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19-05-2020

Ces nuisibles qui détruisent tout

Corbeaux, pigeons et pies mettent les cultures à rude épreuve. Épouvantail, canon effaroucheur, piégeage… rien n’y fait ! Et les restrictions liées au Covid-19 n’aident pas à réguler leurs populations.

Les pigeons ramiers sont, hors période de chasse, considérés comme nuisibles. Comme les corbeaux ou les pies, ils peuvent être de véritables fléaux dans les champs de maïs. © Watier

Véritable fléau, les corvidés, les pies et les pigeons ramiers sont les bêtes noires des agriculteurs au printemps. Ces oiseaux, considérés comme nuisibles, sont capables de décimer les semis, de maïs et de betteraves notamment. C’est le cas chez Sébastien Delva, agriculteur dans le Nord, qui regrette dans une vidéo sur Twitter l’interdiction des répulsifs intégrés aux semences de maïs. « Depuis qu’il n’y a plus d’anticorbeaux, ils arrivent, ils piquent dans le sol et prennent la graine », explique-t-il. La faute à l’absence de répulsif alors ?

Pour Quentin Lecoeuvre, animateur à la fédération de chasse du Nord, pas forcément. « Aucun d’entre eux ne fonctionne réellement. » À la Fédération des chasseurs, des tests sur ces répulsifs sont régulièrement réalisés. Parfois sur les betteraves avec des répulsifs gustatifs pour les lièvres et lapins, parfois contre les sangliers… Dans tous les cas, la solution miracle n’existe pas.

Quelles solutions ?

Alors que faire ? Réaliser comme Sébastien Delva un « aigle » ? Des épouvantails ? Mettre des canons effaroucheur ? Piéger ? Effectuer des tirs de régulations ? « Lorsque la pression est trop importante, l’agriculteur peut se tourner vers la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer, ndlr) afin d’avoir l’autorisation de réaliser des tirs de régulation, explique Quentin Lecoeuvre. L’administration est bien souvent réactive face à ce sujet et donne rapidement sa dérogation à titre de protection des cultures. » Même pendant le confinement, c’était possible.

Papier en poche, faut-il encore trouver la personne équipée et ayant les compétences pour tirer ces types d’oiseaux. « Dans chaque société de chasse, il y a forcément quelqu’un qui a cette compétence, relativise l’animateur de la Fédération de chasse. Ces tirs sont souvent très efficaces. » Cela demande un peu de travail administratif mais une solution curative existe.

Autre solution, préventive cette fois, le piégeage. Cette année, la campagne a été un peu bouleversée avec le confinement. De la mi-mars au 11 mai, le piégeage était ainsi interdit, ce qui a favorisé la propagation de ces oiseaux. « La mesure a été respectée par de nombreux piégeurs, constate Quentin Lecoeuvre. Forcément, les populations de corbeaux ont eu le temps de s’accroître, d’autant que cet oiseau semi-migrateur se reproduit très rapidement. Mais depuis le 11 mai, on sent que les piégeurs reprennent leurs activités : ils commandent du matériel et demandent des renseignements. » Un service qui arrive peut-être un peu tard pour les producteurs de maïs, comme pour Sébastien Delva. Mais peut-être à temps pour les enrubannages prochains, afin d’éviter de devoir refaire l’emballage en raison des dégâts des corbeaux dans les balles.

Lucie Debuire

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