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« On est là pour l’exploitant et sa famille »

10-09-2020

Actualité

Société

Dans l’Avesnois, un réseau de dix sentinelles a été constitué. Leur mission : détecter les crises suicidaires et orienter les personnes en difficulté. Jean-Luc Gérard, agriculteur à Solre-le-Château, est l’une de ces sentinelles. Il répond à nos questions.

Jean-Luc Gérard sentinelle prévention suicide © DR
Jean-Luc Gérard, agriculteur à Solre-le-Château et président de canton à la FDSEA 59. © DR

Ils sont dix dans l’Avesnois. Dix agriculteurs « sentinelles » formés par la MSA Nord-Pas de Calais en 2019 pour détecter les crises suicidaires en milieu rural. Ces dix personnes constituent à présent un réseau solide dont la mise en place a été officialisée mardi 8 septembre 2020 à Avesnes-sur-Helpe (59), par la signature de la charte d’engagement des sentinelles. Jean-Luc Gérard, l’une de ces sentinelles bénévoles, nous explique son rôle.

Comment êtes-vous devenu sentinelle ?

Jean-Luc Gérard : Il y a deux ans, ce un réseau a commencé à se mettre en place avec le sous-préfet d’Avesnes-sur-Helpe. Quelqu’un nous avait signalé un cas compliqué, et je suis parti chez cette personne, ce couple, que je ne connaissais pas. « On n’espère plus rien, on ne voit plus personne », m’ont-ils dit. Et au fil de la discussion, ils ont pris conscience qu’on pouvait faire quelque chose. Ça m’a donné envie de prendre en charge ces questions. C’est aussi mon vécu personnel qui m’a fait devenir sentinelle. Je me dis que j’ai une certaine chance, alors pourquoi ne pas aider ceux qui en ont moins.

Comment définissez-vous votre rôle?

Mon rôle est de détecter, puis d’orienter. On n’est pas là pour sauver l’exploitation, on est là pour l’exploitant, son épouse et sa famille. Il est essentiel d’instaurer une confiance avec les personnes que l’on rencontre. Aujourd’hui, je suis huit agriculteurs. Certains ont des problèmes financiers, d’autres familiaux, il n’y a pas une situation identique. Parfois il y a même des exploitations qui tournent bien mais une année de difficulté peut entraîner un déclic.

Jean-Luc Gérard, lors de la signature de la charte d'engagement, mardi 8 septembre à Avesnes-sur-Helpe. © DR
Jean-Luc Gérard signe la charte d’engagement des sentinelles avec la MSA, mardi 8 septembre 2020 à Avesnes-sur-Helpe. © DR

Comment les personnes en difficulté entrent-elles en contact avec vous ?

Pour l’instant, c’est beaucoup de bouche-à-oreille. Je donne mon numéro à quelqu’un, qui le donne à quelqu’un… et cela fait un effet boule de neige. Un jour, après une diffusion du film Au nom de la terre à laquelle j’assistais, j’ai retrouvé deux post-it avec des noms d’agriculteurs qui n’allaient pas bien. C’était une institutrice, je l’ai su après, qui me les avait glissés dans ma boîte aux lettres. Un autre jour, c’est un inséminateur qui m’a fait part de ses observations.

Comment faites-vous ensuite pour accompagner ces personnes ?

Lorsqu’on découvre le problème, on oriente ensuite la personne vers les services adéquats, notamment la MSA, mais cela peut aussi être le Service de remplacement si besoin. Il s’agit de trouver des solutions avec la personne. On ne peut pas faire ça tout seul. On est là pour rassurer, aussi. Dire : « La MSA n’est pas là que pour les cotisations, mais aussi pour vous accompagner ». Mais il faut que l’agriculteur concerné soit en capacité de vouloir. Certains veulent bien nous parler, nous écouter, mais ne veulent pas aller voir les instances compétentes. C’est toute la difficulté.

Comment vivez-vous cela, personnellement ?

C’est chronophage, car j’ai moi aussi un boulot à côté. Parfois on se pose des questions, heureusement j’ai eu une formation avec un psychologue, et ma femme est là pour m’épauler.

Pour contacter la cellule de prévention des situations de fragilités de la MSA Nord-Pas de Calais : 03 21 24 72 68 ou par mail à cellulefragilites.blf@msa59-62.msa.fr

Propos recueillis par Laura Béheulière

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