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Abattoirs : psychose sur la ligne

20-05-2020

Actualité

C’est tout frais

Deux foyers infectieux de Covid-19 ont été mis en avant dans des abattoirs de Bretagne et du Loiret. Quid des mesures de protection dans ceux du Nord et du Pas-de-Calais ?

Si la filière abattage n’a pas attendu le Covid-19 pour adopter des process d’hygiène conséquents, l’hypothèse de la transmission du virus par les systèmes de refroidissement des bâtiments et par les habitudes sociales des salariés sont deux facteurs difficiles à maîtriser totalement. © DR

Plus de 100 personnes détectées positives au Covid-19 dans deux abattoirs français – 69 à l’abattoir breton Kermené et 54 à Tradival, dans le Loiret, c’est ce qu’ont annoncé les autorités de santé dimanche 17 mai 2020. Alors que d’autres cas de contamination massive ont été rapportés à l’étranger, notamment aux États-Unis et en Allemagne, la presse s’interroge. Les conditions de travail dans les abattoirs sont-elles propices à la propagation du virus ?

Maintenir le flux

« À l’inverse de nombreuses entreprises, nous n’avons jamais fermé », retrace Alain Dupont, éleveur et président de l’abattoir de Valenciennes (59) qui compte une vingtaine de salariés. Un « petit » établissement, à l’inverse des grosses structures allemandes où ont éclaté des centaines de cas ces dernières semaines.

Pour lui, la fermeture des ateliers – comme c’est le cas pour Tradival – doit être évitée. « Cela déstabiliserait toute la filière déjà mise à mal par l’arrêt de la restauration hors domicile. Les marges sont serrées, un éleveur qui ne travaille plus ne va pas durer longtemps… Il faut protéger les salariés, c’est certain. Mais il ne faut surtout pas fermer ! »

L’hygiène dans l’ADN

Alain Dupont reconnaît « la promiscuité des salariés sur certains postes de travail », comme ceux de la mise à mort ou de la découpe. Si les abattoirs du Nord et du Pas-de-Calais ont tous équipé leurs personnels de masques et de visières, certains modes de travail sont difficiles à réaménager. « Le process fait qu’il y a un temps limite de l’abattage à la mise en carcasse, explique Julien Lozinguez, responsable de l’abattoir de Fruges (62). Les opérateurs travaillent à la chaîne. Il est très difficile de les distancer. » 

Cela dit, à l’inverse de nombreux secteurs d’activité, les abattoirs n’ont pas attendu le Covid-19 pour inciter au lavage régulier des mains. « En tant qu’industriel du secteur de l’agroalimentaire, l’hygiène fait partie de notre ADN, affirme Nathalie Coulon, de l’abattoir Pruvost Leroy à Saint-Hilaire-Cottes (62) et Douai (59). Nous nettoyons toutes les surfaces avec des produits à large spectre tant bactéricide que virucide, et sur la chaîne d’abattage, on se lave les mains au moins toutes les cinq minutes. » 

La faute à la clim’ ?

Un facteur de taille reste pointé du doigt : la ventilation et la climatisation utilisées dans les abattoirs. « Les systèmes d’aération font du recyclage, en faisant tourner le même air sans apport d’air extérieur. À partir du moment où il n’y a pas de renouvellement d’air, c’est un facteur aggravant », expliquait lundi à France 3 le médecin généraliste des Côtes d’Armor, Yvon Le Flohic. Mais tous les abattoirs ne sont pas forcément équipés de tels systèmes, surtout les petites structures. C’est le cas à l’abattoir de Fruges, dont l’atelier n’assure pas la découpe des bêtes, et n’est donc pas équipé en système de ventilation frigorifique.

La peur au détour du casier

Les lieux les plus à risque sont « les vestiaires et le réfectoire », poursuit Nathalie Coulon. « Les opérateurs s’y restaurent et enlèvent leur masque. » Et les habitudes sociales ont la peau dure. « Elles reprennent le dessus sans qu’on s’en rende compte ! », opine Julien Lozinguez. Si ses « quelques salariés à risque sont en arrêt », pour les autres l’angoisse est là, ravivée par le bruit médiatique autour du secteur cette semaine. « C’est un milieu de bonshommes, on ne dit pas quand on va mal… Alors je tends l’oreille, assure-t-il. C’est souvent au détour d’une conversation anodine qu’on peut déceler un besoin de parler ».

Lucie De Gusseme

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