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Les chambres régionales veulent un plan Marshall de l’eau

29-02-2024

Actualité

C’est tout frais

La CCI, la CMA et la chambre d’agriculture ont dressé un bilan plutôt morose de l’activité économique régionale en 2023. Plus que jamais, la transition écologique et l’eau doivent être au cœur des enjeux pour leurs présidents.

Les chambres régionales veulent un plan Marshall de l'eau

Deux enseignements peuvent être tirés de la première étape des rencontres régionales de l’économie qui se sont tenues le lundi 19 février au siège de la CCI à Lille. Premier des deux : l’économie régionale a été atone en 2023 et les perspectives pour 2024 ne sont pas particulièrement réjouissantes. L’ensemble des grands indicateurs économiques (chiffre d’affaires, rentabilité, ventes, trésorerie) font du surplace. 56 % des entreprises n’ont pas investi en 2023, notamment à cause de l’inflation (pour 49 % d’entre elles), alors que les créations d’entreprises stagnent (- 0,6 % en 2023) et les défaillances augmentent (+ 26 % en 2023). Tout cela joue sur le moral des chefs d’entreprise, artisans et agriculteurs, selon les différentes études réalisées (voir l’infographie ci-contre).

Second enseignement : jamais la transition écologique et l’eau n’avaient occupé autant de place dans le discours des présidents des chambres d’agriculture, d’artisanat et de commerce et d’industrie.

« Aujourd’hui, on ne peut pas laisser les entrepreneurs entrer dans ce nouveau monde énergétique et écologique sans les aider », confirme Philippe Hourdain. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie abonde : « L’année 2023 a été marquée par les inondations dans le Pas-de-Calais. Jamais je n’avais vu des chefs d’entreprise autant en souffrance et dans des situations aussi délicates. » Pertes de capital, impacts sur les infrastructures, ruptures de stock, coûts d’assurance élevés… Les conséquences du changement climatique sont d’ores et déjà effectives. Face à ce constat, les trois présidents veulent anticiper pour ne pas subir. Ils souhaitent mobiliser dès aujourd’hui les acteurs de l’économie régionale. Mais le chemin est encore long. Si, chez les agriculteurs, – « les premiers écologistes de France » selon Laurent Degenne, le président de la chambre d’agriculture des Hauts-de-France -, 76 % des sondés estiment que le changement climatique aura un fort impact sur leur activité dans les années à venir, la prise de conscience est moins importante chez les artisans et dans les entreprises régionales. Seuls 42 % des artisans interrogés se disent concernés par la transition écologique. Ils mettent en avant plusieurs freins économiques (incertitudes sur le niveau d’activité, niveaux bas de trésorerie) et structurels (manque de ressources humaines pour les TPE), ce qui fait dire à Laurent Rigaud, président de la chambre des métiers et de l’artisanat, qu’« on pourra parler de transition environnementale quand on aura réglé le problème des entreprises artisanales ».

De même, pour les chefs d’entreprise, l’eau apparaît avant tout comme un enjeu économique. La raréfaction de la ressource est un sujet peu ou pas important pour 77 % sondés. Seuls 8 % d’entre eux ont réalisé des investissements au cours des cinq dernières années pour améliorer leur gestion de la ressource et 3 % prévoient des dépenses en ce sens dans les 12 prochains mois.

Un plan Marshall de l’eau

Les trois chambres ont du boulot et comptent travailler ensemble. Elles veulent un « plan Marshall de l’eau » en région. « Si on ne prend pas la gestion de l’eau à bras-le-corps, on va passer à côté, insiste Laurent Degenne. On va surtout passer à côté de l’enjeu économique et ce n’est pas antiécologique de dire ça. »

Il en donne les grandes lignes pour l’agriculture : plan de recherche sur la résistance des plantes, réflexion sur la réserve utile du sol, récupération et réutilisation de l’eau… Un plan de « modernisation et d’investissements » qui veut rassembler l’ensemble du territoire et des citoyens, une autre paire de manches tant la tâche est ardue. Invité à intervenir lors de ces rencontres, le politologue et chercheur belge François Gemenne confirme « qu’il faut parvenir à incarner ce projet et montrer que c’est un projet dans l’intérêt de tous les acteurs du territoire, ville ou campagne, petite entreprise ou multinationale ». Convaincu que l’échelon territorial est le plus pertinent car proche des citoyens, François Gemenne conclut : « La question écologique apparaît souvent comme des contraintes budgétaire, fiscale, législative… On a souvent une logique de coûts supplémentaires, des normes auxquelles se plier, des renoncements, d’efforts à réaliser. Le vrai enjeu est donc de transformer ce qui nous apparaît aujourd’hui comme une contrainte en un projet. » 

Kévin Saroul

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