
Elle n’était pas faite pour la banlieue parisienne, décrète Émilie Girard, nordiste adoptive depuis près de 20 ans. C’est pourtant en Seine-et-Marne qu’elle a grandi avant d’arriver à Genech, un peu par hasard. Comme la suite de son parcours professionnel, fait de rencontres et d’opportunités, et qui l’amène aujourd’hui à un satisfaisant « équilibre », dixit l’intéressée. Rembobinons.
Le bac en poche, Émilie Girard n’est pas vraiment inspirée pour la suite. En visite au salon du cheval, la cavalière tombe sur une formation en productions animales et sa spécialisation équestre qui la convainc. Elle quitte l’Île-de-France pour la Pévèle et ouvre une nouvelle page de sa vie. Ni originaire de la région, ni fille d’agriculteurs, « ce n’était pas évident au début, se souvient-elle. Il a fallu faire mes preuves et montrer ma motivation. Puis j’ai été accueillie à bras ouverts », nous rassure-t-elle, le Nord étant donc bien à la hauteur de sa réputation.
Après quelques semaines, elle réajuste son parcours et se tourne vers les vaches laitières. Elle lève la main chaque fois que l’occasion de participer à des événements se présente. Salon de l’agriculture à Paris, Terres en fête à Tilloy-lès-Mofflaines, fête du lait à Le Quesnoy, elle sillonne les foires et y prend goût.
Après son BTS genéchois, elle poursuit en agri-cadres à Junia Lille. Gestion de projet, commerce, l’étudiante ajoute plusieurs cordes à son arc. Fraîchement diplômée, elle rejoint les Jeunes agriculteurs (JA) du Nord et démarre un chapitre de sa vie professionnelle qui durera près de neuf ans.
Syndical, événementiel, communication, animation : Émilie Girard est sur tous les fronts mais à nouveau, c’est l’événementiel qui la fait vibrer. À cette époque, les JA se restructurent et ne font plus qu’un avec leurs voisins du Pas-de-Calais. Ils accueillent le congrès national des JA au Kursaal de Dunkerque. Ils créent officiellement Terre en folie. Les projets s’enchaînent sans (forcément) se ressembler.
L’animatrice en retient une « belle école, tant professionnelle que personnelle ». Elle conclut cette expérience par Terre en folie à Fleurbaix, en sortie de confinement, renommée « l’édition de la boue : la plus intense, la plus belle », s’émeut l’organisatrice qui quitte « difficilement » sa « famille JA » mais a besoin de « passer à autre chose. »
« Autre chose », c’est d’abord Réso où elle enfile sa casquette communication et événementielle. Puis l’association du porc des Hauts Pays où elle en superpose une autre avec l’appui aux éleveurs. Elle organise concours de pâtés et de rillettes, intègre des groupes de travail sur la filière, apprécie l’implication des « bénévoles qui dynamisent ces associations ». Et a envie d’encore « autre chose ».
Elle crée donc sa microentreprise le jour de l’an 2024, « Sens-communication, spécialisée en prestation communication et événementiel principalement dans le milieu agricole », définit-elle sans trop de suspens.
Un coup de fil de la FDSEA et la voilà aussitôt lancée sur « un gros challenge : organiser le congrès de la FNSEA » au Kursaal de Dunkerque, tout juste sept ans après celui des JA.
Un autre coup de fil depuis la ferme de l’Ermitage à Beuvry-la-Forêt et elle accompagne le lancement du magasin à l’orée de la forêt de Marchiennes.
Et comme si cela ne suffisait pas, elle se forme au magnétisme avec l’envie de soulager les douleurs et blocages des humains et des animaux. Elle serait presque la première étonnée de voir les résultats… Elle libère les énergies et apaise les maux. « C’est plus parlant sur les douleurs chroniques : un mal de dos qui dure depuis plusieurs jours, un cheval qui boîte », cite-t-elle en avançant quelques exemples de patients sceptiques mais requinqués.
Après Dunkerque, la communicante retrouve Terres en fête pour une nouvelle mission : ainsi s’enchaînent les projets. Elle y croise Rémi et Florine Janssen qui s’apprêtent à ouvrir leur magasin, Au cœur fermier, à Somain, avec des produits locaux et de saison. Elle rejoint l’aventure. Mini-ferme, goûter d’anniversaire, marchés de Noël : elle a plein d’idées dans son sac au vu du « très bel accueil du magasin ».
Aujourd’hui, elle jongle de Beuvry-la-Forêt à Somain, de ses deux magasins à sa microentreprise. La variété des projets et des rencontres lui va bien. « J’ai atteint mon équilibre, pose-t-elle, sereinement. Je vais travailler avec le cœur, je suis avec des gens bienveillants. Pas de stress, que du plaisir ! »
Louise Tesse

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