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Biostimulants. Les essais de Bio4safe à la loupe

29-07-2019

Actualité

Culture

Dans le cadre d’un programme européen, l’ISA Lille et le Pôle légumes région Nord mènent depuis deux ans des essais sur salades et tomates pour mesurer l’effet des biostimulants à base d’algues. Bilan d’étape.

De nombreux fabricants proposent désormais à la vente des biostimulants aux agriculteurs. Ils peuvent s’en procurer facilement et pour différentes utilisations. Pourtant, il n’existe aujourd’hui pas de définition officielle des biostimulants (la réglementation doit évoluer en 2020) et leur efficacité n’a semble-t-il pas encore été prouvée.
« Ils sont considérés soit comme des stimulateurs de défense des plantes, soit comme des fertilisants. Il y a beaucoup de « on-dit » dessus mais on ne sait pas comment ils fonctionnent », résume Amandine Wauthelet, étudiante à l’Institut supérieur d’agriculture (ISA) de Lille, en spécialisation « Sustainable agriculture and smart farming » (agriculture durable).
Avec sa camarade Mathilde Doubrère, elles sont en charge, cette année, de suivre des essais menés par le Pôle légumes région Nord, dans le cadre du programme Interreg Bio4safe : voir la vidéo ci-dessous (en anglais sous-titré français).

Lancés en 2017, ces essais visent à mesurer l’effet de différents biostimulants à base d’algues. Ils doivent permettre d’aboutir à un protocole d’utilisation européen standardisé et sont financés par l’Union européenne.
« S’ils n’ont aucun effet sur les rendements, on tente d’observer leur éventuelle efficacité en cas de stress hydrique ou azoté », explique Dominique Werbrouck, directeur du Pôle légumes.
À Lorgies (62), où est situé le Pôle légumes, salades et tomates sont scrutées avec différents capteurs de surveillance (des essais sont également menés au Royaume-Uni, en Belgique et aux Pays-Bas sur d’autres cultures comme la fraise ou la tulipe, avec les mêmes biostimulants).
Essais sur salades
« Deux essais ont été menés sur salades, explique Amandine Wauthelet. Un premier en 2018 dans des conditions normales et un second cette année avec une partie exposée au stress hydrique et une autre au stress azoté. » Si les résultats détaillés seront révélés à la fin du programme, en 2021, les premières observations ne révèlent « pas de différence significative » entre les deux essais. Les biostimulants « ne semblent pas avoir d’effets, souligne Amandine Wauthelet, en tout cas chez nous. Cela dépend peut-être des plantes. Nous avons également eu les échos d’un agriculteur qui utilise l’un des produits que l’on test et qui estime que cela fonctionne. » 

Essais sur tomates
« En tomates il y a un essai en cours avec une partie des plants en stress hydrique », poursuit Mathilde Doubrère. Les biostimulants sont censés aider la plante à mieux valoriser les nutriments et à mieux résister aux stress. S’il y a moins d’eau et moins d’azote et que le résultat est le même que pour les plantes témoins, c’est que ça marche. » C’est bien ce qui semble se passer pour l’instant mais il est encore trop tôt selon elle pour tirer la moindre conclusion.
Dans le cadre de ces essais, différents outils et capteurs agronomiques sont utilisés afin de mesurer plusieurs paramètres physiologiques et morphologiques des plantes. Par exemple, l’outil Pocket PEA permet de calculer l’efficience de la photosynthèse. Le Dualex est équipé d’une sorte de pince permettant de mesurer, entre autres, le contenu en chlorophylle et le statut azoté de la plante. Des sondes capacitives ont également été installées.
Tout est observé, mesuré et relevé : le rendement, le calibre des fruits, le nombre de fleurs et de fruits ou encore le diamètre de la tige.
Les deux étudiantes, qui viennent surveiller leurs essais toutes les semaines, passeront le relai à deux autres étudiants de l’ISA à la rentrée 2019. Il faudra encore attendre 2021 pour découvrir des résultats plus détaillés et la conclusion des essais.
Laura Béheulière

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