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« Une façon de se reconnecter à la terre »

07-11-2019

Diapos photo

C’est tout frais

Les citadins veulent se reconnecter à la terre. Et ils mettent les mains dedans, comme ici à la ferme du Trichon, coincée entre la rue de Soubise et la rue Mischkind à Roubaix (59), dans le Nord. Ce reportage photo s’inscrit dans le cadre de notre grand format sur l’agriculture urbaine, « Ça pousse dans les villes ».

Haricots verts, pommes de terre, poireaux… au cœur de l’une des villes les plus denses des Hauts-de-France, sur une ancienne friche industrielle, quelques légumes poussent malgré le manque d’eau de cet été 2019 et une terre très sèche. Nous sommes dans la ferme urbaine circulaire du Trichon, à Roubaix (59), que nous avons visitée en plein été. Pour l’instant, il s’agit surtout de jardins partagés. Mais l’ambition est bien plus grande. Selon Pierre Wolf, coordonnateur de ce projet qui rassemble de nombreux acteurs, l’agriculture urbaine est, entre autres, « une nouvelle façon d’aménager la ville » mais aussi une « façon de se reconnecter à la terre et au travail des agriculteurs ».

Lire aussi notre interview de Anne-Cécile Daniel, cofondatrice de l’Afaup, association française d’agriculture urbaine professionnelle : « En ville, on ne va pas pouvoir tout produire ».

L’histoire de la ferme du Trichon commence en 2015 : la coopérative-restaurant Baraka obtient l’autorisation de la ville de Roubaix pour installer une terrasse et un jardin potager sur une partie de la friche située en face de ses locaux. © DR
À l’abri des arbres et entourées de plantations, des tables et des chaises s’installent sur un terrain de 3 000 m2. Derrière, des bacs de culture poussent sur cette terre qui fut laissée à l’abandon ou squattée. © DR
Le collectif des paysans urbains du Trichon voit le jour. Il compte une quarantaine d’adhérents qui se rencontrent autour du maraîchage et du compostage mais organisent aussi des jeux et des petites fêtes de quartier. © DR
Pierre de Sariac est considéré comme le « sachant » de ces lieux. Après avoir étudié la biologie et s’être intéressé aux prémices de l’agriculture biologique, il devient apiculteur professionnel. Aujourd’hui, il conseille les Roubaisiens jardiniers sur leurs plantations. © DR
« Au début, il y avait des tomates et des cucurbitacées, raconte Pierre dans son polo rose, penché sur la terre asséchée. Petit à petit on s’est structurés et aujourd’hui on a aussi des haricots, des asperges, des pommes de terre, des salades. Notre ambition est de servir de modèle pour que cela soit reproductible sur des surfaces plus importantes. » © DR
Une « biobox » permet de récupérer le compost des habitants du quartier pour alimenter les bacs de culture. © DR
Derrière le petit bout de territoire reconquis, la friche s’étend encore. Le projet est d’y installer des serres, d’y faire pousser du houblon, des plantes aromatiques, des champignons… 6 000 m2 s’offrent encore aux agriculteurs urbains. © DR
Seulement voilà, les sols sont pollués, et des études scientifiques en cours, avant une éventuelle dépollution et la possibilité de « reconstituer des sols vivants ». © DR
En attendant, Pierre Wolf, coordonnateur du projet, évoque ce qu’il imagine : « Les légumes seront cultivés par deux maraîchers et récoltés par les habitants. Avec ça, on nourrit 200 personnes, on ne nourrit pas Roubaix. » Pour lui, l’agriculture urbaine « ne nous empêche pas de créer des liens avec des agriculteurs qui veulent se reconnecter à des circuits courts. On ne va pas faire un jardin dans notre coin. C’est la campagne qui nourrira la ville ». © DR
À côté des cultures, les différents acteurs qui gravitent autour du projet imaginent aussi des habitats « partagés et légers ». Et dans ce bâtiment de briques aujourd’hui abandonné, pourquoi ne pas implanter une microbrasserie ou une cuisine partagée ? © DR
En novembre 2018, les porteurs du projet et les pouvoirs publics ont signé la charte de coconstruction FFUNC (Friche ferme urbaine de Nollet-Crouy, du nom de la friche).
De quoi donner l’espoir aux habitants et maraîchers de ce secteur de Roubaix de voir un jour leurs rêves se réaliser. © DR

Laura Béheulière

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