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Violences faites aux femmes : la ruralité n’est pas épargnée

23-02-2021

Actualité

C’est tout frais

La délégation aux droits des femmes du Sénat a décidé d’inscrire à son agenda de 2021 un rapport sur la situation des femmes dans les territoires ruraux.

femme violences conjugales © Pixabay
Le confinement a accentué les difficultés. © Pixabay

Bien qu’il soit difficile d’établir des statistiques précises des violences faites aux femmes en milieu rural, nul ne conteste que le phénomène existe et « que les territoires ruraux ne sont pas suffisamment pris en compte ». C’est ce qu’affirme la présidente de la Délégation, la sénatrice Annick Billon (UDI, Vendée).

Le phénomène concerne toutes les catégories socioprofessionnelles mais l’environnement rural constitue une sorte de facteur aggravant, soulignent les différents intervenants. En effet, les victimes sont généralement plus dépendantes de leur conjoint ; sur le plan financier, et sur celui de la mobilité (souvent une seule voiture et peu de service public de transports).

« La moitié des féminicides ont lieu en milieu rural »

Hélène Furnon-Petrescu

Elles connaissent également des difficultés d’accession à la propriété foncière. Et sont pénalisées par un « moindre accès aux services de santé et aux services de justice ». Mais aussi « par l’absence d’anonymat et de solutions d’hébergement », développe Mme Hélène Furnon-Petrescu, cheffe du Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

« La moitié des féminicides ont lieu en milieu rural », précise-t-elle. Selon Nora Husson, responsable du département suivi et exploitation statistiques à la Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF), « l’isolement social et géographique touche 73,3 % des demandes formulées par ce public. »

Spécificité rurale

Reste qu’en milieu rural « la dénonciation des violences est complexe et les femmes sollicitent moins les dispositifs qui peuvent les soutenir dans leur démarche », constate Françoise Brié, directrice générale de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF).

D’ailleurs, les femmes rurales ne représentent que 26 % des appels au numéro d’écoute, le 3919, opérationnel depuis 1992. Il existe une spécificité rurale qui peut notamment « s’illustrer par l’interdiction de prendre la voiture ou le contrôle du kilométrage par le conjoint violent », remarque Hélène Furnon-Petrescu.

3919
Numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences

« Le seul recours dont elles disposent est très souvent le 17 », témoigne le lieutenant-colonel Denis Mottier, adjoint au chef du bureau de la Sécurité publique à la Gendarmerie nationale, qui présente sept propositions (lire encadré). L’officier supérieur souligne également les limites, notamment en termes de temps d’intervention, de certains outils comme le téléphone grand danger (TGD). Celui-ci est mis à la disposition des victimes de violences conjugales pour prévenir les féminicides.

Il souhaite aussi que le phénomène de sénescence soit pris en compte. « C’est un vrai problème dans les campagnes et il existe très souvent un lien entre vieillesse et violence. C’est généralement un appel de détresse du couple », ajoute le gendarme.

Sept propositions pour accompagner les victimes
Lors de son intervention devant la délégation sénatoriale, le lieutenant-colonel Denis Mottier a présenté sept propositions pour accompagner les victimes de violences conjugales en milieu rural, en plus des dispositifs qui existent déjà :
1 – Poursuivre le recrutement des intervenants sociaux en gendarmerie dans les territoires ruraux
2 – Doter tous les départements de Maison de confiance et de protection des familles
3 – Aider à la mobilité des victimes
4 – Développer l’accès aux services numériques notamment les services de téléassistance
5 – Développer l’itinérance d’offre de sécurité par l’accès aux Maisons France service ; par le déploiement de car ou bus d’information et de prévention mais aussi par le recueil des plaintes par les hôpitaux
6 – Densifier le réseau de partenariats entre les forces de sécurité et les associations
7 – Mieux comprendre le territoire en créant des plateformes participatives ; et en mutualisant les statistiques policières et celles de la précarité et de l’emploi.

La peur du qu’en-dira-t-on

« Le moindre anonymat des campagnes pèse sur la libération de la parole » ainsi que « la persistance de réflexes sexistes dans un milieu resté patriarcal », renchérit François Brié. « Le confinement a accentué les difficultés notamment pour les couples vivant encore ensemble », ajoute Nora Husson.

« Rien que dans mon département, on a constaté une augmentation de 16 % des violences faites aux femmes par rapport à 2019 », acquiesce Anne Harel, vice-présidente du Conseil départemental de la Manche. « C’est un phénomène qui gagne aussi les femmes néorurales », indique Betty Fournier, fondatrice et ancienne présidente de l’association Paroles de femmes à Gaillac (Tarn).

Les victimes n’osent pas toujours ouvrir la porte des associations, par la peur du qu’en-dira-t-on. Mais aussi par peur d’éventuelles représailles du conjoint violent. C’est pourquoi certaines d’entre elles forment des bénévoles en mesure de détecter les femmes en détresse ; et afin de leur livrer des conseils pour qu’elles sortent de leur silence.

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