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« L’enseignement agricole n’est pas une voie de garage »

06-11-2019

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Depuis la rentrée 2019, Erick Janssens est le nouveau directeur des lycées agricoles de Tilloy-lès-Mofflaines, Saint-Omer et Radinghem. Rencontre.

Erick Janssens. © DR

Erick Jansens est le nouveau directeur du lycée agricole de Tilloy-lès-Mofflaines. Et du lycée de Radinghem. Et de celui de Saint-Omer. Les trois forment l’Éplefpa, établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricole, du Pas-de-Calais. Le don d’ubiquité fait-il partie des prérequis d’un poste de direction ? « Non, mais pour diriger ce type d’établissement, on jongle beaucoup, reconnaît Erick Janssens dans un sourire, et surtout, on s’appuie sur ses adjoints. »

« Des élèves intègrent de grandes écoles »

Le successeur d’Hélène De Bernardi, toujours en train de « prendre ses marques », n’hésite pas à scander son leitmotiv :

« L’enseignement agricole n’est pas une voie de garage, et peut mener très loin. Tous les ans, nous avons des élèves qui intègrent de grandes écoles. Nous nous battons au quotidien pour faire entendre cela. »

Si le nouveau directeur trouve « un peu prématuré » de révéler une ligne de conduite qu’il est en train d’affiner, il en donne toutefois quelques bribes : poursuivre l’application du plan Écophyto, continuer à développer l’approvisionnement local des cantines, développer le rucher-école de l’établissement et l’offre en formation apicole très en vogue en ce moment. Poursuivre également le travail engagé de lutte contre le gaspillage alimentaire, avec notamment la mise en place d’un compostage des déchets en commun avec des établissements voisins.

S’installer ou enseigner

Nordiste échoué dans le Pas-de-Calais, Erick Janssens est souvent titillé sur ses origines depuis la prise de ses fonctions à la rentrée. « C’est la blague qu’on me fait le plus en ce moment », reconnaît-il avec humour. Au départ, rien ne prédestinait le quinquagénaire à prendre le chemin du 62, comme rien ne l’appelait à travailler dans l’enseignement agricole. Originaire de Maubeuge, né dans une famille du milieu ouvrier, le jeune Erick éprouve dès son enfance une attirance particulière pour la nature.

À l’époque, il ambitionne de faire carrière dans l’arboriculture. Après des études à Douai Wagnonville (59) — aujourd’hui le lycée Biotech —, direction Tours où il achève de se spécialiser. « Même si j’avais une appétence pour l’enseignement, je voulais avant tout m’installer et diriger mon exploitation », avoue-t-il. Il noue des contacts autour de Tours pour mener à bien son projet… Mais une situation familiale compliquée l’amène à rentrer dans le Nord, sa région natale. La vie a choisi pour lui : ce sera l’enseignement.

Une carrière dunkerquoise

L’essentiel de sa carrière se déroule au lycée agricole de Dunkerque, où il entre en 1982 comme maître auxiliaire et dont il quitte la direction en 2010, pour prendre la tête de l’Éplefpa des Flandres, fruit de la fusion des lycées agricoles de Lomme et de Dunkerque.

« À la direction de ce genre d’établissement, il faut rester trois ans minimum, et neuf ans maximum, explique-t-il. Souvent ces mutations nous font sillonner la France, car des lycées agricoles il n’y en a pas tant que ça. Par rapport à mes collègues, je suis presque une exception car entre Lomme, Dunkerque, et maintenant Arras, on peut dire que je reste presque dans le même quartier ! »

Pourtant, le changement est bien là : « Les lycées de Dunkerque et Lomme étaient plutôt tournés vers l’horticulture et le paysage. Ici à Tilloy-lès-Mofflaines, c’est plutôt grandes cultures, à Radinghem on est sur de la polyculture-élevage, et à Saint-Omer, on est plutôt tournés vers le maraîchage bio. »

Comment un lycée peut-il se démarquer ? « En aidant à faire progresser l’agriculture. Le but est de faire voir à nos élèves, et notamment à ceux qui sont déjà enfants d’agriculteurs, les différents systèmes. Les jeunes cernent vite les évolutions potentielles. » Des enseignements essentiels, qui serviront toute leur vie aux recrues de Tilloy-lès-Mofflaines, Saint-Omer ou Radinghem. 

À une exception près : « À présent, plus besoin d’enseigner aux élèves à manier les GPS, tablettes et autres outils de l’Agtech : ils les pilotent déjà mieux que nous ! »

Lucie De Gusseme

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Publiée par Terres et Territoires sur Jeudi 31 octobre 2019