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| Par Dylan Pique
Personne n’a oublié le décès du président de la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais. Il y a presque un an jour pour jour, Sébastien Bocquillon perdait la vie à 48 ans suite à une chute depuis une moissonneuse-batteuse. Un accident de plus, un accident de trop qui démontre la nécessité d’accentuer et de poursuivre la prévention en cette période de moisson.
Thierry Petit, conseiller en prévention des risques professionnels à la MSA, rappelle 10 indispensables pour vivre en pleine sécurité ces moissons. Car – du nom d’une ancienne campagne de sensibilisation –« Attention, la machine peut vous dévorer ».
Partir en moisson, ça se prépare. Et ça commence avant même de monter dans la machine. « Il faut contrôler les filtres, veiller à bien nettoyer la machine entre deux variétés de céréales, nettoyer les vitres pour avoir une bonne visibilité. » Et si le nettoyage se fait par soufflage grâce à un compresseur par exemple, « veiller à se protéger des poussières en portant un masque à ventilation assistée ». Sans oublier de partir avec un extincteur en cas de départ de feu.
Anticiper pour éviter les mauvaises surprises. Thierry Petit redit l’importance « d’avoir connaissance de l’itinéraire, de le modifier en fonction du trafic et du gabarit de la batteuse, surtout si des lignes électriques se trouvent sur la route ou dans le champ ». Bien sûr, en ayant en tête la réglementation (lire en pages suivantes). Et en portant bien la ceinture. Lorsque les déplacements se font de nuit, veiller à utiliser les bons phares (champs et ceux destinés à la route).
Vigilance également aux angles morts qui sont très nombreux autour d’une batteuse. Thierry Petit évoque l’intérêt « d’équiper les machines en caméras si elles ne sont pas de série ». Et surtout veiller à une bonne coordination avec un second opérateur potentiel lorsque la barre de coupe doit être attelée.
Pour ce qui est de l’installation de la barre de coupe, vous devez privilégier une « aire bien dégagée pour une bonne visibilité et bien à plat pour la stabilité ». Le conseiller de la MSA qui recommande aussi lors de cette opération le port de gants de protection contre les risques mécaniques.
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Si prise de poste il y a pendant la récolte d’une parcelle, le changement doit se faire à l’arrêt. « Toute intervention humaine autour de la machine doit se faire machine à l’arrêt. » Et d’ajouter : « Pour monter et descendre, il ne faut pas sauter et bien utiliser les trois points d’appui ». Gare également lors de la prise d’échantillon. « Il faut bien en prendre connaissance avant, à partir de la notice de la machine. »
Avec des surfaces vitrées toujours plus importantes, la température des cabines peut vite grimper à plus de 50 °C. « Elles sont très souvent équipées de clim pour le confort. » Mais pour autant, dans ces conditions, le maître mot reste l’hydratation. « Aux chefs d’entreprise de prévoir l’eau nécessaire avec une glacière. » Un t-shirt, voire un gilet dit « rafraîchissant », peut s’avérer très utile pour les conducteurs.
« En agricole on sait très bien que les moissons sont une période intense », reconnaît Thierry Petit. Pour autant, l’aménagement du temps de travail et un maximum de pauses sont recommandés, « avec un temps de sommeil de 6-7 h minimum si on veut que l’opérateur récupère bien et au moins un jour de repos au bout de six jours. Il faut surtout éviter de cumuler la fatigue au risque de commettre une erreur de conduite. »
« Oui », confirme le spécialiste sécurité. Applicable par exemple dans le cas d’une panne de clim’ ou encore de conformité d’une machine. « Le salarié peut au départ exercer son droit d’alerte et, s’il estime lui-même qu’il y a un risque grave pour sa santé, exercer son droit de retrait. »
Cependant gare aux abus : « ce dernier doit être écrit et bien fondé ». La MSA peut intervenir dans ce genre de situation, « si le discours vient à se corser, ça relèvera plutôt du droit du travail et ce sera à l’inspection du travail de statuer ».
Lors des chantiers, surtout par temps sec, il est recommandé d’avoir une tonne à eau ou encore un outil de travail du sol à proximité des batteuses pour réagir au plus vite en cas de feu et limiter la zone de propagation. « Il faut avant tout se mettre en sécurité, si possible déplacer l’engin et ne pas tenter d’éteindre l’incendie si vous n’avez pas les moyens ni la formation. » L’un des premiers réflexes reste de contacter le 112 pour alerter les pompiers.
En cas d’arc électrique, il ne faut pas agir dans la précipitation. « Si jamais la batteuse fait tomber la ligne, en urgence on fait le 112, et on ne descend pas de la machine s’il n’y a pas de risque incendie. » Si un début d’incendie oblige à quitter l’engin, on doit le faire en évitant d’être en contact à la fois avec la cabine et le sol, puis s’éloigner à tout petits pas. Les services de secours coordonneront ensuite leur intervention avec les services de RTE et d’Enedis pour éloigner tout risque d’électrisation et d’électrocution.
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