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Gilles de Baere : “Je réfléchis différemment mes projets”

16-05-2023

Actualité

Les rencontres

Après 28 jours d’aventure dans la célèbre émission de survie Koh Lanta, Gilles de Baere, agriculteur à Nomain et Willems, a été éliminé. Mais le trentenaire garde de bons souvenirs de cette expérience hors normes.

Pour Gilles de Baere, cette aventure a avant tout été une aventure humaine. ©A.ISSOCK/ALP/TF1

Quatre victoires individuelles, des copains et des souvenirs. Voilà comment on pourrait résumer l’aventure de Gilles de Baere dans le célèbre jeu de survie Koh Lanta, diffusé sur TF1. Mais au-delà des épreuves et des rencontres, Koh Lanta est souvent l’occasion pour les candidats de remodeler leur perception du monde. Gilles n’y fait pas exception.

Comment se sont passés le retour à la vie “réelle” et la  gestion de la notoriété ?

On se pose beaucoup de questions quelques jours avant de revenir chez soi : comment nos proches vont nous trouver ? Est-ce que je leur ai manqué ? Est-ce qu’ils vont me reconnaître ? Je me posais surtout ces questions pour mes deux petites filles car elles étaient jeunes et j’avais conscience que physiquement j’avais changé.

Mais en arrivant à la gare, ma plus jeune, qui avait deux ans, m’a reconnu tout de suite ! J’ai constaté qu’elle faisait des phrases aussi et que j’avais manqué une sacrée étape. Je suis allé chercher ma grande à l’école et là aussi elle m’a reconnu tout de suite. Et clairement elle a été marquée par mon absence car encore aujourd’hui elle me dit régulièrement “tu ne vas pas repartir papa !”

Certains disent que c’est une force d’avoir des enfants quand on est à Koh Lanta. Pour moi c’est une faiblesse car tu y penses tout le temps…

En ce qui concerne la notoriété, pas plus tard que samedi dernier une personne m’a reconnu dans un supermarché. Ça me gêne mais ça me fait rire aussi. Cela dit, j’espère que c’est éphémère !

Est-ce qu’on se rend compte qu’on change physiquement ?

J’ai fondu très vite. En une semaine j’avais beaucoup maigri et mes coéquipiers me le faisaient remarquer. Et puis de moi-même, quand je me regardais, je ne me reconnaissais pas. J’ai perdu 9 kg tout de même. Mais en arrivant à l’hôtel après mon élimination et que j’ai vu mon visage, je suis resté bloqué bien deux ou trois minutes. Je me suis dit “mais qu’est-ce qui t’es arrivé ?” Et puis dans un deuxième temps je me suis senti chanceux parce que des gens se voient comme ça dans des situations difficiles comme la maladie. Moi je savais que je rentrerais chez moi.

Comment avez-vous géré le manque de nourriture ?

Comme tous les aventuriers c’est compliqué. Mais on nous l’avait expliqué et c’est ce qu’il s’est passé : il faut une semaine pour que la transition entre l’estomac qui a faim et la tête qui a faim se fasse. Pour résumer, les premiers jours sont très durs car notre corps nous dit qu’il a faim. Mais après la tête prend le relais et ça va mieux. Mais c’est dangereux aussi… Avant de partir, quand on me parlait des problèmes d’alimentation liés à des maladies mentales je ne comprenais pas trop, maintenant je comprends très bien.

Qu’est-ce que l’aventure Koh Lanta vous a apporté personnellement et peut-être aussi professionnellement ?

D’un point de vue personnel, j’ai appris des choses sur moi. Je me dis que si un jour je suis victime d’un naufrage, je peux m’en sortir ! Je me suis surpris moi-même et j’ai gagné en confiance au fil de l’aventure. Je pense que j’aurais pu aller plus loin s’il n’y avait pas tout cet aspect stratégie car je crois que je suis un peu trop gentil et je ne suis pas bon là dessus ! D’ailleurs, quand j’ai vu dans les épisodes qui ont suivi mon élimination toutes les stratégies qui se sont mises en place, je ne regrette pas d’avoir été éliminé à ce moment-là de l’aventure car je n’aurais pas du tout été à l’aise !

Professionnellement, je réfléchis différemment mes projets. J’ai pu aller voir une rizière, tenue par une femme qui s’occupe seule de ses enfants. J’ai discuté avec elle, de mon exploitation, etc. Et je me suis rendu compte que comparé à elle, j’ai tout ! Pourtant, elle sourit, elle est heureuse parce que son seul but dans la vie c’est nourrir ses enfants. Je me suis dit “mais toi Gilles, tu peux passer une journée sans sourire !” J’adore mon travail, mais maintenant, avant de me lancer dans quelque chose je me demande pourquoi je le fais : pour moi ? Pour mes créanciers ? Pour mes enfants ? Je ne pense pas avoir changé mais mes projets ont changé.

Lire aussi : Koh Lanta. L’agriculteur nordiste Gilles éliminé

Est-ce que vous avez créé des liens d’amitié avec des candidats ?

Koh Lanta c’était pour moi une aventure humaine avant tout. Il y a des candidats que j’ai toutes les semaines au téléphone ! Je pense notamment à Nicolas et Grace ou encore Quentin. Pourtant, ce sont des personnes avec qui de prime à bord je n’aurais pas discuté. C’est comme dans la vie en général. On a tous des a priori au début et puis on se rend compte qu’on s’est trompé. Par exemple, Nicolas et moi on est aux antipodes dans tout : géographiquement (il est Corse), professionnellement… Pour Grace, vu nos caractères, dans la vie on ne se serait pas parlé. Et pourtant voilà où on en est aujourd’hui.

Quels sont votre pire souvenir et votre meilleur souvenir ?

Le pire c’est le départ de Grace. Pour moi ça a été une trahison (la candidate a quitté l’aventure volontairement). Je me sentais bien entouré, on avait parlé de finir l’aventure ensemble… À Koh Lanta il faut des alliances mais aussi des affinités et quand elle est partie ça a été dur.

Le meilleur c’est le coup de téléphone à ma femme et mes enfants. Mais surtout ma femme. J’avais plein d’inquiétude par rapport à l’exploitation, mentalement le jeu devenait compliqué pour moi car je devais éliminer des gens qui j’appréciais vraiment… Et d’avoir ma femme au téléphone, apaisée, qui m’a dit que c’était un jeu et rien qu’un jeu et que tout allait bien, ça m’a projeté sur mon canapé avec elle.

Eglantine Puel

Lire aussi : Gilles De Baere, un agriculteur nordiste à Koh-Lanta

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