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Une campagne betteravière courte qui joue sur les prix

19-11-2020

Actualité

C’est tout frais

Avec des rendements en baisse, les sucreries vont devoir interrompre plus tôt leur production. Une campagne courte qui n’est pas sans conséquence pour les planteurs de betteraves.

La campagne betteravière sera raccourcie cette année. © DR

À quelques semaines de recevoir le premier acompte des betteraves, les arrachages se terminent doucement dans le Nord et le Pas-de-Calais. Annoncés début octobre par le groupe sucrier Tereos, les prix des betteraves payés aux producteurs ont évolué pour atteindre 24,5 €/t.

Un effort qui n’est pas suffisant pour  Guillaume Wullens, vice-président de la CGB (confédération générale des planteurs de betteraves) du Nord-Pas de Calais. « Il ne faut pas oublier que dans ce prix annoncé, il y a 1,5 €/t qui représente les intérêts aux parts sociales, précise-t-il. La fiscalité est différente pour ce type de rémunération. D’autant plus que ce montant varie selon le bon fonctionnement de la coopérative.« 

Une répartition qui évolue

Outre la variation et la fiscalité de cette somme, Guillaume Wullens s’attarde sur la répartition de la valeur du sucre. « Actuellement 39 % revient à l’agriculteur et 61 % à l’industriel, détaille-t-il. Alors qu’avant la fin des quotas, la répartition était de 56 % à l’industriel et 44 % à l’agriculteur. »

Même remarque pour les pulpes. Avant 2017, 2€/t pouvaient être ajoutés si le betteravier ne les utilisait pas. Ce qui n’est plus le cas maintenant, car ce prix est déjà intégré.

Conséquences à long terme

Outre ces aspects, Guillaume Wullens s’inquiète des conséquences de la jaunisse. Certes les rendements sont en baisse, mais la campagne sera raccourcie faute de matière à transformer. « Nous perdons à coup sûr l’effet longue campagne qui aurait pu rentrer dans le prix de la betterave, explique-t-il. Cet effet peut s’élever jusqu’à 2€/t. « 

À plus long terme, ces baisses de rendements risquent d’impacter économiquement le groupe sucrier Tereos. Cela ne se fera pas sans conséquences sur les prix de betteraves pour les prochaines campagnes. Certains agriculteurs réfléchissent déjà à abandonner la culture de la betterave, faute de rémunération suffisante.

Mais le vice-président de la CGB, appelle à au collectif. « Il est important que les campagnes soient longues afin de profiter d’unités de productions fonctionnelles et compétitif. » Et de rappeler qu’en 2017, la CGB avait fixé un prix minimum rentable pour les betteraviers de 25,60 €/t hors intérêts aux parts sociales et primes.

Lucie Debuire

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