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À la Cense Dillies, la foi en l’oméga

18-06-2020

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Franck et Emmanuelle Dillies, éleveurs laitiers à Genech (59), sont engagés dans la démarche Bleu blanc cœur. Ils sont les seuls, dans la région, à commercialiser leurs yaourts et beurres ainsi labellisés. Plus qu’une marque, la qualité de l’alimentation est, pour eux, une conviction.

La Cense Dillies est engagée dans la démarche Bleu blanc coeur. ©DR

Rue Blonde, en plein cœur de la Pévèle, la cour pavée carrée typique n’a presque pas bougé. Les sublimes charpentes sont restées, comme l’odeur du foin. Les 50 vaches, en revanche, holstein et montbéliardes, ont déménagé pour s’installer dans un bâtiment moderne, à quelques pas de la cour. À la place de l’étable, un laboratoire de transformation a été installé. « J’ai repris la ferme en 1992, pour la troisième génération », confie l’éleveur, Franck Dillies.

De l’endive, des bovins et du porc, il n’a finalement gardé que l’élevage laitier. Rejoint par son épouse, Emmanuelle, et pour monter en production, il a opté pour la transformation de 35 % du lait à la ferme en 2002. Des yaourts, fromages blanc et du beurre vendus dans les crémeries, magasins de producteurs, supermarchés locaux, et surtout à la restauration collective. Ceci, quand elle fonctionne.

« Du jour au lendemain, tout s’est arrêté avec le confinement », décrit le couple qui peut compter aujourd’hui sur la remise «  en route progressive d’une cuisine centrale »… En tout, ce sont près de 30 000 yaourts qui ne sont pas partis de la ferme Dillies. 

Le sens de la Cense

C’est peu dire que la rentrée de septembre est attendue pour retrouver un rythme de croisière. « Nous avons vendu un peu plus de beurre en commerce, mais ça n’a pas suffi à compenser les pertes », relate Franck Dillies. Car le produit chouchou des cantines, c’est ce petit pot nature, sucré ou fruité, récemment médaillé d’argent au Concours général agricole. Et surtout, estampillé Bleu blanc cœur, tout comme le beurre d’ailleurs. Un gage qui n’est pas légion dans la région et qui, pour le couple Dillies, est autant porteur de plus-value que de sens.

La démarche Bleu blanc cœur vise à améliorer la teneur nutritionnelle en oméga 3 des aliments. Franck Dillies est tombé dedans quand il était petit : « Mais je ne le savais pas, sourit-il. On a toujours aimé bien nourrir les vaches pour la transformation. On introduisait déjà du lin dans la ration, parce qu’il y a des oméga 3 dedans. C’est ce qui permet d’obtenir une belle tartinabilité du beurre. » Lorsqu’il découvre le « projet Blue » de Sodiaal, qui permet de valoriser le lait avec les mêmes critères, il saute sur l’occasion. « Car à l’époque, on ne tirait une plus-value que sur notre lait transformé. Alors le fait de valoriser aussi notre lait en Bleu blanc cœur, chez Sodiaal, était l’occasion rêvée. » 

Plus de lin, pas de soja

En 2009, la ferme des Dillies adhère à l’association, paye ses redevances pour bénéficier du logo fleuri et des kits de communication. Le principe est logique : soigner l’alimentation des animaux, en oméga 3 principalement, pour obtenir un produit fini lui aussi. Et riche de ces acides gras insaturés, recommandés pour une bonne santé cardio-vasculaire.

« Même si c’était déjà notre philosophie, on a beaucoup travaillé sur l’alimentation des vaches. L’idée est de donner un maximum d’ingrédients riches en oméga 3 : le lin, le colza… Nous produisons notre fourrage à 98 %. On cultive de la luzerne, et on compte aussi beaucoup sur l’herbe de pâturage et d’ensilage. Pour diminuer les tourteaux, on favorise les fourrages de qualité, fauchés quand la culture est sèche, fanés une à deux fois avant l’andainage. Rien que par le séchage du fourrage au sol, on obtient des protéines tannées naturellement. Tout ça, ce sont des petits détails qu’on améliore peu à peu. On a supprimé le soja, baissé le maïs », traduit Franck Dillies.

« Non seulement ça réduit le risque de maladies pour les humains, mais c’est aussi excellent pour nos bêtes. L’état sanitaire est bien meilleur, l’organisme tourne beaucoup mieux. On le constate avec la baisse des frais vétérinaires et même sur la production laitière !« 

Franck Dillies, éleveur laitier

Et pour les éleveurs, le constat est sans appel : « Non seulement ça réduit le risque de maladies pour les humains, mais c’est aussi excellent pour nos bêtes. L’état sanitaire est bien meilleur, l’organisme tourne beaucoup mieux. On le constate avec la baisse des frais vétérinaires et même sur la production laitière ! »

« Les clients viennent nous chercher »

Au-delà de l’aspect technique, il a fallu attendre 2015 aux éleveurs pour bénéficier pleinement de l’investissement « lorsque la restauration collective est entrée dans la démarche Bleu blanc cœur. On a vraiment commencé à en tirer des bénéfices ». Concrètement depuis, « on n’a jamais eu à démarcher. Les clients viennent nous chercher, confient les Dillies. Ça nous différencie vraiment, c’est une force de négociation. En région, nous sommes les seuls à bénéficier du label pour les produits laitiers, glaces à part. » Prochain objectif, monter en production sur les fromages blancs. Être star des cantines, ça se mérite.

Créer des synergies pour favoriser le développement de l’agroalimentaire

À l’occasion du salon international de l’agriculture (Sia), la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais a signé une convention de partenariat avec l’association Bleu blanc cœur. L’objectif est « d’accroître les synergies entre les acteurs de la filière agroalimentaire et de favoriser la promotion et le développement des producteurs locaux et de la gastronomie régionale. » Les comportements du consommateur évoluent vers plus de sensibilité aux conséquences sociales et environnementales de la consommation alimentaire. Les filières agricoles et agroalimentaires doivent s’adapter, tout en restant compétitives. La chambre d’agriculture souhaite donc encourager ces démarches qui présentent l’agriculture et l’alimentation comme des solutions face aux défis de la transition écologique.

Agathe Villemagne

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