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L’aide à la personne, métier d’avenir

29-06-2023

Actualité

#Tracetonsillon

Ils représentent bien souvent plus de la moitié de l’effectif des lycées agricoles, et la quasi-totalité du quota de femmes dans ces établissements : les bacs pros « aide à la personne ». À Radinghem (62), le succès est tel que le lycée va se doter à la rentrée 2023 d’un BTS SP3S.

Quelques résidents de l’Ehpad de Fruges ont pu se rendre pendant deux jours au lycée de Radinghem. © E. P.

Quand on pense lycée agricole, on ne pense pas « aide à la personne ». Pourtant, dans certains établissements, les étudiants en bac pro du domaine représentent la moitié des effectifs et surtout, c’est grâce à ces formations que le quota de femmes est atteint. Méconnus, ces diplômes conduisent pourtant vers des métiers d’avenir, spécialement dans le monde rural où le maintien des personnes à domicile est un combat.

Une formation, des débouchés

Sur l’antenne du campus agro-environnemental du Pas-de-Calais à Radinghem, 85 élèves suivent le bac pro SAPAT (service aux personnes et animation du territoire). Sur ces 85 étudiants, à peine 4 % sont des garçons. Explications sur cette formation et ses débouchés avec Adeline Obert, enseignant l’économie sociale et familiale depuis 9 ans.

« Un des avantages de ce bac est qu’il permet ensuite d’accéder à beaucoup de formations. Il forme aussi bien au sanitaire qu’au social », explique Adeline Obert.

Première option : entreprendre une formation courte de quelques mois pour devenir « assistant de vie aux familles ou bien ASH (agent de service hospitalier) ». Seconde option : suivre un BTS. « Il en existe plusieurs : ESF (économie sociale et familiale), DATR (développement et animation des territoires), ou encore SP3S (service et prestation de sanitaire et social). Ce dernier va d’ailleurs être proposé à la rentrée de septembre 2023 dans notre établissement ».

Des savoirs pratico-pratiques et utiles

Et avec ça, les étudiantes deviennent éducatrices spécialisées, monitrices éducatrices, assistantes de service social, aides à domicile, assistantes maternelles… « D’ailleurs, en début d’année, 3/4 de mes élèves veulent travailler avec les enfants et à la fin de la seconde ils ne sont plus qu’un quart. Les autres veulent travailler avec les personnes âgées, les adolescents, les personnes handicapées. Cette diversité est permise par notre formation qui les confronte à tous les publics dès la seconde. »

Tout au long de leur scolarité, les élèves suivent des stages et, parfois, les publics viennent à eux. « Nous avons par exemple un partenariat avec l’Ehpad de Fruges et certains résidents ont pu venir deux jours au lycée ! On avait aménagé une partie du dortoir pour eux, ils ont mangé au réfectoire… Les élèves ont dû mettre en application ce qu’ils avaient appris en cours et animer des ateliers. Notre but est qu’après cette formation, ils aient une vraie vision professionnelle du secteur. »

Concrètement, les élèves apprennent les soins à la personne, comment cuisiner des repas adaptés aux besoins d’un public spécifique, à organiser des ateliers socioculturels ou encore le fonctionnement des institutions… Bref, des savoirs pratico-pratiques et utiles pour leurs futurs métiers.

L’écoute comme mantra

« Pour se lancer dans cette formation, je pense qu’il faut déjà avoir une certaine fibre sociale : avoir un sens de l’écoute, de l’empathie mais aussi être rigoureux, sérieux… » Il faut aussi avoir conscience des enjeux de son territoire. Dans le cas de Radinghem, « la majorité des élèves viennent du monde rural et connaissent donc les problématiques liées. En revanche, en plus des matières générales et des cours en lien avec l’aide à la personne, comme pour toutes les formations données dans les lycées agricoles, les étudiantes suivent des cours d’éducation socioculturelle pour leur apporter d’autres points de vue, une certaine ouverture sur le monde. Si bien que nos élèves peuvent travailler en milieu rural et en milieu urbain. » Résultat : une insertion professionnelle rapide. « Il y a du boulot ! Et il y en aura de plus en plus je pense car l’enjeu, notamment en milieu rural, du maintien à domicile est très important. »

C’est le cas de Mélitine Mille, 25 ans, qui a obtenu son Bac SAPAT en 2015. « J’ai ensuite fait un BTS SP3S (s’il avait été à Radinghem je serais restée !). Il faut savoir que je voulais travailler avec les enfants au départ. Finalement, après mon Bac, j’ai bien aimé travailler avec les personnes âgées et, une fois le BTS en poche, j’ai d’abord été aide à domicile. Maintenant, je suis agent administratif à l’hôpital Calot à Berck-sur-Mer depuis quatre ans. »

Pour elle, ce Bac pro a été « un vrai avantage pendant le BTS, car je savais déjà pas mal de choses notamment du côté du fonctionnement des structures. Et encore aujourd’hui dans mon travail, ce Bac me sert. Avoir été confrontée à tous les publics tôt, me rend très à l’aise pour communiquer avec ces publics justement. Je ne regrette pas d’avoir fait ça et je recommande ce Bac à tous ceux qui veulent travailler dans ce secteur ! » 

Eglantine Puel

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