« La question qui m’a guidée a toujours été celle-ci : en quoi peut-on être utile aux entreprises et aux territoires ? », résume Philippe Hourdain. Président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Hauts-de-France depuis neuf ans, l’enfant du Pas-de-Calais en a parcouru du chemin.
Le cœur alternant entre ses rêves d’entrepreneur et sa foi dans la fonction publique, le presque septuagénaire a eu à cœur de faire se parler le secteur public et le secteur privé avec une conviction : toujours faire primer l’intérêt général.
Né à Lens, il grandit à la limite des corons de la fosse n° 9 : « Aujourd’hui, on y trouve le Louvre-Lens. On a vécu là-bas jusqu’à mes 14 ans. Mon père était agent de mairie et ma mère était au foyer. Avoir grandi dans cette ambiance, cette convivialité… Cela m’a durablement influencé. » Par la suite, son père est nommé secrétaire général de la mairie de Saint-Pol-sur-Ternoise (62).
Là où son frère et sa sœur poursuivent des études puis des carrières, à l’image du père, dans la fonction publique, Philippe Hourdain se tourne vers le droit puis l’économie. « J’ai d’abord fait l’équivalent d’une licence de droit à Lille puis d’un master 2 en gestion des entreprises à l’IAE de Lille. Ces choix n’ont pas été très bien pris par mes parents… Le fait est qu’au départ, j’avais pour projet de passer les concours de la haute fonction publique et ça leur plaisait bien. »
Mais difficile d’empêcher Philippe Hourdain, pris de passion par le commerce.
Après un passage à Paris, il revient dans la région, à Lille. « J’ai alors trouvé un travail en tant que commercial en assurance puis j’ai atterri chez France Rail en tant que responsable régional Nord-Pas de Calais, Picardie et Normandie avant de devenir directeur commercial d’une agence de communication. »
En 1986, c’est le tournant : « J’entre au cabinet de Jean-Jacques Descamps, secrétaire d’État chargé du Tourisme. J’y suis resté deux ans et j’y ai beaucoup appris. Cela illustre mon ambivalence : à la fois mon goût pour le monde économique privé et la chose publique. Quand j’étais en politique, l’entrepreneuriat me manquait et l’inverse est vrai également », sourit Philippe Hourdain.
Aussi, après deux ans, retour aux affaires en devenant directeur commercial de Techniphoto et dans la foulée adjoint à la mairie de Santes (59). « Toujours cette ambivalence. Mais cette fois, j’y découvre quelque chose : le don aux autres. Je ne serais pas l’homme que je suis aujourd’hui sans cette expérience. »
En 1994, il passe le cap et réalise un rêve, monter sa propre société : HPC. « On est alors à l’ère de la communication de masse. J’ai lié mon savoir-faire en communication puis en imprimerie à Techniphoto. » En 2000, il achète deux autres imprimeries qu’il fusionne. Dans le lot se trouve Addis, spécialisé dans le numérique. La même année il épouse Chrystel qui devient sa partenaire de vie mais aussi de travail et qui aujourd’hui « a repris la partie négoce de HPC avec ma fille. Quand je les vois travailler ensemble, je suis très fier ».
En 2004, il est élu à la chambre de commerce de Lille puis en 2007 il entre au bureau comme trésorier, sur les recommandations de Bruno Bonduelle. En 2010, il est élu président de la CCI Grand Lille puis en 2016 de la CCI Hauts-de-France. « La CCI m’avait toujours intrigué car c’est du public mais qui travaille pour les entreprises et les entrepreneurs. Quelque part c’est le parfait alliage entre mes deux appétences. »
En parallèle, il devient administrateur de la Banque populaire du Nord puis président. « C’est là que j’ai atteint une limite. Je ne voulais pas abandonner HPC mais mes autres jobs impliquaient d’être « public » et d’être bon tout le temps. À la suite d’un problème à HPC, j’ai fait un malaise. Rien de grave mais c’était un signe. C’est là qu’on a décidé avec Chrystel de vendre l’entreprise. »
Il endosse depuis 2024 le rôle de président de la Fédération nationale des banques populaires, est administrateur à la BPCE et président du comité impact et RSE de la BPCE.
Son mandat à la CCI Hauts-de-France devrait prendre fin en 2026. Quel bilan en tire-t-il ? « J’ai toujours cru en l’intérêt général et c’est ce qui m’a guidé. On a fait de bonnes choses je crois car j’ai toujours travaillé en lien avec les élus des territoires et les représentants de l’État. Ma fierté c’est que ça a pris, tout le monde a cru à cette stratégie. J’aimerais impulser un grand mouvement pour les entreprises sur cette fin de mandat. Quant à la suite je ne me suis pas encore décidé. Ce que je sais, c’est que dans le privé ou le public, je souhaite profiter et faire profiter de l’expérience que j’ai acquise et de l’énergie que j’ai encore. »
Églantine Puel

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