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La miss qui vendait des paillettes

10-12-2019

Actualité

Bien dans ses bottes

Technico-commerciale en génétique bovine, Lisa Bernard participe aux sélections pour l’élection sur les réseaux sociaux de Miss France agricole 2019. Portrait d’une jeune femme pas (encore) miss, mais qui ne manque pas… de paillettes !

« Après une miss France du Nord-Pas de Calais deux années de suite, pourquoi pas une miss France Agricole nordiste ? » C’est ainsi que Lisa Bernard, jeune avesnoise de 21 ans originaire de Jeumont (59) a annoncé le 24 novembre sur sa page Facebook sa participation à l’élection de Miss et Mister France Agricole 2020. Les deux photos de sa candidature – la première en combinaison de travail, l’autre en débardeur et lunettes de soleil dans une pâture avec des holstein – ont été choisies avec l’aide de ses anciens patrons, éleveurs au Gaec Notre-Dame de Walcourt au cœur de Lez-Fontaine (59), dans l’Avesnois. « C’est mon ancienne patronne qui m’a pro- posé de participer. Sinon je ne me serais sans doute pas lancée ! »

La course aux likes

Le compte à rebours est désormais lancé. D’ici le 13 décembre, les vingt candidats et candidates qui auront le plus de « likes » seront sélectionnés par le jury. Rendez-vous pour la délibération le 14 décembre, clin d’œil au concours Miss France qui a lieu le même jour.

Lisa prend part, un peu malgré elle, à cette course aux « likes », devenue un peu obsessionnelle. « Jusqu’ici j’étais première… mais je me suis fait battre vendredi soir (le 29 novembre, ndlr) ! » Quel que soit le résultat, sa motivation est claire : « Je veux motiver tous les jeunes qui ne sont pas issus du milieu à réaliser leur rêve. Tout est possible même quand on n’est pas fille ou fils d’agriculteurs. Et représenter fièrement toutes les femmes agricultrices de France. »

Hors cadre

Sous ses longs cheveux blonds qu’elle repousse fréquemment de ses ongles rose pâle assortis à son pull, Lisa Bernard n’est pas une fille du milieu. « On me demande toujours comment je fais pour travailler avec des ongles pareils ! », rit-elle d’un ton léger.

D’une mère infirmière en bloc opératoire et d’un père conducteur de camion toupie, elle se passionne pour les animaux depuis sa plus tendre enfance avec un favori au départ : le cheval. « Je suis fana d’équitation, s’enthousiasme-t-elle. Au départ, je voulais faire un bac CGEA équin. » Mais au bout d’un mois, elle change de filière et se redirige vers les vaches. « Je ne me retrouvais pas dans la mentalité compétitrice du milieu du cheval. Sans compter les débouchés, pas faciles à trouver. »

À la recherche d’un apprentissage

Mais un apprentissage dans les vaches n’est pas évident. Par relation, elle trouve une place dans une petite ferme de 50 vaches laitières en Belgique. Tout se passe « super » bien. Elle décroche son bac pro conduite et gestion de l’exploitation agricole en 2017. Direction le BTS Acse (Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole), en alternance.

Elle a un peu galéré pour trouver trouver son entreprise : « J’ai fait le tour de pas mal d’exploitations. Il y avait beaucoup de déçus de l’apprentissage. Et puis, je n’avais que deux ans d’expérience, ça n’était pas énorme… » Elle entend parler du Gaec Notre-Dame de Walcourt, à Lez- Fontaine. 140 vaches laitières et une cinquantaine de mères charolaises. Là-bas, elle se sent comme un poisson dans l’eau, même si le rythme est intense.

« Je veux motiver tous les jeunes qui ne sont pas issus du milieu à réaliser leur rêve. Tout est possible, même quand on n’est pas fille ou fils d’agriculteurs. Et représenter fièrement toutes les femmes agricultrices de France. »

Lisa Bernard, candidate à Miss France Agricole

« Le premier mois, je l’ai eu dure. Je suis petite et la salle de traite en 2 x 12 est plutôt haute. Et puis, à mon arrivée il n’y avait pas encore de racleur automatique. » Mais elle tient le coup, grâce à ses patrons « motivants ». « L’avantage de ne pas être du milieu agricole, c’est qu’on est malléable. On n’est pas déjà bloqué sur une seule façon de faire. »

Amour vache

Elle obtient son BTS en juin dernier. Son contrat au Gaec de Lez-Fontaine court jusqu’à fin août. Elle est prolongée jusqu’à la fin septembre pour former sa suite, puis enchaîne sur un poste de technico-commerciale pour la société Bovec dès le 1er octobre. Elle qui n’inséminait pas durant son apprentissage – « je suis trop petite ! », s’amuse-t-elle – doit désormais fournir les élevages en paillettes de semences holstein dans tout le département du Nord.

Ce qui ne l’empêche pas de continuer à passer au Gaec Notre-Dame de Walcourt une à deux fois par semaine pour voir ses anciens patrons et les animaux. « C’est sur les vaches que mon cœur a jeté son dévolu », déclarait-elle dans sa description de candidate au titre de miss. On veut bien la croire. Si elle est élue à l’issue de la délibération du jury, et on le lui souhaite, les paillettes, cette fois, seront dans ses yeux.

Lucie De Gusseme

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