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15-05-2025

Fibois : Une filière porteuse d’emplois à la recherche de jeunes passionnés

La cinquième édition du salon de la filière forêt-bois se tiendra les 23 et 24 mai prochains au parc d’Olhain. Fibois et le Centre National de la Propriété Forestière, les organisateurs, espèrent attirer des jeunes passionnés vers cette filière encore trop méconnue dans la région.

Si la surface boisée des Hauts-de-France, qui ne dépasse pas les 15 %, est l’une des plus faible du pays, la filière forêt-bois n’en est pas moins développée. Sa richesse, qui englobe la gestion de la forêt jusqu’à la production du matériau bois, comporte une diversité de métiers et de savoir-faire qui n’ont rien à envier à d’autres.

Le travail du bois dans les Hauts-de-France rassemble près de 30 000 salariés si l’on prend en compte toutes les entreprises qui ont un lien avec la forêt ou la fabrication du matériau. « Ça inclut des métiers auxquels on ne pense pas du tout, comme les naturalistes, chargés d’observer la forêt avec un fort enjeu de protection de la biodiversité, ou les techniciens commerciaux dans le bois, qui doivent repérer les arbres à abattre pour les ventes, en collaboration avec les forestiers », explique Oonagh Godfrey, assistante de communication de l’Office national des forêts (ONF) des Hauts-de-France, qui participe à l’organisation de la cinquième édition du salon grand public forêt-bois, à Olhain, les 23 et 24 mai.

Filière courte, locale et pérenne

Car la filière bois, au sens large va du garde-forestier, en charge de sa parcelle, en passant par les bûcherons, jusqu’aux fabricants de matériau bois, papier, combustibles, ainsi que les menuisiers, ébénistes…

Le sud de la région, avec la Picardie, concentre plus d’entreprises de sylviculture et d’exploitations forestières de première transformation, soit le sciage, tranchage, déroulage du bois. A contrario du Nord et du Pas-de-Calais, où l’on retrouve plus d’entreprises et d’exploitations liées à la deuxième transformation, comme les menuisiers, les ébénistes, les papetiers. Les différents acteurs du secteur s’accordent pour dire que cette distribution permet de « développer des filières courtes, locales et pérennes ».

Grâce à ces différentes activités réparties sur le territoire, ce sont 10 000 entreprises qui vivent du bois. Son exploitation permet à la région de disposer d’un matériau de base, utile aussi bien pour se chauffer que pour construire des bâtiments (4 % des habitations sont construites en bois). Bien que réduites, les forêts régionales ont un fort potentiel. Composées en écrasante majorité de feuillus : peuplier, hêtres, chênes, frênes…, la plasticité de ces essences permet une large utilisation, dans des coûts qui restent raisonnables.

Connaître et protéger les forêts

Dans le secteur du bois, les essences spécifiques aux forêts des Hauts-de-France attirent les professionnels du secteur, selon l’ONF et Fibois, l’interprofession de la filière forêt-bois, qui insistent sur la nécessité de les connaître et de les protéger : « Nos forestiers ont, par exemple, pour mission de repérer les arbres qui peuvent servir d’accueil pour des nids, et de les marquer pour signaler leur importance dans l’écosystème », détaille Oonagh Godfrey. Car les forêts sont aussi peuplées d’une faune et d’une flore riche et diversifiée, réunissant espèces de plantes rares et animaux endémiques.

Pourtant, l’État n’est pas le plus grand détenteur de surface boisée dans la région. La majorité des bois et des forêts, soit 76 %, est privée. Ils sont gérés par quelque 122 000 détenteurs, accompagnés par le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) et des professionnels experts, les coopératives forestières et gestionnaires forestiers. Les 24 % de forêts restantes sont domaniales, c’est-à-dire qu’elles sont gérées par l’ONF, organisme aussi en charge des forêts appartenant aux collectivités et aux établissements publics, comme des hôpitaux et des parcs naturels régionaux.

L’ONF, qui gère plusieurs millions d’hectares en France, espère attirer les jeunes vers les métiers du bois et leurs nombreux avantages : « On aimerait rappeler qu’à l’heure du digital, il est aussi possible de trouver des métiers où l’on se rapproche de la nature, et nous avons besoin de jeunes passionnés par le bois et la forêt », conclut Oonagh Godfrey. 


Le témoignage de Fabienne Delabouglise, Déléguée générale de Fibois Hauts-de-France

« Le matériau bois va dans le sens de l’histoire »

En quoi est-ce important pour Fibois de s’impliquer dans le salon de la filière forêt-bois?

Ce salon a lieu tous les deux ans pour que les professionnels du secteur se rencontrent, car ils ne se voient pas forcément alors qu’ils communiquent toute l’année par téléphone. Notre but c’est d’animer le secteur du bois, mettre en lien des architectes, des constructeurs, des acteurs de l’énergie, de maintenir l’identité de la filière et de faire découvrir des sujets sur la filière dont ils sont éloignés le reste de l’année. Par exemple un pépiniériste et un fabricant, qui sont aux deux bouts de la chaîne, ne connaissent pas toujours les défis de l’autre. Il y a aussi un volet où l’on veut faire connaître les métiers aux jeunes, c’est le moment où l’on peut montrer des aspects de ces métiers difficiles d’accès comme la coupe du bois.

Quelles sont vos attentes concernant cette nouvelle édition du salon ?

On a mis en place des choses nouvelles, notamment sur la partie aval de la filière dont on avait un peu moins parlé dans les précédentes éditions, avec par exemple des architectes très qualifiés qui donneront une conférence sur les enjeux de la construction. On attend entre 2 000 et 3 000 personnes. Du côté des scolaires, on espère que ce premier tour de piste saura leur donner une idée précise des métiers de la filière, et de l’autre côté on espère créer des rencontres entre des employeurs et des personnes à la recherche d’emploi.

Quels sont les enjeux pour la filière ?

Le matériau bois va dans le sens de l’histoire. Je pense vraiment que l’adaptation pour la transition écologique se fera via des matériaux biosourcés. On va être amenés à construire de plus en plus avec des matériaux respectueux de l’environnement, dont le bois fait partie. Et on va avoir besoin de gens capables de le travailler.


Que voir au salon de la filière forêt-bois ?

Pour sa cinquième édition, les 23 et 24 mai prochains, au parc d’Olhain (62), le salon de la filière forêt-bois mettra l’accent sur les professionnels du secteur. Avec une large palette de rencontres pour permettre aux professionnels d’échanger, d’ateliers et d’animations tous publics. 70 exposants sont attendus. La première journée sera rythmée par deux sessions de jobs dating (attention, une réservation est nécessaire) organisée avec France Travail. Dans l’après-midi, plusieurs conférences pour les propriétaires de forêts, pour découvrir l’artisanat autour du bois… La journée se terminera avec la remise du prix régional de la construction bois. Le samedi, deux conférences aborderont les techniques sylvicoles. Les deux jours seront animés en continu par des animations et des concours, comme celui de charpentier-menuisier, des championnats de coupe de bois sportive, de débardage à cheval… ainsi que des ateliers pour apprendre à connaître la forêt, à l’entretenir et à la protéger. Vendredi 23 mai de 9h30 à 18 h et samedi 24 mai de 9h30 à 17 h. Entrée gratuite. Plus d’infos sur : www.rdv-foret-bois.fr.

Lire aussi : Emploi : La filière bois en manque de main d’œuvre – Terres et Territoires

Anaëlle Charlier 

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