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20-08-2025

Marine Tondelier : « Chaque Français a un écologiste qui sommeille en lui »

Les journées d’été des Écologistes se sont ouvertes ce jeudi. À la tête du parti, Marine Tondelier, « une enfant du pays », comme elle le rappelle.

Marine Tondelier © D. R.

L’écologie ? Marine Tondelier lui a toujours donné une grande importance : « Depuis toute petite, je suis sensible à la nature, aux finitudes de la planète, à l’infini des relations…, la nature m’émerveille », explique cette petite fille d’agriculteurs.

En 2009, alors qu’elle est étudiante à Science po à Lille, la jeune femme décide d’adhérer au parti écologiste après avoir assisté à un meeting pour les élections européennes : « Il y avait José Bové, Eva Joly, Daniel Cohn-Bendit, Cécile Duflot… Je suis quelqu’un de très instinctive, et lors de ce meeting, j’ai vibré avec les gens, j’ai eu le sentiment d’être sur la même longueur d’onde et d’être là pour le même objectif, un peu comme quand on est au stade Bollaert, sourit la supportrice du RC Lens. Je me suis dit que c’était avec eux que je souhaitais travailler. »

L’ancrage à Hénin-Beaumont

Une adhésion qui coïncide avec l’organisation de l’élection municipale à Hénin-Beaumont, une ville dans laquelle elle a grandi : « Je ne me suis jamais vu vivre autre part, insiste-t-elle. Hénin-Beaumont, c’est la maison pour moi. Je suis vraiment une enfant du pays. Je ne suis pas arrivée là à la suite d’un rebondissement politique… » Une pique lancée à l’autre Marine de la politique (Le Pen), qui, elle, s’est imposée sur ces terres. Le Rassemblement national, un parti contre lequel l’écologiste ne cesse de lutter depuis son engagement en politique.

Revenons justement en 2009, année durant laquelle des élections municipales sont organisées à Hénin-Beaumont, suite à la mise en examen et à l’incarcération du maire socialiste, Gérard Dalongeville, soupçonné – et condamné depuis – de détournement de fonds. Marine Tondelier se lance alors dans la campagne. « Une aventure… et pas n’importe laquelle ! Le RN (qui était encore le FN à cette date, ndlr) menaçait de remporter la ville » avec une liste emmenée par Steeve Briois, où Marine Le Pen occupe la deuxième place. « Une campagne électorale, ça prend aux tripes d’autant plus qu’à ce moment, Hénin-Beaumont était la seule ville de France en campagne, puisque c’était une municipale partielle, et que, potentiellement, elle pouvait devenir la ville qui allait basculer au RN, et d’où partirait toute leur stratégie. Tout le monde nous regardait. Cela a été dur mais ça a tenu. »

Pour cette fois tout au moins, en 2014 Steeve Briois sera élu édile d’Hénin-Beaumont, poste qu’il occupe toujours aujourd’hui. La même année, Marine Tondelier devient conseillère municipale d’opposition, un poste qu’elle occupe aussi toujours aujourd’hui et qu’elle concilie avec celui de conseillère régionale des Hauts-de-France depuis 2021. « C’est un mandat important pour moi car j’aime profondément cette région et j’ai envie de me battre pour elle. »

L’unique cheffe de parti en France

Entre-temps, l’Héninoise prend du galon au sein de son parti. Elle est la collaboratrice parlementaire de la sénatrice écologiste Aline Archimbaud, puis travaille aux côtés de Cécile Duflot, députée et ancienne ministre du Logement. Depuis 2022, elle est la secrétaire nationale du parti des Écologistes, qui a fait justement sa rentrée politique ce jeudi à Strasbourg. Elle a été réélue à ce poste en avril. Elle est d’ailleurs la seule femme cheffe d’un parti aujourd’hui en France.

Parmi les missions des Écologistes pour les prochains mois il y a la formation des militants, « et pas que dans les grandes villes, partout en France, notamment dans les milieux ruraux. J’ai toujours considéré que, dans les ruralités, les gens étaient très écologistes. Ce sont des écologistes du quotidien », insiste celle qui fêtera ses 39 ans ce samedi 23 août. Le parti organise justement la troisième édition des Universités des ruralités écologistes, à Coutances, en Normandie, du 24 au 26 octobre.

« Je pars du principe que chaque Français a un écologiste qui sommeille en lui et que notre travail, c’est de le révéler. En 2025, tout le monde sait qu’il y a un problème. Même ceux qui ne se l’avouent pas, même ceux qui ne veulent pas agir, même ceux qui ne veulent pas regarder cette réalité en face. Au fond d’eux, je suis persuadée qu’ils savent. Notre travail est d’aller porter nos propositions sur tous les territoires, proposer une écologie qui tend la main, une politique qui améliore le quotidien, qui rend possible les lendemains. »

Les prochaines élections municipales en ligne de mire

L’une des priorités de la cheffe de file des Écologistes est également les élections municipales de 2026 qui approchent à grands pas. « Il faut qu’un maximum de villes écologistes restent écologistes, qu’un maximum de villes de gauche restent à gauche, et évidemment que des villes qui sont aujourd’hui à droite basculent à gauche », martèle l’écolo. Et d’ajouter : « Et les choses sont claires, si on part partout divisé, alors on ne gagnera nulle part. » Depuis toujours, Marine Tondelier est une fervente partisane du rassemblement des gauches : « Quand je vois qu’il y a des villes de droite qui devraient basculer à gauche si on s’y prenait intelligemment, je me dis que c’est difficile d’expliquer aux électeurs qu’on les prive d’une politique de gauche écologiste, juste parce qu’on n’a pas été fichus de se mettre d’accord. »

Pour autant, la secrétaire nationale des Écologistes assure ne pas être d’accord sur tout avec les Insoumis, les communistes ou encore les socialistes, « sinon on serait tous dans le même parti et ce n’est pas le cas. Il y aurait plein de raisons de ne pas travailler ensemble, cependant quand l’intérêt supérieur de la nation est engagé, et cela a été notamment le cas lorsque Jordan Bardella était aux portes de Matignon, on doit s’unir. »

Une responsabilité historique

Pour Marine Tondelier, la prochaine élection présidentielle est celle de « tous les dangers. C’est une responsabilité historique que l’on a. Les sondages montrent qu’avec une candidature unique on pourrait être au deuxième tour. Mais tout reste à faire, nous devons nous mettre au travail, nous n’avons plus le temps de tergiverser. » 

Hélène Graffeuille 

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