décennies : les concentrations de polluants diminuent et les dépassements réglementaires se font plus rares. « Toutefois cette dynamique ralentit et l’année 2025, marquée entre autres, par des conditions météorologiques moins favorables, rappelle la fragilité des équilibres atteints Nous devons dès maintenant poursuivre et même amplifier les efforts collectifs », souligne Jacques Patris, président d’Atmo Hauts-de-France.

D’autant qu’en 2030, une directive européenne va abaisser les valeurs limites de certains polluants. Des nouvelles réglementations qui sont encore au-dessus des recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé qui servent de référence pour protéger la santé. À titre d’exemple, si l’an dernier, moins de 1 % de la population régionale étaient exposée à une concentration de particules fines PM2,5 au-dessus des valeurs limites actuelles, en prenant en compte les seuils de cette directive, 20 % de la population est au-dessus des valeurs limites de 2030 et cette proportion grimpe à 100 % si l’on prend le seuil recommandé par l’OMS.

Si la qualité de l’air ne s’améliore pas en Hauts-de-France d’ici là, certains territoires se retrouveront donc en dépassement. La baisse de ces seuils va demander des efforts supplémentaires de la part de tous : État, collectivités, entreprises, agriculteurs et citoyens. Une étude régionale de Santé publique estime d’ailleurs que la réduction de la pollution aux particules fines PM2,5 jusqu’aux niveaux recommandés par l’OMS permettrait d’éviter 5 000 décès par an dans les Hauts-de-France. H. G.

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