Actualité
24-09-2026

La ferme Nuage, un système agricole autonome

Installée à Beaurieux, dans l’Avesnois, la Ferme nuage fonctionne en agriculture biologique et développe l’agroforesterie. L’idée des exploitants Sylvain et Pauline Joly étant de valoriser leurs ressources.

Une exploitation baptisée la Ferme nuage a forcément une histoire hors du commun… Une histoire fondée sur un idéal que Pauline et Sylvain Joly comptent bien atteindre d’ici quelques années… « Nous travaillons selon une méthode douce, explique l’exploitant, pour ne pas épuiser les sols et ne pas épuiser les animaux. Nous essayons en quelque sorte d’atteindre une boucle vertueuse. On prend une partie de ce qu’on a en en laissant sous le pied. » C’est donc tout naturellement que la famille Joly s’est lancée dans l’agroforesterie, à Beaurieux, dans l’Avesnois.

Les arbres et haies, plantés autour des parcelles contribuent à construire un système agricole autonome, qui complémente l’élevage. « La gestion des haies est une façon de développer la ferme, on voulait un système très pâturant, lié à l’arbre, explique Sylvain Joly. La haie devient ainsi un avantage, car c’est une ressource ». Cette ressource s’inscrit donc dans une gestion globale agricole. C’est un brise-vent pour les vaches en pâturage, et ce qui est récupéré de la taille est transformé en litière. L’idée étant de devenir autonome en litière. Ce qui est laissé au sol, le sol le rend.

« Quand on a repris l’exploitation, en 2020, les sols des pâtures étaient très pauvres, reprend Pauline Joly. En mettant des vaches en pâturage, on enrichit le sol : l’animal mange l’herbe et épand par l’arrière. Ici on fait du lait à l’herbe ! » Ce système permet également la circulation de l’eau dans les parcelles, l’arbre devenant un élément central de la parcelle.

Des brebis en écopaturage

Pauline et Sylvain Joly n’étaient pas destinés au monde agricole. Respectivement communicant et ingénieur en maintenance et production, ils se lancent tous deux sur la voie qui leur est tracée, mais voilà cinq ans plus tard, épuisement professionnel et envie d’être indépendant conduisent ces natifs de l’Avesnois à réfléchir à leur avenir et à la façon dont ils conçoivent leur investissement professionnel et dont ils souhaitent concilier travail et vie de famille.

« Nous voulions voir grandir nos enfants, reprend Pauline. Et le milieu de l’agriculture nous attirait, donc nous avons décidé de nous lancer. » Mais pas facile de trouver une exploitation à reprendre quand on n’est pas du milieu… Sylvain Joly suit des formations agricoles et le couple essaie en vain de trouver une exploitation à reprendre.

Ils décident alors de reprendre en 2016 un corps de ferme à Saint-Rémy-du-Nord et de se lancer dans l’écopâturage avec une trentaine de brebis. « Avec leur lait, j’avais pour projet de faire de la crème glacée », poursuit la jeune femme. La Ferme nuage voit ainsi le jour : « le nuage en référence au lait, aux brebis et aussi parce qu’une ferme c’était notre rêve. »

Un vêlage, une monotraite

Les crèmes glacées de la Ferme nuage fonctionnent bien mais leur conception est très chronophage. « À l’époque, nos enfants étaient encore très jeunes, confie-t-elle. On s’est dit on va s’épuiser… » Pour éviter ça, le couple repart à la recherche d’une exploitation. Ayant fait ses premières armes avec les brebis, leur quête est plus fructueuse. Ils s’installent à Beaurieux en 2023 avec 30 vaches en bio (la ferme travaillait déjà en bio depuis 2013 avec l’ancien exploitant). « Nous arrêtons les crèmes glacées, le temps de l’installation en plein covid », poursuit-elle.

Puis la fabrication reprend mais avec le lait de vache, en bio. « Notre objectif était de faire un vêlage groupé au printemps et une monotraite, nous avons réussi, annonce-t-elle fièrement. Ça nous laisse une pause de deux mois en hiver. » Ainsi les vaches mettent bas au moment où les prairies offrent une nourriture abondante. De nouveau, les besoins coïncident avec les ressources disponibles. La mission est remplie !

Même si une grande partie du lait produit part en coopérative, la fabrication de crème glacée occupe toujours la famille Joly qui aujourd’hui semble avoir trouvé son équilibre, en produisant peu mais bien. 

Virginie Pruvost 

Partager l'article

Agriculture biologique

Dans la même rubrique

Actualité

Les demandes pour le fonds d’urgence ouvertes

Lire la suite...

Actualité

Championnat. Le jury craquera-t-il pour les chips beyonce à Arras?

Lire la suite...

Actualité

MyMarguerit : investir dans des vaches tout en aidant les éleveurs

Lire la suite...

Actualité

Le Nord-Pas de Calais débute l’arrachage de betterave et évite le pire

Lire la suite...

Actualité

Valenciennes Métropole cherche des parcelles agricoles pour planter des haies et des arbres

Lire la suite...

Actualité

Arvalis et Unéal s’allient pour renforcer la recherche et l’expérimentation

Lire la suite...

Vivre et travailler ensemble : la vie d’un couple à la ferme !

par Hélène Grafeuille

Ecoutez leur histoire !