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24-09-2026

Charlet Bazon-Nord primeurs partenaire du « local »

L’entreprise Charlet Bazon – Nord primeurs travaille essentiellement avec les maraîchers des Hauts-de-France, véritables partenaires de cette entreprise en pleine expansion qui vient d’emménager à Tilloy-lès-Mofflaines, un choix stratégique.

Travail, engagement, partenaire, équipe, équilibre, fidélité, confiance, accompagnement sont autant de termes que Julien Lukaszczyk, directeur depuis 2021 de Charlet Bazon – Nord primeurs, une entreprise spécialisée dans l’expédition au niveau national de fruits et légumes, ne cesse de répéter. Parce que voilà, pour ce quadragénaire, originaire du Lensois et diplômé de Skema, ces valeurs sont « de solides fondations, indispensables à l’élaboration d’un projet : il faut bien se construire pour avoir des perspectives de durabilité et de développement ».

En 2011, rien ne prédisposait ce jeune diplômé à intégrer le secteur des fruits et légumes : « J’ai commencé par travailler dans un cabinet de consulting à Paris. Ça a duré deux mois, j’ai démissionné ! La vie parisienne, ce n’était pas pour moi. Il fallait que je rentre dans ma région natale ». Un ami lui propose alors d’intégrer le groupe Auchan. L’entreprise recrutait, son profil correspondait. Intégrer la grande distribution, pour ce jeune diplômé, fraîchement sorti d’un cabinet de consulting parisien, c’était hors de question. Mais son ami ne lâche pas l’affaire : « Ça va te plaire, j’en suis certain ! D’ailleurs tu as un entretien demain ». Julien Lukaszczyk y va sans conviction, avec peu d’entrain et rien à perdre. « J’y suis allé un peu au culot, en demandant le plus gros rayon de l’hypermarché, me disant qu’il n’allait pas me le donner. » Le lendemain, il l’appelait pour lui annoncer la bonne nouvelle : « Vous êtes notre nouveau chef de rayon cave ! »

La dimension humaine de la filière

Et voilà, Julien Lukaszczyk, 23 ans, qui se lance à corps perdu dans cette aventure et finalement « adore ces années à Auchan » : « Je gérais une équipe d’une dizaine de personnes, je faisais aussi du négoce et du commerce. J’étais en contact permanent avec les fournisseurs. C’était une immersion totale dans un domaine que je ne connaissais pas. J’avais tout à apprendre, notamment en viticulture ».

C’est d’ailleurs la viticulture qui le rapprochera de sa nouvelle destinée. « J’avais fait deux ans chez Auchan et j’aspirais à des évolutions que le groupe ne pouvait me donner… » Lors d’une soirée, il discute avec un passionné de vin et lui confie son envie d’ailleurs. Quelques jours plus tard, « il me propose de le rejoindre au sein de l’entreprise Fruidor terroirs qui recherchait un acheteur en fruits et légumes ».

Là encore la filière « ne fait pas rêver » le diplômé d’école de commerce : « Mais il insiste, m’invitant à passer une journée dans l’entreprise en me disant : « tu prendras ta décision, ensuite ». Et là, j’ai mesuré le dynamisme et la dimension humaine de cette filière. J’ai rencontré des personnes intéressantes et motivées et je me suis aperçu que là encore j’allais apprendre beaucoup de choses, c’était très stimulant. J’ai accepté ! » Julien prend le boulot à bras-le-corps et au bout de deux ans, se voit proposer le poste de responsable des achats. Il l’occupera pendant six ans.

Multiproduit et multiconditionnement

En 2021, une nouvelle rencontre au marché MIN de Lomme (59) fera à nouveau basculer sa vie professionnelle. « Un de mes acheteurs travaillait avec Charlet-Bazon, j’avais quelques minutes donc j’en ai profité pour aller me présenter à David Bazon. Les cinq minutes se sont transformées en cinq heures, il m’a proposé de racheter son entreprise qui était depuis quelques années en perte de dynamisme. »

Il décide de relever le challenge « sans réfléchir trop longtemps », avoue-t-il et investit le site alors implanté à Beuvry, près de Béthune (62), dans des anciens bâtiments agricoles. Rapidement, il comprend que le système de fonctionnement daté de l’entreprise entrave ses performances. Il commence par améliorer les conditions de travail de l’équipe (sept personnes) notamment en investissant dans des machines, en renouvelant le système informatique, etc.

Il recentre l’activité de l’entreprise en s’appuyant sur deux forces : le multiproduit et le multiconditionnement. « On s’adapte aux demandes de nos clients, explique-t-il. S’ils veulent du filet, des bottes, etc. On sait faire. » Autre point fort de la maison, sa fidélité et son engagement envers les producteurs, qui sont à 75 % des maraîchers des Hauts-de-France. « Nous travaillons dans l’intérêt de nos producteurs et celui de nos clients car le nôtre en dépend, c’est une relation tripartite. Sans producteur, je ferme. Il n’y a aucun rapport de domination entre nous, on ne prend jamais 100 % de la récolte d’un maraîcher. Si on travaille en bonne intelligence, on va tous y gagner. »

Julien Lukaszczyk demande aux producteurs des produits d’une grande qualité, « A nous de valoriser ce produit de la meilleure manière afin que le client nous reste fidèle. Nous travaillons en direct avec les maraîchers. Si le producteur juge que notre travail n’est pas bon il est libre de partir. » Partant de ces principes, l’entreprise se développe, faisant chaque année davantage de volumes.

« La dimension humaine prime »

Mais au bout de deux ans, la fonctionnalité des locaux et la situation géographique de l’entreprise à Beuvry ralentissent voire empêche d’envisager tout développement. Le chef d’entreprise part alors à la recherche d’un nouveau site stratégique. « Je voulais que l’on reste à une distance raisonnable de Beuvry, pour les équipes, confie-t-il. Mais le seul entrepôt que j’ai trouvé est celui-ci à Tilloy-lès-Mofflaines, un peu plus loin que ce que j’avais prévu. »

Julien Lukaszczyk concerte alors ses salariés et propose à ceux qui acceptent de le suivre un accompagnement afin qu’ils puissent vivre ces changements du mieux possible. « On a des bureaux neufs, une cantine, on a aménagé les horaires de travail pour ceux qui le souhaitent. On a restructuré les méthodes de travail. La dimension humaine prime ici, en échange, je ne demande que de l’investissement dans le travail. En intégrant ces nouveaux locaux début mai dernier, nous sommes passés de 1 800 m2 à 2 400 m2. Le bâtiment était déjà équipé en froid et disposait de quais de chargement. » La position centrale de Tilloy-lès-Mofflaines, à proximité des zones de production et des axes logistiques favorisent les échanges entre les différents partenaires et laisse augurer des perspectives de développement intéressantes.

De 1 500 tonnes à 7 500 tonnes en cinq ans

En cinq ans, l’entreprise a déjà vu ses volumes passer de 1 500 tonnes en 2021 à 7 500 tonnes en 2025, et son équipe de sept à 12 personnes.

À l’horizon 2028, l’entreprise souhaite poursuivre sur cette voie avec à la clé des créations d’emplois. « Mais nous savons être mesurés dans notre développement car nous savons que nous sommes tributaires des aléas météorologiques », tempère le patron. Doucement mais sûrement pourrait être un de ses adages… 

Virginie Pruvost 

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