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Se confiner au vert, ils préfèrent

03-04-2020

Actualité

Hors-champ

Une étude récente des lieux de consommation prouve que les citadins se sont massivement déplacés vers la côte et la campagne. Un phénomène qui pose la question du choix de son lieu de vie. Témoignages.

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Confinement des villes ou confinement des champs ? © Freepik

En termes de consommation, la première semaine du confinement, du 16 au 22 mars 2020, a été particulièrement révélatrice : les achats des produits de première nécessité des Français dévoilent en effet une tendance manifeste.

Selon le panéliste Nielsen, ces comportements ont démontré les changements de lieux d’habitation des Français. Les zones balnéaires comme les îles de Ré et d’Oléron, le bassin d’Arcachon, les côtes normandes et bretonnes, ont bénéficié d’un afflux de résidants lors de la mise en place du confinement, comme le montrent les chiffres des magasins d’alimentation générale.

Le chiffre d’affaires global des produits de grande consommation a notamment fait un bond, dans les Hauts-de-France, sur la côte d’Opale (+ 58 % au Touquet). Résidences secondaires, maisons familiales… Certains ont fait le choix du confinement aux champs.

L’espace, besoin vital

« Il y a bientôt trois semaines, quand Emmanuel Macron a annoncé le confinement, j’avais déjà récupéré mes affaires au bureau pour faire du télétravail. Le soir, j’ai fait mes valises et le mardi matin, j’étais en route pour aller chez mes parents dans le Douaisis », témoigne Camille, 24 ans, commerciale à Bondues. « Si j’étais restée dans mon petit appartement, je n’ose même pas imaginer mon état. Je n’ai fait qu’une seule journée de télétravail là-bas, ça m’a suffi… » 

La peur de l’enfermement, sans extérieur, c’est aussi ce qui a poussé Matthieu, 32 ans, à quitter Lille pour une maison de campagne dans le Morbihan. « Je vis et je travaille chez moi, dans un petit appartement du centre de Lille. Peu de temps avant les annonces du confinement, des infos circulaient déjà sur le fait que ça durerait 45 jours… Il faut avouer que j’étais assez réticent à l’idée de partager le quotidien avec les 40 voisins de notre courée : je pense au digicode, au portillon… Forcément, quand le collectif entre en jeu, les mesures d’hygiène nous échappent ! »

Mais l’élément déterminant, selon ce travailleur indépendant, c’est le besoin d’espace : « Je ne supporte pas d’être enfermé dans un espace clos. J’ai la chance d’avoir un pied-à-terre spacieux et isolé, ça se prête bien au confinement. »

Bosser, souffler

Si elles ont habituellement une saveur de vacances, ces résidences sont aujourd’hui les nouveaux bureaux de ces citadins exilés. « Je bosse toute la journée, non-stop », explique Camille. Et pour cause, sa société est spécialisée dans la vente de produits d’hygiène (gel hydroalcoolique notamment).

Mais le cocon familial où elle s’est réinstallée lui offre des pauses salvatrices : « Vers 17 h 30, 18 h, je m’oblige à fermer mon ordi, quitte à reprendre bien plus tard et je vais traire les vaches de mes parents ou faire une petite balade sur les chemins. Ça fait une vraie coupure. »

Jouer le jeu du confinement total

« La question de partir s’est vraiment posée pour moi, car je voulais être sûr d’avoir une bonne connexion et c’est le cas, avoue Matthieu qui partage son temps entre appels aux clients et bricolage. En tout cas, ça confirme qu’on peut télétravailler en étant parfaitement autonome ! »

Abandonner son appartement pour raison de confinement pose de profondes questions sur son lieu de vie. « Je m’étais installée en ville pour des raisons pratiques, le boulot, le copain… Mais, mon appart je n’y suis que pour dormir !« , admet Camille qui a d’ailleurs programmé un déménagement pour retourner vivre à la campagne.

« C’est lié à des temporalités, analyse Matthieu, la ville me plaisait mais maintenant que j’ai revu mes façons de consommer, elle m’attire moins… Et je m’aperçois que le week-end, toutes les raisons sont bonnes pour m’évader. »

Si l’exode des citadins est apparu massif et a pu être critiqué pour des raisons sanitaires notamment ni l’un, ni l’autre n’estiment regretter leur choix. « Cette critique est juste, il fallait éviter tout déplacement. Mais tout dépend de la façon dont chacun prend ses responsabilités. J’ai pris toutes les précautions nécessaires, je n’ai pas fait de pauses durant le voyage et ici, je joue le jeu du confinement total, justifie Matthieu. Je ne suis sorti qu’une fois pour faire les courses, avec un masque et des gants. Mais sur la route, j’ai croisé des voitures avec des canoës ou vélos sur le toit… ça avait comme un goût prononcé de départ en vacances !« 

À ces critiques, Camille, elle, fille de la campagne, élue aux JA, n’a strictement rien à répondre mais craint plutôt le revers de bâton des citadins, des vrais. « C’est bien beau de venir s’installer à la campagne, mais qu’on ne vienne pas nous dire que ça sent mauvais en cette période d’épandage…« , souffle-t-elle. Faudrait pas non plus pousser mémé dans le fumier.

Agathe Villemagne

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