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19-03-2026

Patrick Marlière, l’homme qui met la météo sous les projecteurs

Depuis 51 ans, Patrick Marlière étudie et partage la météorologie. Une passion née dans l’enfance et qui n’a pas pris une ride.

Patrick Marlière affiche 51 ans de météo et pas une once de lassitude. © J. D. P.

Aussi loin qu’il se souvienne, Patrick Marlière a toujours été attiré par les nuages. Pas pour s’y perdre en rêveries, le bonhomme est plutôt du genre hyperactif, mais pour en comprendre le fonctionnement. Voilà pourquoi il est logiquement devenu météorologue. Sur le comment, c’est une autre histoire. Que le jeune septuagénaire déroule depuis chez lui à Raimbeaucourt, dans le Pas-de-Calais. Il est né dans la maison voisine, sa mère vit dans celle d’à côté et une de ses filles est infirmière quelques rues plus loin, tout ça pour dire que s’il a la tête aux nuages, son ancrage est incontestable.

C’est par le plus grand des hasards qu’il apprendra que son arrière-arrière-grand-père, Louis, était le chauffeur de l’un des premiers pilotes de l’air durant la Première Guerre mondiale. « Un pilote qui l’avait initié à l’observation des nuages suite à quoi, après la guerre, on venait le voir dans le village pour connaître les prévisions. » Une information qui, longtemps ignorée, n’a rien à voir dans la réponse qu’il a toujours donnée à la question « Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ? » : météorologue. « J’ai toujours observé le ciel, ses phénomènes. Quand les enfants de mon âge regardaient les dessins animés, moi je regardais le bulletin météo présenté par un militaire en tenue. Les Belges étaient meilleurs que nous à cet exercice », évoque-t-il sans vraiment s’expliquer cette passion originelle.

« Une belle époque »

Très vite, le bon élève se donne les moyens de devenir météorologue : bac S, maths sup, maths spé avant de tenter les concours qui permettent d’intégrer l’école de météo en région parisienne. Premier drame pour le bon élève : il rate le concours. Rapidement il apprend que l’armée de l’air recrute des météos et il s’engage. À 19 ans il épouse Maryline, qu’il connaît depuis toujours et avec qui il aura deux filles et un garçon. Ensemble, ils passent de base militaire en base militaire pendant dix ans – Nîmes, Dijon, Metz, Creil puis Cambrai – avant un retour par l’école à Toulouse et la réussite, enfin, au concours de météorologie nationale.

Après trois années à Météo France Paris, il est muté à Lille. « Hasard, un nouveau rédacteur en chef arrive à France 3, qui avait été pilote de l’air. Nous passons naturellement du temps ensemble et un beau jour il me dit : « J’ai une idée, tu vas venir présenter la météo. » » S’il n’y connaît rien, Patrick Marlière adore les défis et après des essais qui lui semblent catastrophiques – « je suis arrivé habillé comme un manche, avec un nœud pap’ et tout » -, il est convié sur le plateau deux jours plus tard. Nous sommes en 1987.

« Dès qu’une radio me contactait, je disais oui »

Patrick Marlière ne compte plus les bulletins radios ni les plateaux télé réalisés depuis, et il l’avoue : il adore ça. « Dès qu’une radio me contactait, je disais oui. Mes collègues n’en pouvaient plus », se marre le jeune septuagénaire. Sa motivation : expliquer la situation aux gens, ce qu’il se passe, pourquoi ça se passe, ce à quoi il faut s’attendre. « À l’époque, Météo France communiquait très peu or l’avenir allait le confirmer : tout le monde communique. » Il présente un temps le bulletin météo avant l’émission Midi 3 et se voit proposer la présentation d’une chronique dès l’année suivante. En 1997, la banquise recouvre le littoral et notre météorologue joue les envoyés spéciaux.

Lorsque sa chronique est récompensée au festival international de météo, il arrive en avance, « comme toujours. Et en visitant je tombe sur un échange : des Canadiens qui souhaitent créer une chaîne météo et qui déplorent que Météo France ne soit pas intéressée. Je vais les voir et je leur dis : moi, ça m’intéresse ! » Quelques péripéties plus tard, voilà Patrick Marlière embarqué dans l’aventure de la Chaîne météo finalement lance par Météo France et qui commence à émettre en 1995. D’abord seul, ensuite rejoint par des copains parmi lesquels un certain Louis Bodin. « Une belle époque », salue celui qui se finit par se lasser des allers-retours Lille-Paris.

On garde l’antenne

En 2000, il rentre. En 2001, il crée son premier bureau d’expertise météo, Agate. « Nous proposions notre expertise météo aux assurances, au BTP ou à la chambre d’agriculture ainsi qu’aux médias : toutes les entreprises qui ont besoin de cette expertise », synthétise le promu créateur d’entreprise. « Ça marche super bien », puis quelques incidents en cours de route, à cause d’une cogérance défaillante, le conduisent à liquider Agate et à reprendre l’activité et une partie du personnel avec son bureau Médias weather.

Quelques années plus tard, nouveau pépin financier : une compagnie d’assurances qui utilise ses services depuis des années décide de ne plus payer. Le problème de trésorerie est encore creusé par l’arrêt d’activité de plusieurs chaînes de télé locales avec lesquelles il collabore.

Patrick Marlière revend sa société, mais garde intacte l’envie de poursuivre ses collaborations avec les médias, les entreprises et les collectivités. Autour de son expertise météo, bien sûr, mais aussi de celle du climat, sur lequel il alerte depuis bien longtemps. « Je me souviens de ces mots d’un chercheur du CNRS il y a 35 ans, qui disait aux Dunkerquois qu’il ne faudrait pas se plaindre s’ils avaient un climat méditerranéen dans les décennies à venir. » Depuis, l’expert n’a jamais cessé d’informer et d’expliquer (et notamment dans Terres et Territoires). Certains continuent à regarder ailleurs mais beaucoup ont commencé à prendre la mesure. Et, le regard tourné vers des images satellites plutôt que vers les nuages, Patrick Marlière n’a pas encore décidé de rendre l’antenne. Loin s’en faut.

Justine Demade Pellorce

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Hauts-de-France Météo agricole

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