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Amphibiens : Un barrage pour leur sauver la vie

19-01-2023

Actualité

Environnement

Le Conservatoire d’espaces naturels organise, samedi 28 janvier, un chantier baptisé “Sauvons les garnoulles !” L’objectif est d’installer un barrage pour éviter à des centaines d’amphibiens de finir écrasés sur la route. L’opération nécessite l’aide de bénévoles ! Avis aux amateurs…

Chaque année, des dizaines de bénévoles participent à l’installation d’un barrage temporaire qui permet de sauver des centaines d’amphibiens. © CEN Hauts-de-France

Chaque année, c’est le même cérémonial à Ligny-sur-Canche (62), au sud de Saint-Pol-sur-Ternoise, après avoir passé l’hiver dans les bois, des centaines d’amphibiens rejoignent le site de l’étang de Waligny, lieu de reproduction pour ces animaux. Le problème, ces deux zones sont séparées par une route départementale, la RD 941, extrêmement fréquentée par les véhicules. Les amphibiens risquaient donc leur vie et nombreux mourraient écrasés par les roues des voitures avant même d’avoir pu rencontrer le grand amour…

Pour préserver grenouilles, crapauds et autres tritons, le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) des Hauts-de-France a mis en place, en 2008, une opération baptisée “Sauvons les garnoulles !”.

Ce chantier s’inscrit dans le cadre de l’opération nationale Fréquence Grenouille qui débute chaque année le 1er mars. “Mais nous nous adaptons au contexte, depuis plusieurs années nous remarquons que la migration des grenouilles et autres amphibiens a lieu de plus en plus tôt, peut-être à cause du réchauffement climatique ? Donc pour cette année, le chantier a été fixé le samedi 28 janvier”, explique Ludivine Caron, chargée de mission au CEN.

Une trentaine de bénévoles espérés

Le principe de “Sauvons les garnoulles !” est simple : il consiste en l’installation d’un barrage temporaire. Avec l’aide de l’association d’habitants La Lignoise, de l’association environnementale les Blongios, du groupe des naturalistes du Ternois et d’une trentaine de bénévoles, une tranchée est creusée à l’orée du bois où les amphibiens passent l’hiver. “Par chance, l’agriculteur dont le champ jouxte le bois nous permet d’installer ce dispositif sur ses terres”, explique la chargée de mission du CEN. Dans cette tranchée, une bâche ainsi que plusieurs seaux sont ensuite installés.

Une opération pour laquelle toutes les bonnes volontés sont les bienvenues : “Nous acceptons tout le monde et tous les âges. C’est une journée intergénérationnelle placée sous le signe de la convivialité. Le midi, un pique-nique est offert par la commune dans une salle qu’elle met à disposition. Nous fournissons les gants et les pelles, il suffit de venir avec ses bottes et son imperméable”, assure Ludivine Caron.

En plus d’avoir partagé un moment chaleureux, les bénévoles auront également la satisfaction d’avoir participé au sauvetage de nombreuses vies d’amphibiens de Ligny-sur-Canche ! Car grâce à ce dispositif, ces derniers seront donc empêchés de traverser cette route départementale qui pourrait probablement leur être fatale et finiront leur course dans les seaux. “Chaque matin, durant quatre à huit semaines, des bénévoles de l’association La Lignoise viendront relever les seaux, traverseront la route et déposeront les amphibiens de l’autre côté afin qu’ils puissent rejoindre l’étang en toute sécurité”, explique Ludivine Caron.

Une action qui n’est possible qu’avec l’obtention préalable d’un arrêté préfectoral, permettant, à titre exceptionnel, le transport de ces espèces. “Car on ne le sait peut-être pas assez, mais tous les amphibiens sont des espèces protégées. lls sont, en effet, menacés du fait de la disparition de leur habitat naturel. Il est donc interdit de les prélever dans une mare ou encore de les transporter”, rappelle Ludivine Caron.

Plus de 7 000 amphibiens sauvés depuis 2008

Chaque année, le CEN estime qu’environ 500 amphibiens sont ainsi sauvés, soit plus de 7 000 depuis la création de l’opération. Cette dernière permet également au Conservatoire de faire de précieux relevés sur la population de ces espèces. “Ainsi nous savons que dans ce secteur se trouvent sept espèces protégées : des crapauds communs, des grenouilles rousses et vertes ainsi que des tritons alpestres, palmé et ponctués et, enfin, des salamandres tachetées, énumère Ludivine Caron. Cela démontre aussi que ce secteur est bien préservé car on y retrouve toutes les espèces d’amphibiens. Ils sont de précieux indicateurs de la bonne santé des zones humides puisque leur cycle de vie dépend du milieu terrestre et aquatique. Une zone humide sans amphibien voudrait dire qu’elle est probablement polluée, ce qui par répercussion pourrait avoir des conséquences sur l’Homme. Ces milieux jouent un rôle important, ils permettent de réguler l’eau, de l’absorber en cas d’inondation mais sont également une réserve en période de sécheresse.” Et de conclure : “Sauvons les garnoulles ! est aussi une opération qui nous permet de sensibiliser le grand public sur l’importance de ces zones humides.”

Y a-t-il un barrage pour le retour des amphibiens vers la forêt ?

Si, avec l’arrivée du printemps et la saison des amours, les amphibiens de Ligny-sur-Canche traversent la RD 941 pour rejoindre l’étang de Waligny, qu’en est-il de leur retour vers les bois pour l’hiver ? “Pour le chemin en sens inverse, il n’est pas nécessaire d’installer à nouveau un barrage“, répond Ludivine Caron, chargée de mission au CEN des Hauts-de-France. Si la migration des amphibiens vers l’étang est particulièrement massive à l’arrivée des beaux jours, le retour vers les bois se fait de manière plus diffuse. Les passages des grenouilles, crapauds, titrons et salamandres sont beaucoup plus espacés dans le temps ce qui évite une hécatombe sur la route. 

Hélène Graffeuille

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