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Lilas Allard prend la relève à l’Agrotech

07-10-2021

Actualité

Les rencontres

À 24 ans, Lilas Allard prend la tête du pôle Agrotech de Willems. Ancienne de l’ISA, cette roubaisienne d’origine a parcouru le globe et scruté tous les visages de l’agriculture avant de regagner ses pénates nordistes et de coacher les chantres de l’agriculture de demain.

Lilas Allard

Nouvelle tête à l’Agrotech. Après l’américaine Amber Ogborn à la création du pôle en 2018 puis Matthieu Barlet dès mai 2019, c’est maintenant Lilas Allard, 24 ans, qui prend les commandes de l’incubateur de start-up de Willems (59), branche agricole d’Euratechnologies.

Arrivée en juin 2020 pour seconder Matthieu Barlet, elle a navigué pendant une bonne année entre ville et campagne avant de prendre la direction du pôle en septembre dernier. « J’étais à cheval entre l’incubateur Blanchemaille spécialisé en e-commerce et retail à Roubaix, et le site de Willems », raconte derrière ses fines lunettes cette diplômée de l’ISA en 2019, spécialité « smart farming et agriculture durable ».

Accompagnement tous azimuts

« Le pôle Agrotech de Willems accompagne les entrepreneurs à se développer, détaille la jeune directrice. Cela passe par une multitude d’aspects : mise en relation ; structuration d’un programme d’accompagnement ; formations avec des intervenants extérieurs pour apprendre à étudier son marché, sa cible, ou faire son site web… Il faut aussi faire du sourcing pour dénicher de nouveaux projets à accompagner, aller dans les écoles, trouver des partenaires intéressants… » Et une start-up, ce n’est pas juste une idée. « On sélectionne aussi les porteurs de projets sur leur capacité à répondre à une vraie problématique, mais aussi à leur curiosité naturelle, leur aptitude à aller sur le terrain vérifier l’utilité de leurs idées. » 65 projets d’entreprise ont été accompagnés par le pôle de Willems depuis sa création.

Roubaix à Madagascar

Roubaisienne d’origine, ce sont ses études d’ingénieure agricole à l’ISA de Lille qui la font voyager, au rythme de plusieurs stages par an, en France et à l’étranger. Pour son premier stage en 2016, elle part en exploitation agricole, près de Laval. But de l’opération : faire un diagnostic global de l’exploitation sur tous les plans. « Le premier stage, c’est l’ISA qui le choisit, pour nous obliger à sortir de notre région d’origine. C’est là que j’ai vu qu’on pouvait travailler toute l’année pour toucher au final moins de 3 000 euros… »

Elle part ensuite six mois en Espagne, près de la Corogne. Cette cavalière qui regrette de n’avoir plus le temps de monter aujourd’hui choisit un centre équestre. « Le but était de partir à l’étranger, et de revenir avec cinq fiches de paie. L’ISA appelle ce stage « la rupture ». Je ne parlais pas espagnol… », se souvient-elle.

Mais le plus exotique est à venir : trois mois dans la forêt de Madagascar, sans téléphone portable, pour étudier le comportement des lémuriens, dans une équipe de chercheurs locale. « C’était une sacrée expérience de vie : trois mois en tente, coupée du monde, sans avoir de quoi communiquer avec ma famille, reconnaît l’aventurière avec la retenue qui la caractérise. Mais c’était presque plus stressant de retourner à la réalité… ! » 

Smart farming

Durant ses deux dernières années de spécialisation en agriculture durable et en smart farming, elle passe deux semaines en Suède, pays à la pointe sur la question, et termine son cursus avec un stage chez Urbagri, start-up parisienne.

« C’était hyper intéressant. L’agriculture urbaine est une forme d’agriculture complémentaire. Elle ne remplacera jamais l’agriculture et on ne pourra jamais nourrir la population avec, mais elle peut apporter beaucoup en termes de reconnexion des citadins avec monde rural et la nature… Après ça, j’ai eu envie de me lancer dans l’agtech », confie-t-elle. Cependant, elle n’a « pas assez de notions de code ».

Elle suit donc des formations au développement web. C’est à ce moment que Matthieu Barlet, alors directeur du pôle Agrotech de Willems, la contacte via Linkedin, suite à une publication qu’elle rédige sur ce réseau social spécifiant qu’elle cherche un poste dans le secteur. « J’ai appris qu’il habitait à un pâté de maisons de chez mes parents à Roubaix ! »

Parachute

À l’heure où la jeune directrice s’apprête à encadrer sa première promo de start-up sans l’aide de son ex-mentor, elle se rappelle sa plus grande surprise lors de ses débuts, il y a un an. « Ce qui m’a le plus marquée au début, c’est la typologie des porteurs de projets : il n’y en a pas ! Ingénieurs, étudiants… il n’y a pas de profil qui garantira que la boîte fonctionne. Il faut une bonne dose de volonté et de courage pour lancer une start-up. C’est un saut dans l’inconnu. Comme sauter en parachute, sans savoir vraiment à quel moment il va s’ouvrir. »

Lucie De Gusseme

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