
Lors du congrès de la FC2A, Gérald Bronner, sociologue et professeur à l’université Paris-Diderot a expliqué comment sommes-nous arrivés à l’agribashing. « L’image de l’agriculture a été modifiée plusieurs fois. Si ce n’est pas inhérent à ce secteur d’activité, puisque tous les secteurs d’activité sont décriés, cela peut être dû à l’évolution de la société et à l’image qu’elle a du futur. »
En 2000, pour la première fois, une étude sociétale fait ressortir une défiance envers l’avenir. « On ne parle plus de progrès mais d’innovation. Or, avec ce terme on ne parle ni d’évolution, ni du bien grâce aux technologies. On imagine un futur pessimiste. »
Avec la démocratisation du principe de précaution, la société commence à imaginer le pire. Le thème de l’empoisonnement s’immisce peu à peu, pas uniquement de l’agriculture. « On en est arrivé à ce que certaines personnes pensent que respirer de l’air de la ville est plus nocif que de fumer, illustre le sociologue. Petit à petit, les médecins ont été supplantés par des personnes qui ont tenté de répondre à des problématiques que la science ne peut pas encore résoudre. »
En parallèle, le capital de disponibilité mentale a été multiplié par huit pendant le XXe siècle. Laissant à la société le temps de s’informer et de donner son point de vue sur de nombreux sujets. « Les réseaux sociaux et internet l’ont bien compris et ont remarqué que les informations qui provoquent de la colère ou de la peur sont davantage relayées, c’est naturel pour notre cerveau, reconnaît Gérald Bronner. Les fausses nouvelles ou cette manière d’éditorialiser les informations sont plus virales que les bonnes nouvelles. »
C’est ainsi que naissent les théories du complot. « Par ces théories, la société arrive à comprendre et analyser ce que la science ou la nature humaine n’arrive pas à expliquer, ajoute le sociologue. C’est là qu’il faut intervenir et ne pas laisser les fausses idées occuper la place médiatique. Face à ce problème de transparence, ces personnes ont besoin de réassurance et c’est là que les agriculteurs ont à rôle à jouer en expliquant leur métier. » Il est donc primordial de prendre une place dans l’espace numérique et de protéger ceux qui hésitent ou qui cherchent à forger leurs propres idées. « Le pire étant de se laisser convaincre par des radicaux que ce que l’on fait n’est pas bien. »
Lucie Debuire

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