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Une indemnisation pour les betteraviers

06-08-2020

Actualité

C’est tout frais

Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation Julien Denormandie a annoncé une possible indemnisation des betteraviers victimes de la jaunisse et propose une dérogation pour l’utilisation des néonicotinoïdes pour la campagne 2021.

Les parcelles de betteraves de la région subissent toutes des dégâts liés à la jaunisse. ©DR

La jaunisse de la betterave a envahi toutes les plaines betteravières de France. La cause: la suppression des néonicotinoïdes dans l’enrobage des semences.

Depuis l’arrivée des pucerons vecteurs de la maladie en mai et juin derniers, les acteurs de la filière font pression sur le gouvernement pour accéder à une autre solution que l’utilisation de produits phytosanitaires.

Un plan d’action

Pour soutenir la filière, le ministre de l’Agriculture a réuni aujourd’hui, le 6 août, l’ensemble des acteurs du monde betteravier. À l’issue de cette réunion, Julien Denormandie s’est engagé à :

  • à examiner les pertes de rendement de la campagne 2020 et à verser une indemnisation dans le cas de pertes importantes liées à cette crise de la jaunisse de la betterave dans le cadre du régime d’aide « de minimis ».
  • à proposer une modification législative cet automne pour permettre, dès la campagne 2021 et le cas échéant les deux campagnes suivantes, le recours à l’article 53 du règlement européen, comme le font d’autres pays européens, pour pouvoir prendre au moment des semis une dérogation de 120 jours pour les semences enrobées, dans des conditions strictement encadrées.
  • à renforcer la recherche pour accélérer l’identification d’alternatives véritablement efficaces, tant auprès des instituts de recherche privés comme l’ITB (Institut technique de la betterave), que les instituts de recherche publique comme Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). Ainsi, 5 millions d’euros supplémentaires seront mobilisables dès 2021 dans le cadre du plan de relance.

En contrepartie, le ministère de l’Agriculture souhaite recevoir des engagements des professionnels industriels sur la pérennisation de la filière sucrière en France.

Des conditions

Le ministère de l’Agriculture reste donc prudent. Des conditions strictes d’usage seraient associées à ces dérogations :

  • seule l’utilisation via l’enrobage des semences pourra être envisagée, et celle par pulvérisation demeurera interdite, afin de limiter les risques de dispersion du produit.
  • l’interdiction de planter des cultures attractives de pollinisateurs, suivant celles de betteraves afin de ne pas exposer les insectes pollinisateurs aux résidus éventuels de produits.
  • la définition d’ici fin 2020 d’un plan de protection des pollinisateurs, visant à renforcer leur protection pendant les périodes de floraison.

Julien Denormandie explique : « La filière de la betterave fait face à une crise inédite, dans un contexte où il n’existe pas aujourd’hui d’alternatives pour protéger la betterave des pucerons et de la jaunisse. Au moment où nous nous sommes donnés comme priorité de retrouver notre souveraineté alimentaire, il nous faut trouver un équilibre durable, c’est tout l’enjeu de la transition agro-écologique. Notre plan d’action vise à accélérer la recherche pour trouver rapidement des solutions véritablement efficaces, et en attendant soutenir massivement nos agriculteurs face à ces aléas. J’avais promis aux betteraviers que je ne les laisserais pas tomber. Ce plan va leur permettre de poursuivre leur culture l’an prochain en limitant au maximum l’impact sur les insectes pollinisateurs. »

Pour rappel, « cette maladie peut entraîner des pertes de rendements pouvant atteindre entre 30 et 50%. Cette crise de la jaunisse fragilise l’ensemble du secteur sucrier et crée le risque d’un abandon massif de la betterave en 2021 par les agriculteurs au profit d’autres cultures. Or la France est le premier producteur de sucre européen. Le secteur emploie 46 000 personnes dont 25 000 agriculteurs et 21 sucreries« , rappelle le ministère de l’Agriculture dans un communiqué de presse.

Lucie Debuire

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