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Diversification. Agrikolis en mode opérationnel

La ferme Guillemant, à Loos-en-Gohelle (62), est depuis février 2019 membre d’Agrikolis, un réseau de livraison de colis volumineux. Retour sur cette première expérience.

Guillaume Belissart, Cédric Guyot, Thomas et Pascal Guillemant. ©DR

Sur le carré de pelouse en bordure de rue, un panneau tout neuf « Agrikolis, point de retrait Cdiscount » campe fièrement sur ses piquets. En place depuis la mi-février devant la ferme Guillemant, à Loos-en-Gohelle (62), il précède un vaste hangar agricole où s’étale un étonnant parterre de cartons ventripotents : ils sont pleins d’électroménager, de balançoires ou de mobilier… Agrikolis, souvenez-vous, c’est cette startup qui se propose de transformer votre ferme en point de retrait pour les colis lourds (de plus de 30 kg) ou volumineux. 

Dans la région, elle a démarré son activité en février 2019 dans cinq points relais, à Loos-en-Gohelle, Bondues (59), Annœullin (59), Mouchin (59) et Lamotte-Buleux (80). Deux autres fermes près d’Arras (62) et de Saint-Omer (62) ont rejoint le réseau depuis, et deux autres planteront prochainement leur panneau près d’Étaples (62) et de Saint-Quentin (02). Objectif : atteindre une trentaine de points relais partenaires de Cdiscount dans la région d’ici cet été. 

« Nous sommes livrés trois fois par semaine, le lundi, le mercredi et le vendredi, énumère Thomas Guillemant, maître des lieux avec son père Pascal. C’est plus pratique qu’une seule livraison par semaine avec un énorme semi-remorque ! Nous n’avons pas fait d’investissement particulier : nous avions déjà un transpalette. De toute façon, c’est ce que préconise Agrikolis… » 

Un magasin de producteurs, le top 

Sous son hangar, la ferme loossoise fait principalement du conditionnement de pommes de terre et de carottes de sa production à destination des grandes surfaces. Elle réunit les Guillemant père et fils, un voisin, ainsi que deux salariés qui se partagent le conditionnement des légumes et le travail des champs. Une petite équipe idéale pour l’activité de point relais. 

« Nous avons ouvert un magasin de vente directe il y a un an, retrace Thomas Guillemant, comme nous avions déjà une personne pour s’en occuper, Agrikolis ne change pas trop nos habitudes de travail. » « Avoir un magasin de producteurs en plus de l’activité de point relais, c’est le top, opine Cédric Guyot, cofondateur d’Agrikolis. Cela augmente le passage au magasin, et fait aussi découvrir le lieu à des riverains qui vivent à quelques kilomètres. » 

À côté de lui, son collègue Guillaume Bellissart, second cofondateur du réseau, renchérit : « Agrikolis n’est pas une reconversion. Mais cela peut être un très bon moyen de valoriser un emploi pour les exploitations qui cherchent à donner quelques heures supplémentaires à un salarié. » 

Bottes de sept lieues 

Depuis février, l’entreprise de Guillaume Bellissart et de Cédric Guyot a chaussé des bottes de sept lieues : celles de Cdiscount, dont elle a intégré en février l’accélérateur de startups. Un vrai coup de boost pour son développement. Adossé à son site web, Agrikolis fait désormais partie de la chaîne logistique de ce géant de la vente en ligne. Forcément, ça ouvre des perspectives : « À partir de juin 2019, sur le site de Cdiscount, les caractéristiques de chaque ferme relais seront visibles par l’internaute lorsqu’il choisira son point de retrait », précise Cédric Guyot. « Ainsi, le client sera averti de la présence de magasins de vente directe ou toute autre prestation avant d’arriver à la ferme. » 

Autre nouveauté : la sortie en mai d’une application pour que le retrait de colis à la ferme – qui requiert aujourd’hui un ordinateur – soit entièrement piloté sur smartphone. Enregistrement des colis, prise de rendez-vous, signature sur écran… De nombreux gestes à portée de doigts. Actuellement en discussion avec « une famille de la grande distribution du Nord de la France, Cédric Guyot l’assure, les grandes surfaces que nous démarchons sont très demandeuses de notre service. Mais elles sont aussi très exigeantes sur l’expérience client. » En clair : la qualité de l’accueil à la ferme et l’aide au chargement font clairement partie des prérequis. 

Un revenu au rendez-vous 

Quand on parle diversification, la questions du revenu est forcément au cœur des préoccupations. Si Agrikolis se refuse à divulguer le revenu mensuel de la ferme Guillemant, la startup livre toutefois quelques infos parlantes : « Nous rémunérons à la tâche, suivant la taille des colis, indique Cédric Guyot. Les deux tiers de la prestation que nous facturons reviennent à l’agriculteur. L’activité de point relais Agrikolis peut générer entre 200 et 1 000 € de revenu par mois. Plus un point relais est proche d’un bassin de population dense, plus son trafic – et donc son revenu – augmente. » À bon entendeur.

Lucie De Gusseme

Laura Béheulière 2019-04-02T14:18:48+00:00 2 avril 2019|Categories: Actualité, Valoriser|Mots clés: , , , |