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Savoir Vert : Sandrine Dubus sensibilise les jeunes à l’agriculture

15-02-2024

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Agricultrice à Auchy-lez-Orchies, Sandrine Dubus est membre du Savoir Vert. Elle accueille des élèves sur son exploitation pour leur faire découvrir son univers et tenter de changer le regard du public sur l’agriculture.

Depuis 2000, Sandrine Dubus, agricultrice et membre du Savoir Vert, accueille régulièrement des classes sur son exploitation. © H. G.

Sandrine Dubus est à la tête de la ferme des Beaux Mecs, avec son époux, Bertrand, une exploitation en polyculture élevage laitier située à Auchy-lez-Orchies (59), à mi-chemin entre Lille et Valenciennes. Un endroit que nombre d’écoliers du département du Nord connaissent puisque, depuis 2000, le couple y accueille très régulièrement des classes.

C’est lorsque le couple a repris l’exploitation des parents de Bertrand, il y a 26 ans, que Sandrine décide d’adhérer au Savoir Vert.

Un moyen de diversifier l’activité

Le principe : accueillir des classes pour sensibiliser les enfants à l’agriculture tout en collant à leur programme scolaire. « C’était pour moi un moyen de diversifier l’activité de l’exploitation sans que cela nécessite un énorme investissement de départ, mais aussi de trouver ma place dans la ferme », explique Sandrine Dubus, qui, avant de s’installer avec son mari, exerçait l’activité de comptable. « Et j’aimais bien le contact avec les enfants », explique cette maman de quatre (grands) garçons – d’où le nom de la ferme – qui voyait par la même occasion une solution pour concilier activité professionnelle et vie personnelle.

Comme tous les membres du Savoir Vert, Sandrine Dubus a suivi une formation afin de pouvoir accueillir des classes sur son exploitation. Celle-ci se déroule sur 10 jours et évoque différents thèmes : psychologie de l’enfant, méthodes pédagogiques, création d’outils pédagogiques adaptés à la ferme, hygiène et sécurité, suivi de visites du Savoir Vert ou encore fonctionnement de l’association.

« On ne peut pas faire n’importe quoi, les visites sont préparées avec les enseignants, adaptées aux âges des enfants et à leurs programmes scolaires », insiste Sandrine Dubus. Aujourd’hui bien rodée à l’accueil des scolaires, il lui arrive de participer à des sessions de formation et de parrainer des nouveaux adhérents : « Ils viennent sur l’exploitation et font la visite avec moi pour se rendre compte et être plus à l’aise. »

Lorsqu’elle reçoit des élèves, Sandrine Dubus leur fait faire le tour du propriétaire : « Évidemment, il y a les animaux, c’est ce qui attire le plus. Sur la ferme, nous avons des bovins, des ovins, des caprins, une basse-cour, mais aussi des poneys et des ânes ». Puis, l’agricultrice prend un moment pour expliquer à ses jeunes hôtes son métier et l’origine des produits alimentaires. Elle organise également des ateliers de fabrication de pain ou de beurre, de cueillette d’épi de blé, en fonction des saisons et de l’âge des élèves.

En plus du temps de visite, il faut également compter le temps de la préparation, de réservation, de nettoyage ainsi que le temps associatif. Adhérer au Savoir Vert exige donc un réel investissement, « cela demande d’être bien organisée », reconnaît Sandrine Dubus. En plus des travaux agricoles de la ferme et de l’accueil des scolaires, la jeune quinquagénaire s’investit également dans le bureau du Savoir Vert puisqu’elle en est la trésorière, « mais j’adore. Les chiffres, c’est mon truc, quand je fais les comptes de l’asso, c’est un peu comme si c’était les vacances pour moi », sourit-elle ! Quand on aime, on ne compte pas, comme dit l’expression !

Une activité qui prend du temps mais dans laquelle l’Alcyaquoise – nom des habitants d’Auchy-lez-Orchies – s’épanouit totalement. « Ça casse la routine, ça nous ouvre au monde, indique-t-elle. J’ai découvert le monde du handicap, mais aussi la détresse sociale. Certains enfants que nous avons accueillis venaient à la ferme pour la première fois, d’autres n’avaient jamais vu de vaches en vrai… Mais c’est un bonheur de les voir repartir le sourire aux lèvres. C’est un moment où on laisse le téléphone portable dans sa poche, où on se reconnecte à la nature… Si certains font la grimace en arrivant parce que ça sent le fumier, enfants, professeurs et parents quittent l’exploitation avec de bons souvenirs. Et moi, je suis parfois un peu émue de voir repartir les bus ! La dernière fois, une étudiante en 4e année de véto est venue chez moi, elle se souvenait d’avoir visité la ferme avec sa classe des années auparavant. Ça fait plaisir ! » Sandrine Dubus espère aussi que par son action, elle participe à changer l’image de l’agriculture et à faire connaître les réalités de son métier.

C’est d’ailleurs avec cette même envie qu’elle participe au Salon international de l’agriculture. L’agricultrice sera sur le stand du Département du Nord (Hall 1, allée L, stand 105) pour y proposer des activités aux plus (ou moins) jeunes. Un rendez-vous qu’elle n’a pratiquement jamais raté depuis 20 ans : « Ça nous fait sortir de notre ferme et on y fait toujours de belles rencontres ! » 

Le SIA et Sandrine Dubus

Ses participations : J’ai fait au moins 20 éditions avec le Département. J’y allais aussi lorsque j’étais plus jeune avec mes parents.

Ses attentes : Aller à la rencontre des Parisiens ! On retrouve aussi parfois des gens de notre région. C’est toujours un moment agréable pour échanger.

Son message : Pour moi, l’objectif est de donner une belle image de l’agriculture du Nord, une agriculture diversifiée, nourricière et moderne. Les gens ont parfois encore beaucoup d’a priori sur la profession même si je trouve que ces derniers temps, ça commence à changer.

Son meilleur souvenir : Difficile d’en citer un en particulier… Je dirais les rencontres avec des gens qu’on n’aurait jamais vus ailleurs, comme les politiques, j’ai vu aussi des Miss France, Camille Cerf par exemple, qui avait été très sympa. Le SIA est toujours un moment convivial et bienveillant.

Le Savoir Vert, késako ?

Le Savoir Vert est une association fondée en 1992 par la FRSEA 59 / 62 avec pour objectif d’ouvrir les fermes aux écoles. Tous les niveaux scolaires, de la maternelle aux lycées, peuvent être accueillis à la journée ou à la demi-journée. Agréé par l’Éducation nationale, le Savoir Vert peut compter sur le soutien historique de la Région Hauts-de-France, du Département du Nord et d’autres partenaires (Département du Pas-de-Calais, collectivités territoriales, etc.). L’association compte 106 fermes pédagogiques soit 147 agricultrices et agriculteurs. Les visites sont préparées en lien avec l’agriculteur et l’enseignant et se font toujours sur des thèmes en rapport avec les programmes scolaires. Plus d’infos sur www.savoirvert.fr.

Hélène Graffeuille

Retrouvez également notre dossier concernant toute l’actualité du salon de l’agriculture.

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