Grégory Bailly, professeur en sciences de la vie qui enseigne la biologie-écologie au lycée agroenvironnemental d’Arras répond à nos questions.
Dans la dénomination de la discipline, vous avez comme en SVT, la biologie, la science de la vie. Mais la géologie (science de la terre) est remplacée par l’écologie, c’est-à-dire la science qui étudie les écosystèmes et la biodiversité à tous ses niveaux. L’une des caractéristiques de notre enseignement, c’est d’approcher le complexe. Quand vous faites de l’écologie, vous travaillez sur des écosystèmes à l’échelle des paysages, des ruisseaux… (biodiversité, fonctionnement). On étudie ces grands ensembles de fonctionnement, mais la biologie n’est pas déconnectée, car pour comprendre un écosystème il faut s’intéresser à la compréhension du fonctionnement des organismes qui interagissent. C’est là que l’on bascule vers la biologie.
Ce qui caractérise nos enseignements en biologie-écologie, c’est vraiment le terrain. Moi je vais en forêt, je vais aussi sur des ruisseaux, mon collègue à Douai Biotech, va sur des zones de marais. On part du terrain, mais on ne reste pas au stade des constats, on échantillonne et on bascule sur la biologie dans nos labos (fonctionnement des organismes, physiologie…) C’est une manière intégrative : dans le nom, on lit deux disciplines, mais en fait, on part de l’écosystème pour aller à la molécule.
C’est une structure qui permet d’avoir accès au terrain. On ne va certes pas faire du terrain tous les jours, mais on est dans une approche qu’on essaye de rendre la plus concrète possible. Les établissements agricoles ont l’avantage d’être placés en zones périurbaines, on a donc accès à des petits bois et même nos parcelles…
En termes de déplacements, on n’a pas trop de barrières, ça peut paraître anodin mais ce n’est pas anecdotique, je peux réserver mon bus deux semaines avant. Le conseil régional apporte une dotation importante et c’est une volonté de notre ministère de nous donner accès aux sorties. Ce qui n’empêche pas d’être devant une copie 3 heures pour l’examen !
Nos classes sont composées, en général, d’une vingtaine d’élèves. Pour eux, ce sont des conditions d’apprentissage optimales au niveau du suivi et de l’encadrement. C’est aussi ce que recherchent les parents.
Enfin, du fait d’équipes plus réduites, il y a une très bonne communication entre les enseignants. Le niveau d’exigence que l’on impose aux élèves est transversal, les disciplines ne sont pas cloisonnées. J’aime beaucoup intégrer la philosophie dans mes cours par exemple. Sur les questions du vivant, c’est passionnant !
Il y a, c’est vrai, une méconnaissance sur l’enseignement agricole. On ne sait pas vraiment ce qui s’y fait. Et méconnaissance rime parfois avec mépris. Pourtant, il faut savoir qu’on est très inspirant par rapport à ce qui se fait à l’Éducation nationale ! La biologie-écologie a du mal à se faire connaître et les parents ont toujours des gros doutes par rapport aux prérequis de Parcours sup sur la capacité de l’enseignement agricole à apporter un bagage suffisant. Alors, il faut savoir qu’on est bien sur un bac général, déjà ! Si, on regarde les débouchés, les élèves qui ont certains attraits vers les sciences du vivant vont trouver leur bonheur. Ça permet d’aller vers les métiers des sciences de la vie, des BTS agricoles ou non (analyses médicales, biologie moléculaire, biochimie), des BUT en génie-biologique, des classes prépa. Les élèves s’y insèrent sans problème. Il faut savoir qu’il y a une volonté des écoles d’agronomie et vétérinaires de mettre la biologie-écologie sur le même plan que la SVT. Dans les prérequis demandés par ces écoles, notre spé colle tout à fait !
Agathe Villemagne
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